Sur les traces des libéraux, même à Victoriaville

Gabriel Nadeau-Dubois estime que les libéraux font le... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Gabriel Nadeau-Dubois estime que les libéraux font le pari qu'il y aura moins de manifestants à Victoriaville qu'à Montréal.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a promis hier des manifestations importantes au conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ) les 4, 5 et 6 mai même si le Parti a annoncé dimanche qu'il le déplaçait de Montréal à Victoriaville.

«Il y a très peu d'endroits au Québec où Jean Charest sera à l'abri», a mis en garde le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, en marge du congrès hebdomadaire de la Coalition à l'Université Laval. «Le déplacement du conseil général par peur des protestations, c'est la preuve que le Parti libéral est un parti paniqué.»

M. Nadeau-Dubois estime que les libéraux font le pari qu'il y aura moins de manifestants à Victoriaville qu'à Montréal, où les rues sont prises d'assaut par des milliers d'étudiants chaque soir.

«Nous relevons le défi. On organisera du transport de façon massive pour que tous ceux qui veulent manifester puissent le faire. Je sais que les gens sont prêts à faire plusieurs heures d'autobus pour aller manifester près de Jean Charest.»

Raisons logistiques

Du côté du Parti libéral, on évoque plutôt des raisons logistiques pour justifier le déplacement du conseil général, sans toutefois cacher que les manifestations étudiantes y sont pour beaucoup.

«Le conseil général devait avoir lieu au Centre Mont-Royal, qui est en plein coeur du centre-ville, dans des rues exiguës où il aurait été possible de bloquer l'accès à nos membres. Le but n'est pas d'empêcher les gens de manifester. On sait que les étudiants seront là aussi à Victoriaville. On veut seulement s'assurer que nos membres aient accès au conseil général», a expliqué Michel Rochette, directeur des communications du Parti.

En point de presse à la suite du congrès de Québec solidaire, la porte-parole du parti, Françoise David n'a pu s'empêcher d'ironiser. «Victoriaville n'est pas très loin de Montréal. Si Jean Charest pensait échapper aux manifestants, il se trompe. S'il l'avait vraiment voulu, il aurait pu aller au Nord. Ce n'est pas très sérieux», a-t-elle blagué en réponse aux journalistes.

Rejet unanime

La CLASSE a rejeté dimanche à l'unanimité la «solution globale» du gouvernement Charest, qui prévoit une hausse des droits de scolarité de 1779 $ sur sept ans plutôt que de 1625 $ sur cinq ans et le transfert de 39 millions$ dans les bourses d'études.

Le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois considère que cette proposition est une insulte aux étudiants en grève, qui a contribué à les mobiliser encore davantage.

«M. Charest veut donner l'impression qu'il veut régler la crise, mais je crois qu'il savait que l'offre serait refusée. Et de plus, après 11 semaines de conflit, on apprend ce matin [dimanche] dans La Presse que son caucus serait divisé entre les députés de Montréal, qui souhaiteraient qu'il mette de l'eau dans son vin et trouve une solution au conflit, et ceux de Québec et des régions, opposés à toute concession.»

Avec La Presse Canadienne

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