Un juge ordonne la levée des piquets de grève pour un cours d'anthropologie

Laurent Proulx au palais de justice, mardi... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Laurent Proulx au palais de justice, mardi

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Marc Allard

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Un juge de la Cour supérieure a interdit mardi matin aux étudiants en grève de l'Université Laval de bloquer un cours d'anthropologie, donnant en grande partie raison à Laurent Proulx, un étudiant qui réclamait la fin du piquetage pour retourner en classe.

Le juge Bernard Godbout a accordé une injonction provisoire qui ordonne à trois regroupements étudiants et à l'Université «de laisser le libre accès» aux salles où est dispensé ce cours d'anthropologie des conflits et de la violence.

Cette mesure d'urgence est valable jusqu'au 12 avril, en attendant que le juge se prononce sur le fond du dossier, à savoir si les étudiants ont le droit de faire la grève et de piqueter devant leurs cours.

Mardi, le magistrat a tranché qu'il était urgent que Laurent Proulx puisse avoir accès à son cours d'anthropologie pour ne pas compromettre son admission en droit en septembre et pour qu'il puisse commencer à travailler en mai, notamment pour payer ses droits de scolarité.

Il a également jugé que M. Proulx pouvait avoir accès à son cours sans empêcher les étudiants de s'exprimer en piquetant. «L'exercice de ses droits n'est pas nécessairement contradictoire», a-t-il dit dans son jugement.

M. Proulx, qui avait plaidé seul, lundi, contre les avocats de l'Université Laval, de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), de l'association des étudiants en sciences sociales et de l'association des étudiants en anthropologie, a crié victoire, mardi.

«Ça a été un long plaidoyer, ça n'a pas été facile, mais je suis très content du résultat!» a-t-il déclaré à la sortie de la salle de cours. «Le juge a reconnu mes droits.»

Demande refusée

Laurent Proulx n'a cependant pas obtenu tout ce qu'il demandait. Estimant que son cas ressemblait à celui de centaines d'étudiants qui sont contre la grève, mais ne peuvent pas assister à leurs cours, l'ancien militaire de 24 ans souhaitait que tous les piquets de grève de l'Université Laval soient levés.

Le juge a refusé cette demande, limitant l'injonction au cours d'anthropologie. Laurent Proulx «ne peut que parler et plaider en son nom», écrit Bernard Godbout dans son jugement.

Pour cette raison, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui a aidé l'association des étudiants en sciences sociales (AESS) à se défendre par l'entremise de la clinique Juripop, a accueilli favorablement, mardi, la décision du juge Godbout.

«Avec ce jugement, on vient confirmer que les étudiants ont le droit de ne pas se présenter à leurs cours et que le piquetage relève de la liberté d'expression», a souligné Léo Bureau-Blouin, le président de la FECQ, qui s'inquiète néanmoins de la «judiciarisation» d'un conflit politique.

L'avocat de l'AESS, Félix-Antoine Michaud, qui a soutenu lundi que les piquets de grève sont symboliques et ne bloquent pas l'accès aux cours, a estimé que l'injonction n'aura pas d'effet à l'Université Laval, puisque le juge reconnaît le droit de piqueter et demande seulement de donner libre accès aux cours. «Pour nous, a-t-il dit, ça ne change pas grand-chose.»

En grève depuis sept semaines, l'association des étudiants en anthropologie promet de maintenir le piquetage devant les autres cours du département.

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