Les étudiants rejettent l'offre de Beauchamp

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«C'est une fin de non recevoir», a lancé Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), ajoutant que le mouvement de grève allait se poursuivre.

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Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) L'annonce de la bonification du programme de prêts et bourses et d'un nouveau mécanisme de remboursement proportionnel au revenu n'émeut pas les étudiants qui dénoncent «l'entreprise de relations publiques» du gouvernement Charest.

Les associations étudiantes poursuivent leur grève entamée il y a sept semaines, mais soumettront tout de même les propositions à leurs membres au cours du congé pascal. Elles espèrent par ailleurs obtenir une rencontre avec la ministre de l'Éducation au retour des vacances.

«On est en train de faire de la petite politique sur un dossier crucial pour l'avenir du Québec. Franchement, c'est insultant pour les étudiants», a déploré la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, abonde dans le même sens. «C'est une entreprise de relations publiques! [...] Ce n'est pas en annonçant un endettement supplémentaire que l'on va encourager les gens à aller à l'université!» a-t-il soutenu, ajoutant que les mesures annoncées ne répondaient pas aux demandes des 190 000 étudiants qui sont en grève.

Selon Martine Desjardins, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, et son collègue des Finances, Raymond Bachand, ont annoncé jeudi matin qu'ils reniaient les ententes prises en 2005 avec les associations étudiantes selon lesquelles les plafonds de prêts seraient maintenus. Le programme de remboursement proportionnel au revenu, qui existe ailleurs dans le monde, risque de faire bondir l'endettement étudiant, soutient M. Nadeau-Dubois. «Le meilleur exemple, c'est en Australie où il y a eu une augmentation de l'endettement de près de 120 %», a-t-il illustré.

«Je pense qu'elle [la ministre Beauchamp] a essayé de s'en sortir en proposant ça», a soutenu Marjolaine Boutin, une étudiante au deuxième cycle en ethnologie à l'Université Laval qui manifestait jeudi après-midi devant la bibliothèque Gabrielle-Roy.

Également du nombre, Cassandre Lambert-Pellerin poursuivait son tricot : une immense courtepointe carrée de couleur rouge. «On espère qu'elle va cesser de grandir», s'est exclamée l'étudiante, ajoutant qu'elle ne mettrait cependant pas de côté ses aiguilles tant et aussi longtemps que le gouvernement n'accepterait pas de négocier sur la hausse des droits de scolarité.

«Ce n'est pas fini»

«C'est une fin de non-recevoir. Ce n'est pas fini», promet également Martine Desjardins de la FEUQ. Mais comme chaque semaine, les associations consulteront leurs membres au cours du congé pascal pour la reconduction des moyens de pression afin que Québec revienne sur sa décision de hausser les droits de scolarité.

«On est bon joueur», a souligné le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. M. Nadeau-Dubois croit que l'annonce du gouvernement risque de donner de l'eau au moulin des grévistes pour que ceux-ci poursuivent leurs actions. «Ça risque de stimuler les gens qui sont en grève puisque ça démontre que nos moyens de pression donnent des résultats», a-t-il affirmé.

Les trois représentants étudiants assurent par ailleurs qu'ils demeurent ouverts à discuter avec la ministre de l'Éducation, pourvu que celle-ci n'impose pas de conditions. «Ce qu'on veut, c'est de discuter de frais de scolarité, d'aide financière aux études, de gestion universitaire et de financement des universités. On veut l'ensemble du portrait, et ce matin, tout ce qu'on a discuté, c'est d'endettement étudiant», a regretté Mme Desjardins, ajoutant que la FEUQ tentait d'obtenir une rencontre avec Mme Beauchamp.

«On est ouvert, on demande un dialogue avec le gouvernement. Par contre, faut que ce soit une discussion sans condition», a réitéré M. Nadeau-Dubois. M. Bureau-Blouin espère quant à lui que le gouvernement convoquera les étudiants mardi, soit au retour du congé.

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