Plus des deux tiers des Québécois (68 %) interrogés sont en faveur de la position du gouvernement, qui a offert la semaine dernière une «solution globale» aux étudiants, prévoyant une hausse de 1778,70 $ sur sept ans au lieu de 1625 $ en cinq ans.
À l'inverse, moins d'un tiers (32 %) d'entre eux soutiennent les étudiants, qui réclament le gel des droits de scolarité.
Plus le conflit s'étire, plus la population semble se ranger derrière le gouvernement. Fin mars, 61 % des Québécois étaient en faveur du maintien de la hausse et d'un retour obligé des étudiants en classe. Ils sont maintenant 68 %.
«Il y a une grande fatigue, peut-être même un écoeurement qui s'est installé dans la population», analyse Youri Rivest, vice-président de CROP. «L'appui de l'opinion publique aux étudiants s'effrite.»
Privilégier la ligne dure
La ligne dure est privilégiée parmi quatre moyens que Québec pourrait employer pour dénouer l'impasse. Dans une proportion de 40 %, les Québécois interrogés estiment que le gouvernement Charest devrait simplement maintenir la hausse, alors que 29 % d'entre eux auraient préféré la nomination d'un médiateur. Le décret d'un moratoire et la convocation d'états généraux sur l'éducation sont privilégiés par 21 % des répondants, tandis que la renonciation totale à la hausse des droits de scolarité est l'option la moins populaire (10 %).
Les résultats du sondage sont plus favorables à la position du Parti libéral qu'à celle du Parti québécois, qui a réclamé cette semaine des élections pour trancher la question des droits de scolarité.
La chef péquiste, Pauline Marois, a proposé de limiter la hausse des droits de scolarité à l'indexation au coût de la vie et d'organiser un sommet sur l'éducation supérieure. Elle aussi appuyé l'idée d'un recours à la médiation pour mettre fin à la crise.
Après 12 semaines de grève, de manifestations presque quotidiennes et une tentative de négociation avortée à la suite de l'exclusion de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, une forte majorité (62 %) de Québécois considèrent que l'attitude du gouvernement est toujours justifiée.
«Les étudiants ne sont certainement pas en train de gagner la bataille de l'opinion publique en ce moment», observe M. Rivest.
Dans toutes les tranches d'âge, l'appui à la position du gouvernement est majoritaire. C'est chez les 18-34 ans qu'il se situe au plus bas (62 %), mais il est tout de même élevé par rapport à l'appui que les Québécois accordent aux étudiants (38 %). Chez les 35-54 ans, 69 % soutiennent la position gouvernementale, tandis qu'elle culmine à 74 % chez les 55 ans et plus.
Comme à la fin mars, c'est dans la région de Québec que la position du gouvernement sur la hausse des droits de scolarité récolte le plus fort soutien (79 %).
La collecte de données en ligne s'est déroulée du 2 au 3 mai au moyen d'un panel Web. Un total de 800 questionnaires ont été remplis.
Compte tenu du caractère non probabiliste de l'échantillon, le calcul de la marge d'erreur ne s'applique pas. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence et la langue maternelle des répondants.