Les médias sociaux posent de nouveaux dilemmes à l'école

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La CSQ vient de publier un guide pour aider ses enseignants syndiqués à mieux utiliser les réseaux sociaux, comme Facebook, dans leurs relations avec leurs élèves.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Sur Facebook, les profs doivent-ils ajouter leurs élèves comme ami? La question ne fait pas l'unanimité. Mais en Ontario, l'Ordre des enseignants a tranché en recommandant à ses membres de ne pas s'aventurer sur ce terrain miné.

En début de semaine, l'Ordre des enseignants de l'Ontario a rendu publiques ses recommandations concernant l'utilisation des médias sociaux. L'organisation invite les enseignants à refuser «les demandes d'ajout à titre d'ami si elles proviennent d'élèves», peut-on lire dans le document.

«Les médias sociaux sont devenus un incontournable, et on a cru bon de rappeler que les élèves ne sont pas des amis. La ligne peut être fine entre les deux, et les élèves ont parfois tendance à être encore plus familiers dans le monde virtuel qu'en personne», affirme Gabrielle Barkany, porte-parole de l'Ordre des enseignants.

Au Québec, il n'existe pas d'ordre professionnel pour encadrer le travail des profs, mais la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a tenu à mieux renseigner ses membres à ce sujet. La CSQ, dont la majorité des syndiqués fait partie du réseau de l'éducation, a récemment publié un guide sur les médias sociaux intitulé Des outils aussi utiles que redoutables. On peut y lire qu'il est «toujours préférable de garder une distance professionnelle» avec les élèves et que «devenir "amis" avec l'un d'entre eux pourrait éveiller des soupçons et causer du tort à votre réputation».

«On a vraiment touché une corde sensible avec ce guide. Il y a un besoin criant d'information à ce sujet», affirme Daniel B. Lafrenière, vice-président de la CSQ. Le guide, qui a été publié il y a quelques semaines, est déjà en réimpression.

Dans les rangs des enseignants, certains sont d'accord avec ces mises en garde. C'est notamment le cas d'Annie Côté, de l'école secondaire Saint-Pierre et des Sentiers à Charlesbourg. «Je trouve ça tout à fait justifié», lance-t-elle.

Mme Côté a déjà créé un compte Facebook pour permettre à des élèves prenant part à un échange avec des jeunes de Vancouver de partager des photos, mais «l'expérience n'a pas été très concluante», se rappelle-t-elle. «Je n'étais vraiment pas à l'aise avec les commentaires que les jeunes s'échangeaient entre eux.» L'enseignante a rapidement mis fin à l'aventure. Aujourd'hui, Mme Côté est «amie» avec d'anciens élèves, mais elle attend au moins un an avant de les accepter sur son compte Facebook. «Il faut toujours être prudent», dit-elle.

De son côté, l'enseignant Luc Papineau reconnaît qu'il peut y avoir des lacunes mais ce n'est pas une raison pour tout balayer du revers de la main, affirme-t-il : «Souvent ce n'est pas Facebook, le problème, mais plutôt les jeunes qui ne suivent pas les consignes.»

Prudence et discernement

L'enseignant possède deux comptes Facebook, l'un personnel et l'autre qui lui permet d'interagir avec ses élèves du secondaire et des collègues. Il choisit prudemment l'information qui y est diffusée. «Il faut faire preuve de prudence et de discernement. Le problème, ce n'est pas Facebook, c'est la personne derrière le clavier. Les réseaux sociaux peuvent être des outils pédagogiques intéressants», affirme M. Papineau.

Ce dernier estime que les liens entre profs et élèves sur les réseaux sociaux sont aussi une bonne façon d'entrer en relation avec les jeunes. «Je ne trouve pas ça mauvais que des profs aient des liens sur Facebook avec leurs élèves. Ça permet de savoir ce qui se passe et d'éduquer les jeunes à ce sujet. Sinon, c'est le far west», dit-il.

Un avis partagé par Mario Asselin, ancien directeur d'école qui est maintenant consultant en intégration des technologies de l'information. Demander aux élèves de ne pas créer de liens sur Facebook, «c'est comme une maison des jeunes sans adulte», dit-il. «Ça ouvre la porte à toutes sortes d'abus parce que les jeunes ne sont pas encadrés.»

Certes, il peut y avoir «certaines expériences malheureuses», reconnaît-il, mais ce n'est pas une raison pour interdire les liens entre profs et élèves sur Facebook. «L'Ordre des enseignants de l'Ontario est allé trop loin», affirme Mario Asselin, qui rappelle que l'utilisation des réseaux sociaux reste «anecdotique» dans les rangs des profs.

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