Les policiers ont pris cette décision après qu'une série d'actes de vandalisme aient été perpétrés sur des vitrines de commerces, incluant au moins trois institutions financières du centre-ville de la métropole. Plusieurs voitures auraient aussi été abimées par des casseurs et un véhicule aurait même été incendié, a précisé Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM.
Dans l'espoir de disperser les participants, les policiers ont fait usage de plusieurs outils multiplicateurs de force, a confirmé M. Lafrenière, qui a déploré le fait que les organisateurs n'aient pas donné leur itinéraire aux policiers.
M. Lafrenière a précisé que plusieurs des participants avaient accepté de quitter les lieux après l'annonce à l'effet que la manifestation était dorénavant illégale, mais ce qu'il a appelé un noyau dur est demeuré dans le secteur. Deux intersections ont été jugées particulièrement chaudes, selon M. Lafrenière, soit celles des rues Sainte-Catherine et Stanley, et des rues Drummond et Maisonneuve.
Les policiers du SPVM, appuyés de leurs collègues de la Sûreté du Québec, ont procédé à un certain nombre d'arrestations, mais aucun bilan officiel n'était disponible.
Tenue sous un important déploiement de policiers, certains à cheval et d'autres à vélo, la manifestation s'est mise en branle dans un climat pacifique vers 21 h 15, soit quelque 45 minutes après l'heure fixée du rassemblement, organisé par l'Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPD), associée à l'UQAM.
Selon diverses estimations, ils étaient au moins 5000 personnes à déambuler dans les rues du centre-ville de Montréal, certains parlant même de 10 000 marcheurs. Les participants ont notamment emprunté la rue Berri vers le nord, Saint-Denis vers le sud et Sherbrooke en direction ouest, avant d'atteindre la rue Sainte-Catherine. C'est sur cette artère commerciale que le climat est devenu explosif.
La première heure s'était déroulée dans un calme relatif et même dans une ambiance bon-enfant. Les manifestants marchaient calmement et certains scandaient des slogans adressés directement au premier ministre Jean Charest et à la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. Mis à part quelques tirs de pièces pyrotechniques au-dessus de la foule, le rassemblement se passait alors encore bien.
Il s'agissait du troisième rassemblement d'importance à avoir lieu mercredi à Montréal.
Une manifestation regroupant plusieurs centaines d'étudiants sous l'égide de la CLASSE a pris le départ peu après 14 h, empruntant un parcours qui n'avait pas été communiqué aux autorités pour se rendre devant les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest. Les manifestants se sont dispersés dans l'ordre après l'événement qui s'est déroulé dans le calme et la bonne humeur.
À Québec, une autre manifestation a mené des dizaines d'étudiants devant l'Assemblée nationale. Là aussi, tout se déroulait dans le calme.
Plus tôt en avant-midi, des engins fumigènes, l'un au métro Henri-Bourassa et l'autre au métro Lionel-Groulx, ont forcé une interruption du service de métro durant environ une demi-heure.
Puis, lors d'une manifestation au centre-ville, en fin d'avant-midi, un autre engin fumigène a été déclenché, cette fois au Complexe Desjardins, forçant une évacuation partielle de certains locaux.
Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal cherchent à identifier un suspect en lien avec ces engins.
Selon la police, le même individu a été aperçu dans les deux stations de métro pendant les méfaits. Elle recherche un homme d'environ 25 ans, mesurant 1,80 mètre et pesant 70 kilos. Il a le teint basané et les cheveux noirs, qu'il porte en queue de cheval. Il portait, au moment des méfaits, un manteau trois quarts de couleur noire, un pantalon gris et des souliers foncés. Il portait également des verres fumés.