Mobilisation étudiante: négos au coeur du chaos

Après près de cinq heures de débat, Martine... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Après près de cinq heures de débat, Martine Desjardins, Léo Bureau-Blouin, Paul-Émile Auger et Gabriel Nadeau-Dubois ont quitté temporairement la table pour lancer un appel au calme.

Le Soleil, Yan Doublet

 

Samuel Auger et Marc Allard
Le Soleil

(Québec) L'espoir d'un dénouement au conflit étudiant est réapparu hier soir à Québec dans un climat de haute tension. Pendant que les manifestations faisaient rage à Victoriaville, le gouvernement Charest discutait avec les étudiants, les syndicats de professeurs et les organisations représentant les cégeps et les universités lors d'une rencontre pour trouver une sortie de crise.

Rien n'avait filtré tard hier soir de la teneur de ces discussions réunissant la ministre de l'Éducation Line Beauchamp et tous les acteurs principaux de la crise étudiante.

Après près de cinq heures de débat, les quatre leaders étudiants ont toutefois quitté temporairement la table pour lancer un appel au calme. Une condamnation unanime de la violence survenue à Victoriaville, au moment même où des images montraient un policier tabassé et des manifestants malmenés.

Même la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a condamné les dérapages survenus dans le Centre-du-Québec, soit un premier appel au calme lancé avec autant de force en près de trois mois de conflit. «La CLASSE désire revenir sur certaines actions qui ont eu lieu à Victoriaville aujourd'hui. Des actions qui ont été inacceptables. On parle de gens qui ont été blessés, des violences volontaires envers des personnes. Pour nous, ce sont des actions que nous condamnons vertement», a lancé le porte-parole de l'aile la plus mobilisée du mouvement étudiant, Gabriel Nadeau-Dubois. «Ça s'inscrit dans une escalade de la tension, une escalade de la confrontation qui est inacceptable, et qui n'aide en rien à résoudre le conflit actuel. De son côté, la CLASSE va retourner immédiatement autour de la table des discussions. Nous croyons toujours au dialogue.»

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a aussi cherché à faire baisser la tension d'un cran. «Je comprends que la tension est palpable et je crois qu'il ne faut pas céder à la violence. Dans un deuxième temps, on invite les corps policiers au calme. Je dois vous avouer qu'on a été choqués par plusieurs images qu'on a vues. Des jeunes, des vieux, sans distinction, qui se font blesser, très grave... Je pense qu'il y a une réflexion à amorcer du côté des corps policiers. Je dois avouer que je suis très inquiet pour la situation.»

Pour la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, il est impératif d'adoucir le climat au Québec si les parties veulent conclure une entente. «On comprend que ce qui est en train de se passer inquiète bien des gens. On le rappelle, les discussions progressent. On demande encore une fois aux étudiants d'aller manifester de façon pacifique. C'est comme ça qu'on a réussi à avoir une table de discussions, et on veut y rester.»

Le droit de manifester est brimé au Québec, a quant à lui dénoncer le président de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger. «On appelle toutes les parties, les policiers et les manifestants au calme. Présentement, on est au tour de la table des négociations, on est à la recherche d'une sortie de crise», a-t-il indiqué.

Près d'une centaine de manifestants se sont par ailleurs déplacés à Québec devant les bureaux du ministère de l'Éducation, où se tenaient les discussions. Scandant des slogans contre la hausse des droits de scolarité, la foule est demeurée pacifique, et les forces de l'ordre ne sont jamais intervenues.

Débat polarisé

La CLASSE, qui avait été exclue des négociations, a été invitée plus tôt dans la journée avec la FEUQ, la FECQ et la TaCEQ.

La rencontre a commencé à 16h. Cette fois, les pourparlers incluaient aussi la Fédération des cégeps, la Conférence des recteurs et des principaux des universités (CREPUQ) et les trois principales centrales syndicales de professeurs (CSN, CSQ et FTQ).

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, estime que la présence de ces nouveaux joueurs à la table de négociations permettra de trouver plus vite une sortie de crise.

«En mettant tous les acteurs à la table, on va moins polariser le débat et peut-être ouvrir sur des éléments qui sont plus consensuels et donc trouver une solution plus rapide à cette crise-là», a dit Mme Desjardins, avant la rencontre.

La reprise des pourparlers entre le gouvernement et les étudiants survient au lendemain d'une discussion à Québec entre le premier ministre, Jean Charest, le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, et le pdg de la CREPUQ, Daniel Zizian.

Étant donné la «situation critique» dans certains cégeps, M. Beauchesne était ravi de participer à la rencontre. «J'y vais avec plaisir parce que j'ai à coeur que nos sessions ne se perdent pas», a-t-il dit au Soleil.

Mercredi dernier, les négociations ont été rompues entre le gouvernement et les étudiants. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a exclu la CLASSE de la table de discussion, conduisant la FEUQ, la FECQ et la TaCEQ à se retirer de la table par solidarité.

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