Conflit étudiant: les «verts» manifestent à Québec

Jean-François Morasse, qui a pris part à la... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Jean-François Morasse, qui a pris part à la manifestation, a obtenu une injonction ordonnant le libre accès à ses cours.

Le Soleil, Erick Labbé

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Une vingtaine d'étudiants antigrève ont manifesté, samedi après-midi, à l'Université Laval pour «montrer qu'ils existent». Certains d'entre eux ont annoncé leur intention d'imiter Laurent Proulx et Jean-François Morasse pour obtenir une injonction ordonnant le libre accès à leurs cours.

Morasse se trouvait d'ailleurs parmi ces «verts» réunis. L'étudiant en arts plastiques était tout sourire, étant donné qu'il avait terminé ses cours la veille. Il ne lui restait plus qu'à remettre quelques travaux. Il compte maintenant venir en aide à d'autres camarades désireux de formuler une requête en injonction pour sauver leur trimestre.

Mihai Draghici, finissant au baccalauréat en histoire, devrait être le prochain à se rendre au palais de justice de Québec, en début de semaine. Il dit avoir entamé des procédures et n'attend que le résultat de la prochaine assemblée générale de son association étudiante, prévue mardi, «pour ne pas passer pour celui qui se fout de la démocratie étudiante».

Confronté à la grève depuis le 29 février, Mihai Draghici craint l'annulation de son trimestre, d'autant plus qu'elle pourrait retarder son admission à la maîtrise en études internationales.

«Chaque semaine, c'est le même discours, c'est la même semaine décisive. Samedi dernier, j'avais espoir que ça finisse», soupire-t-il. Pour lui, le rejet de l'offre gouvernementale «démontre une certaine mauvaise foi» de la part des fédérations étudiantes.

Celui qui n'est «pas en accord total avec la hausse» préfère ne pas trop s'attarder à l'intimidation dont il dit avoir été victime. «J'ai eu plein d'épithètes, d'insultes, parce que je suis opposé à la grève. J'ai eu "extrême droite", j'ai eu "nazi", j'ai eu "fasciste"», avance-t-il.

Patrick De Varennes avait organisé le regroupement de samedi en voyant que les «carrés verts» commençaient à s'activer à Montréal. «À Québec, on n'en entend pas tant parler, à part Laurent Proulx.»

Après 12 semaines de grève, l'étudiant en enseignement secondaire, profil histoire, éthique et culture religieuse a dû passer son tour pour un emploi d'été qu'il avait déniché dans le Nord et qui lui aurait permis, selon ses calculs, de payer les droits de scolarité de plusieurs sessions.

Inquiétude générale

Tous les étudiants aux carrés verts consultés s'entendaient sur le stress occasionné par le mouvement de grève. «C'est psychologique. Je me lève la nuit, il faut que je fasse de quoi. Mais quoi faire?» lance Patrick De Varennes.

Étienne Dauphin, un étudiant en pharmacie de 31 ans, était quant à lui venu apporter son soutien aux «carrés verts» qui n'avaient pas eu sa «chance», alors que son programme s'est prononcé très tôt contre la grève. «J'ai été pour la hausse dès le début. Je m'inquiète pour la qualité de nos établissements d'enseignement pour le futur, parce que pour garder les frais de scolarité au niveau qu'ils sont, il faut couper à quelque part. Il y a beaucoup de gens qui ont parlé de couper dans la recherche, je pense que c'est très dangereux de commencer par là», expose-t-il.

La manifestation des «verts» s'est déroulée dans le calme, alors qu'un seul «rouge» s'est joint à eux. David Dulac s'était déplacé pour offrir des «câlins gratuits» aux étudiants antigrève, une invitation qui n'aura pas connu beaucoup de succès...

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