La FEUQ et la FECQ prêtes à reprendre les négos si la CLASSE en fait partie

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Line Beauchamp n'a pas voulu s'avancer sur l'étalement de la hausse des droits de scolarité sur six ou sept ans - plutôt que cinq - que le gouvernement envisage de proposer aux étudiants, comme le révélait Le Soleil, ce matin.

La Presse Canadienne

Marc Allard

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) La FEUQ et la FECQ sont prêtes à reprendre les pourparlers vendredi après-midi si le gouvernement accepte deux membres de la CLASSE à la table de négociations.

«La délégation de la FEUQ comprendra deux membres de la CLASSE et deux membres de la FEUQ présents à la table de discussion vendredi à 14h, a tranché la présidente de la FEUQ ce matin, avant même d'obtenir une réponse officielle de la ministre. Les enfantillages ont assez duré.»

Même si elle n'était plus représentée officiellement comme organisation à la table, la CLASSE a accepté d'intégrer deux de ses représentants à la délégation de la FEUQ pourvu qu'ils conservent leur indépendance.

«Ces gens-là vont être symboliquement invités par la FEUQ, mais dans les faits, ce qu'ils vont défendre, c'est les mandats de la CLASSE», a indiqué son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois.

Plus tôt ce matin, la ministre Beauchamp avait pourtant refusé la proposition de la FEUQ.

«Toutes ces propositions-là, c'est faire gagner ceux qui utilisent la violence, a-t-elle dit lors d'un bref point de presse. Et c'est pour ça que je vous dis qu'on ne peut pas demander au gouvernement de négocier sur la base de gens qui utilisent la violence presque comme moyen de chantage.»

Line Beauchamp n'a pas voulu s'avancer sur l'étalement de la hausse des droits de scolarité sur six ou sept ans - plutôt que cinq - que le gouvernement envisage de proposer aux étudiants, comme le révélait Le Soleil, ce matin.

«Je ne veux pas commencer à négocier publiquement.»

La ministre de l'Éducation a aussi rejeté la proposition du Parti québécois de suspendre la hausse des droits de scolarité en 2012, le temps que le gouvernement et les étudiants puissent s'entendre.

«Un moratoire, a-t-elle dit, ce n'est pas une option.»

La ministre Beauchamp a indiqué que son cabinet était toujours en contact avec les fédérations étudiantes qui n'ont pas été exclues des négociations.

«On a encore des éléments à proposer aux trois associations, la FEUQ, la FECQ et la TaCEQ autour de la table», a-t-elle dit.

Expulsion mercredi de la CLASSE

Mercredi, les négociations entre le gouvernement et les étudiants ont déraillé avant la fin de la trêve de 48 heures qui devait permettre de dénouer la crise qui secoue le Québec depuis 11 semaines autour de la hausse des droits de scolarité.

La ministre de l'Éducation a annoncé en début d'après-midi qu'elle expulsait la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) de la table de négociations.

Mme Beauchamp a jugé que la CLASSE s'était «exclue d'elle-même» en annonçant sur son site internet une manifestation qui a donné lieu à du vandalisme, mardi soir, au centre-ville de Montréal, et en ayant continué de promouvoir des actions du même type sur le site.

Par solidarité avec la CLASSE, la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), la fédération étudiante collégiale (FECQ) et la Table de concertation étudiante (TaCEQ) ont décidé de suspendre les négociations.

Le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a assuré mercredi que la CLASSE n'a pas organisé la manifestation de mardi soir à Montréal. Quant au site internet, il s'agit d'une plate-forme de diffusion ouverte où diverses manifestations peuvent être annoncées sans que la CLASSE n'en soit à l'origine.

Malgré son statut de leader étudiant, le porte-parole a répété qu'il n'avait pas le mandat de dénoncer ou d'apaiser les manifestants derrière les «gestes de perturbations économiques et sociales» que la ministre Beauchamp accuse la CLASSE de promouvoir.

Après 40 heures de négociations, les porte-parole des quatre associations étudiantes nationales ont indiqué que le gouvernement avait fait plusieurs propositions «périphériques», notamment sur l'aide financière aux études, mais était resté fermé sur la question de la hausse des droits de scolarité.

«Pire que ça, le négociateur du gouvernement n'avait aucun mandat pour négocier la hausse des frais de scolarité», dit Simon Gosselin, le secrétaire général de la TaCEQ, qui participait lui-même aux négociations.

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