Plusieurs écoles implanteront l'anglais intensif dès la rentrée

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L'arrivée de l'anglais intensif, auquel les élèves de sixième année doivent consacrer la moitié de leur année, suscite de nombreuses inquiétudes parmi les professeurs.

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Marc Allard
Marc Allard
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(Québec) Les commissions scolaires de Québec et de la Rive-Sud ont encore quatre ans pour implanter l'anglais intensif dans les classes de sixième année, mais elles n'ont pas l'intention de tarder. Dès l'automne, deux d'entre elles veulent que près de la moitié de leurs groupes instaure le programme, malgré la réticence des enseignants.

À Québec, la commission scolaire des Découvreurs (CSD) espère que l'anglais intensif sera offert dans 20 de ses 40 groupes de sixième année. La liste officielle des écoles sera dévoilée le 31 janvier au conseil des commissaires, mais celles qui se montrent intéressées ne risquent pas de se faire mettre des bâtons dans les roues.

«Les écoles qui nous déposeraient une telle demande risqueraient fort bien de se faire répondre oui», indique le directeur des services éducatifs de la CSD, Alain Saint-Pierre, qui précise que la commission scolaire souhaite que toutes ses écoles implantent l'anglais intensif d'ici trois ans.

L'école Les Primevères-Jouvence, à Sainte-Foy, a même déjà confirmé cette semaine qu'elle allait implanter le programme d'anglais intensif «pour tous les élèves qui seront en sixième année, à compter de septembre prochain», peut-on lire dans une lettre envoyée aux parents que Le Soleil a obtenue.

Dès l'automne, environ le tiers des 21 écoles primaires de la CSD pourraient avoir instauré le programme. Du nombre, trois l'offrent déjà, et au moins quatre s'ajouteraient. Les écoles primaires de la CSD comptent d'un à quatre groupes de sixième année.

Sur la Rive-Sud, la commission scolaire des Navigateurs (CSDN) veut aussi que près de la moitié de ses groupes de sixième année soient en anglais intensif dès l'automne. Sur ses 65 groupes, elle en vise une trentaine, dont 18 nouveaux.

À la CSDN, les écoles ont jusqu'au 31 janvier pour répondre à l'invitation de la commission scolaire.

Il n'a pas été possible mercredi de savoir quelle proportion de ses groupes de sixième année la commission scolaire de la Capitale (CSC) veut voir en anglais intensif à l'automne. On nous a toutefois indiqué que parmi sa quarantaine d'écoles primaires, la CSC vise 11 écoles, dont 5 qui offrent déjà le programme.

Sans compter les écoles de la commission scolaire des Premières-Seigneuries - auprès de laquelle il n'a pas été possible d'obtenir un bilan, mercredi -, au moins 20 écoles primaires de Québec et de la Rive-Sud pourraient donc s'ajouter dès septembre à celles qui ont déjà l'anglais intensif.

L'arrivée de l'anglais intensif, auquel les élèves de sixième année doivent consacrer la moitié de leur année, suscite de nombreuses inquiétudes parmi les professeurs. Le Soleil rapportait mardi qu'une quarantaine d'enseignants de Québec se joignaient au camp des opposants au programme, craignant notamment que son implantation se fasse au détriment des autres matières.

Transition en douceur

Alain Saint-Pierre estime que la transition vers l'anglais intensif se fera sans trop de heurts.

«On s'aperçoit bien souvent que les enseignants, dans leur perception du programme et ce qu'ils font en classe, vont nécessairement beaucoup plus loin que ce que le programme demande et ce que la progression des apprentissages demande au niveau des enseignants.»

«C'est heureux, parce que les enseignants sont en mesure d'en faire plus que le programme en demande, poursuit-il. Mais, dans un contexte où on a moins de temps disponible, on va vraiment inviter les enseignants à se ramener le plus près de possible du programme.»

Dénoncé jusqu'à Montréal

Après les enseignants de Québec, c'est au tour de ceux de Montréal de dénoncer publiquement le programme d'anglais intensif en sixième année. Mardi, les trois syndicats qui représentent les enseignants dans la métropole ont lancé une publicité qui s'attaque au caractère universel du programme d'anglais intensif, auquel tous les élèves de sixième année devront consacrer la moitié de leur année d'ici 2015-2016.

La publicité, qui sera publiée à quelques reprises dans Le Devoir au cours des deux prochaines semaines, suggère que les élèves en difficulté auront encore plus de mal à réussir s'ils doivent apprendre les matières en une demi-année, particulièrement en français.

«L'anglais intensif? Avec une moyenne générale en français de 65 % en fin de cinquième année, Joëlle ne peut pas se le permettre», peut-on lire sur la publicité.

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