Les leaders étudiants prêts à retourner négocier

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, et Martine... (Photo La Presse, David Boily)

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Pour Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, et Martine Desjardins, de la FEUQ, un moratoire sur la hausse des droits de scolarité faciliterait la résolution de la grève étudiante actuelle.

Photo La Presse, David Boily

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Malgré le rejet massif de l'entente de principe intervenue entre le gouvernement et les quatre associations étudiantes du Québec cette semaine par leurs membres, les leaders étudiants sont prêts à retourner à la table de négociations et estiment qu'il y a encore de l'espoir en vue d'une sortie de crise.

«Nous sommes ouverts à retourner autour de la table, mais avec l'attitude du gouvernement au cours de la dernière semaine, ça nécessitera un effort de leur part pour que la discussion continue», a déclaré au Soleil le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois.

«La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, qui a fait une offre qui a été très massivement rejetée. Tous les yeux sont rivés sur lui, tout le monde attend qu'il fasse une nouvelle offre», poursuit-il, ajoutant qu'il était favorable à l'idée d'un moratoire sur la hausse des droits de scolarité tel que proposé par certains leaders syndicaux hier. «Il faudra cependant voir la durée et les conditions d'un tel moratoire.»

M. Nadeau-Dubois fait également remarquer que le rejet de l'entente de principe a semblé mobiliser encore davantage les troupes. «La vague d'injonctions prononcées vendredi ne fonctionnera probablement pas lundi, car les gens refusent de voir les tribunaux briser leur grève et se mobilisent en conséquence. Plusieurs réfléchissent également de plus en plus à l'idée de perdre leur session. C'est un débat qui commence à naître dans nos assemblées.»

Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), déclarait elle aussi être favorable à un retour à la table de négociations moyennant certaines clarifications.

«Nous espérons toujours que la discussion soit possible, mais elle sera basée sur d'autres éléments que la confiance, qui a été très ébranlée au cours de la dernière semaine», a-t-elle déclaré, soulignant toutefois que son association n'avait pas seulement rejeté l'entente de principe, mais qu'elle avait aussi fait des propositions.

«Entre autres, nous estimons qu'un moratoire de deux ans sur la hausse et la révision de certains éléments du comité provisoire qui analyserait la gestion des universités constitueraient des conditions gagnantes», indique-t-elle.

Pour Mme Desjardins, un moratoire de deux ans serait beaucoup plus réaliste que six mois ou un an. «Ça donnerait le temps de consulter convenablement, car, rappelez-vous, lors des états généraux sur l'éducation dans les années 60, les universités ont refusé d'ouvrir leurs livres. Ce serait donc illusoire de penser qu'aujourd'hui, on pourrait régler ce dossier en si peu de temps.»

Paul-Émile Auger, président de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), abondait dans le même sens au terme d'une journée où son association a aussi rejeté majoritairement l'entente de principe. «Nous allons soumettre des pistes de solution et une contre-proposition au gouvernement en demandant un retour à la table de négociations», explique-t-il. La nécessité d'une accessibilité à des études postsecondaires de qualité qui n'exclut aucune possibilité, dont le gel ou la gratuité scolaire, fait part partie de ces pistes, comme un respect de la diversité des domaines d'études sans arrimage systématique aux besoins du marché.

Solutions de rechange

La TaCEQ insiste aussi sur des solutions de rechange à la hausse, notamment une participation des entreprises au financement universitaire et une bonification du fonds de services de santé. «Il faut des réformes fiscales novatrices pour régler le malfinancement des universités», déclare M. Auger.

Finalement, les leaders étudiants ne semblent pas très chauds à l'idée que des élections viennent trancher le conflit qui dure depuis 13 semaines. «Les étudiants ne sont pas en grève pour avoir des élections!» lance Martine Desjardins. «Ce serait un peu irrespectueux, après une grève de 13 semaines, de voir le gouvernement déclencher des élections au beau milieu de la crise et d'y ajouter cinq semaines additionnelles, car on n'aurait aucun porte-parole avec qui négocier durant la campagne», enchaîne Gabriel Nadeau-Dubois.

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