Laurent Proulx est le premier universitaire à s'être adressé, seul, à la Cour supérieure et à avoir obtenu une injonction interlocutoire provisoire ordonnant la levée des piquets de grève devant son cours Anthropologie des conflits et de la violence.
Hier, au palais de justice de Québec, l'étudiant libre a présenté une demande de désistement de l'injonction devant le juge Benoît Moulin, de la Cour supérieure. Les avocats de l'Université Laval, de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval et de l'Association des étudiants et étudiantes en anthropologie de l'Université Laval (AEEA) ont tous consenti à son dépôt.
M. Proulx a justifié l'arrêt des procédures en rapportant que son cours d'anthropologie ne nécessite plus de présence en classe et qu'il se déroulera désormais à distance. «J'ai toujours été de bonne foi dans cette histoire-là», a-t-il d'abord exprimé au Soleil.
«Il n'y a plus de cours à l'horaire en classe, tout va se faire par courriel, ça fait que je ne voyais pas l'intérêt de faire dépenser de l'argent à tout le monde pour faire ouvrir une porte qui n'a plus besoin d'être franchie», résume-t-il.
Même s'il bat en retraite, l'ancien militaire ne fait pas une croix sur le libre accès aux salles de cours. «Je vais continuer à travailler dans l'ombre pour tous les étudiants qui sont en procédure d'injonction, annonce-t-il. J'ai des contacts quotidiens avec les gens à Rimouski, en Outaouais, à Sherbrooke, à Montmorency.»
Laurent Proulx reconnaît toutefois que le fond de l'affaire sera étudié sans lui. «C'est sûr que je n'aurais pas haï ça aller plaider sur le fond. C'est un choix qu'il fallait faire entre aider les autres ou penser juste à ma cause», dit-il.
La semaine dernière, M. Proulx avait exprimé le désir de poursuivre son recours, même si le conflit étudiant risquait d'être terminé au moment où la question de la légalité des piquets de grève devant les classes serait entendue en cour. «Il y a juste les fous qui ne changent pas d'idée», lance l'étudiant, en soulignant qu'il ne s'attendait pas à faire autant d'émules. Et que l'aide qu'il leur apporte lui demande autant de temps. «Je reçois des courriels tous les jours d'étudiants qui veulent faire une demande d'injonction.»
«Ce n'est pas grave si ce n'est pas Laurent Proulx qui va sur la question de fond. Ça peut être Sherbrooke, ça peut être Rimouski», estime-t-il.
Admis en droit
M. Proulx a également révélé, hier, qu'il avait été admis au baccalauréat en droit, à condition qu'il réussisse son cours d'anthropologie. C'est d'ailleurs pour ne pas compromettre sa demande d'admission qu'il avait entrepris des recours juridiques. «Je ne veux pas faire mon individualiste, mais si je veux en aider plus, du monde, il faut que je commence par essayer de graduer avocat», conclut-il.
L'Association des étudiants et étudiantes en anthropologie de l'Université Laval s'est quant à elle réjouie du dénouement de la saga judiciaire avec Laurent Proulx. «Il a pris la bonne décision, selon nous. Déjà qu'une injonction n'avait pas lieu d'être», a commenté le coordonnateur de l'AEEA, Alexis Mercier. Celui-ci s'attend à ce que cette nouvelle permette de «faire baisser le niveau de tension» sur le campus.