Ainsi, les étudiants de sociologie, de création et d'études littéraires, d'histoire, de géographie, de foresterie et de physique ont déjà voté pour la reconduction de la grève. Ils représentent plus de 1100 étudiants de l'Université Laval sur les quelque 4800 toujours en grève.
La plupart la prolongent jusqu'à un nouveau scrutin prévu la semaine prochaine. Mais d'autres, comme les membres de l'Association de création et d'études littéraires de l'Université Laval (ACELUL), ont choisi de reconduire leur mandat jusqu'à ce que le gouvernement négocie avec les étudiants sur le gel des droits de scolarité. Le Regroupement des étudiants et étudiantes en sociologie de l'Université Laval (RESUL) est allé encore plus loin, choisissant de maintenir les piquets de grève jusqu'à ce qu'une offre de Québec se dégage d'une table de négociation.
«Ça montre que l'offre bidon proposée par la ministre n'est pas cautionnée par les étudiants», lance le président de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Martin Bonneau, qui se dit heureux de voir que la mobilisation dans l'établissement se poursuit.
Le vice-président externe de l'ACELUL, Guillaume Fortin, croit qu'il est important que subsiste, à Québec, un «noyau dur» de personnes extrêmement mobilisées contre la hausse des droits de scolarité. «C'est la ville parfaite pour déranger l'État», soutient-il. Même s'il trouve décevant que les étudiants de la capitale nationale ne soient pas aussi militants que ceux de Montréal, il croit néanmoins que les quelques coups d'éclat à Québec démontrent qu'il y a toujours des irréductibles.
«C'est primordial de tenir le fort et de montrer qu'à l'Université Laval on est toujours en grève», croit Camille Fortin-Lajoie, de l'Association des étudiants et étudiantes en histoire (AEEH). L'étudiante de première année se dit par ailleurs «très fière» d'être parmi ceux qui refusent toujours de réintégrer les salles de cours.
Irréductibles physiciens
L'Association des étudiants de physique de l'Université Laval (ADEPUL) partage cette fierté, alors qu'elle amorce sa sixième semaine de grève. L'un de ses membres, Marianne Girard, trouve dommage que d'autres associations relevant des sciences pures n'aient pas suivi le mouvement. Elle croit que les étudiants en physique sont peut-être plus conscientisés parce que ce sont les seuls qui ne sont pas assurés d'avoir un emploi à la fin de leur baccalauréat. Ils partageraient ainsi les mêmes craintes à l'égard de l'accessibilité aux études que les étudiants en sciences humaines.
La responsable des relations externes de l'ADEPUL, Sophie Dufour-Beauséjour, partage son opinion. Mais elle dit néanmoins avoir beaucoup d'appuis d'autres étudiants en mathématique, en chimie ou en biologie. «Ils nous disent merci de continuer le combat», relate-t-elle. «Mais c'est dommage parce que ça met beaucoup de poids sur les étudiants en grève», soutient-elle.
La semaine dernière, l'Association des étudiants en génie des eaux de l'Université Laval (AGEX) a voté pour un retour en classe. Elle était la seule autre relevant des sciences pures à être en grève. «Je trouve ça plate que les génies ne semblent pas se préoccuper [de la hausse]. C'est un baccalauréat qui aurait un grand impact dans la grève», déplore le vice-président des communications de l'AGEX, Alain Marcoux.
Par ailleurs, un deuxième étudiant de l'Université Laval, Jean-François Morasse, se présentera au palais de justice de Québec pour réclamer une injonction alors qu'il dit être privé de l'accès à ses cours en arts visuels. Laurent Proulx, qui a obtenu une injonction temporaire, sera quant à lui de retour devant les tribunaux aujourd'hui pour que celle-ci devienne permanente.