La levée des piquets de grève respectée à l'Université Laval

Marc Allard

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Laurent Proulx a pu entrer sans problème dans le local de son cours d'anthropologie, mardi après-midi, après avoir été accueilli par plus d'une centaine d'étudiants arborant le carré rouge.

Peu avant le début du cours intitulé Anthropologie des conflits et de la violence, M. Proulx s'est fait un chemin à travers la foule d'étudiants coincés dans un étroit corridor du pavillon De Koninck.

De nombreux étudiants brandissaient des pancartes contre la hausse des droits de scolarité et certains entonnaient des hymnes de grève. Mais, conformément à l'injonction provisoire prononcée en matinée par un juge de la Cour supérieure, personne ne bloquait l'accès au local.

«Juste le fait d'avoir eu un libre accès, d'avoir eu un enseignement, c'est une victoire pour moi», a commenté M. Proulx après son cours.

L'Université Laval avait annoncé qu'elle ferait respecter l'injonction. Le titulaire, Martin Hébert, a donc donné son cours de près de trois heures devant une cinquantaine d'étudiants, dont quelques-uns qui n'y étaient pas inscrits.

Il s'agissait d'un cours particulier, indique Pascale Boudreau, coordonnatrice de l'association des étudiants en anthropologie. «Le professeur l'a donné un peu en appui à la grève étudiante, parce que le cours ciblait directement la résolution de conflits dans le cadre universitaire», dit Mme Boudreau, qui a elle-même assisté au cours.

M. Hébert avait invité plusieurs conférenciers qui ont notamment parlé de Socrate et de la création de l'université, de l'importance de l'indépendance de celle-ci et des risques de la privatisation, relate Pascale Boudreau.

Les étudiants ont aussi eu l'occasion de débattre de l'injonction dans le cours. Des étudiants ont notamment dénoncé la judiciarisation du conflit et l'individualisme derrière la requête de Laurent Proulx.

Dans le couloir, Jean-François Bergeron, un doctorant en philosophie, estimait que M. Proulx est un «briseur de grève», puisqu'il a demandé une injonction alors qu'une «grève a été démocratiquement votée» par la majorité des étudiants en anthropologie.

Appuyé par une minorité d'étudiants dans le cours et, dit-il, par aucun des conférenciers, Laurent Proulx a toutefois eu l'occasion de se défendre en faisant valoir notamment que son droit d'accéder à son cours pouvait coexister avec le droit de piqueter.

M. Proulx aurait souhaité que les conférenciers invités par le professeur soient plus partagés sur la grève étudiante et le piquetage. «Ç'aurait été intéressait d'amener des enseignants qui ont une autre vision des choses, plus objectifs, et pas complètement biaisés», dit-il.

M. Proulx affirme qu'il a tout de même appris, mardi. Mais il espère que son cours reviendra à la normale la semaine prochaine.

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