Des écoles de Lévis simulent une fusillade

La majorité des élèves lévisiens ont appris comment...

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La majorité des élèves lévisiens ont appris comment réagir s'il advenait qu'un individu armé pénètre dans l'enceinte de l'école.

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Pour apprendre aux élèves à se protéger contre un tireur fou, de nombreuses écoles de la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud de Québec, ont effectué des simulations de fusillades.

Depuis l'an dernier, la majorité des écoles de Lévis se sont livrées à des exercices de «confinement barricadé» de trois à quatre minutes. Ces exercices consistent à faire répéter aux élèves, aux professeurs et au personnel les gestes qu'ils doivent faire si un individu armé pénétrait dans leur école.

«Le but premier, c'est [de se protéger contre] les tireurs fous», indique Denise Dubois, directrice générale adjointe de la commission scolaire. «C'est de s'assurer qu'on ait des consignes précises si ça se produisait.»

Le sergent Éric Laliberté, de la police de Lévis, a déjà supervisé 34 simulations dans des écoles publiques et privées de Lévis depuis l'an dernier. Le «confinement barricadé», explique-t-il, implique notamment de vider les corridors et les cages d'escalier et de confiner les élèves, les professeurs et le personnel dans des locaux barrés.

«C'est quelque chose de nouveau qu'on emmène dans nos écoles. On a toujours été habitué à sortir les élèves à l'extérieur, mais on ne s'est jamais pratiqué à les garder à l'intérieur», souligne M. Laliberté.

Dans les écoles primaires, Éric Laliberté fait toutefois attention de ne pas apeurer les enfants en évitant de mentionner que le but de l'exercice est de simuler l'attaque d'un tireur fou.

Dawson

Il parle plutôt d'un animal sauvage qui pénètre dans l'école aux plus jeunes ou d'un parent agressif aux plus vieux, par exemple. Après les exercices, le policier rencontre chacune des classes pour s'assurer que les enfants ne sont pas traumatisés par l'exercice.

Les simulations font partie du Plan de réponse pour des établissements sécuritaires, que la Sûreté du Québec (SQ) a mis sur pied à la suite de tueries dans des écoles aux États-Unis et après la fusillade du Collège Dawson, à Montréal, en 2006.

Alors que le ministère de l'Éducation obligeait déjà les écoles à avoir un plan d'urgence en matière de violence, des policiers de la SQ ont commencé, en 2009, à donner des formations aux écoles primaires et secondaires de la province.

Selon Ann Mathieu, porte-parole de la Sûreté du Québec, environ trois quarts des enseignants au Québec ont maintenant visionné une vidéo sur le confinement barricadé. Fin octobre, 5 % des élèves avaient participé à une simulation, indiquait une autre porte-parole de la SQ citée par La Presse fin octobre.

Dans la région des Laurentides, Marilou Sirois, mère de deux garçons de 9 et 11 ans, a refusé que ses enfants participent à l'exercice de confinement barricadé qui devait avoir lieu à l'école Sauvé, à Deux-Montagnes, en octobre.

«Je ne suis pas contre le fait de mettre en place des mesures de sécurité. Là où je ne suis pas d'accord, c'est de faire participer des enfants à un exercice comme celui-là. Ce n'est pas un jeu», a-t-elle déploré à La Presse, tout en mettant en doute la pertinence de l'exercice.

La commission scolaire des Navigateurs souhaite que des simulations soient effectuées dans toutes ses écoles avant la fin de l'année. Dans la MRC de Lotbinière et les municipalités de Saint-Henri et de Saint-Lambert-de-Lauzon, c'est la Sûreté du Québec qui supervise les simulations dans les écoles.

Paranoïa

«Le but n'est pas de faire des simulations pour insécuriser les gens qui se trouvent partie prenante de cette simulation-là, loin de là, souligne Ann Mathieu. C'est au contraire de sécuriser les gens pour qu'ils sachent quoi faire.»

Selon Camillo Zacchia, psychologue et conseiller principal au bureau d'éducation en santé mentale de l'Institut Douglas, à Montréal, il est important que les simulations soient bien dosées et n'entraînent pas de paranoïa.

«Quand c'est léger, c'est balancé, ça nous protège, dit M. Zacchia. Mais quand ça commence à être exagéré, ça nous empêche de vivre.»

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