Examen de français pour les futurs profs: le droit à l'échec illimité à l'étude

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Présentement, au Québec, au moins 25 étudiants en enseignement ont échoué à quatre reprises au test obligatoire de français.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

Tous les futurs profs québécois doivent désormais réussir le même examen de français pour obtenir leur brevet d'enseignement. Le hic, c'est que les sanctions en cas d'échec varient présentement d'une université à l'autre. Les doyens tentent depuis longtemps d'en arriver à une entente commune et jonglent même avec l'idée de permettre un nombre illimité de reprises. Présentement, au moins 25 étudiants sont en échec après quatre tentatives.

Depuis l'automne 2009, tous les étudiants en enseignement doivent passer le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE). Les étudiants doivent réussir cet examen avant de faire leur troisième stage, qui survient généralement pendant la troisième année de leur baccalauréat de quatre ans. Selon ce qui était prévu au départ, les futurs profs avaient trois chances d'atteindre le seuil de réussite, fixé à 70 %. Un troisième échec devait entraîner la suspension du programme pour une durée d'un an et un quatrième échec, l'expulsion définitive.

Confrontées à un taux d'échec élevé, les universités ont toutefois voulu assouplir les sanctions pour ceux qui échouent, comme le rapportait Le Soleil en mai 2010. Or, près d'un an plus tard, aucune entente provinciale n'est encore officiellement conclue. Résultat : les étudiants n'ont pas droit aux mêmes règles d'une université à l'autre, même si aucun étudiant ne peut faire son troisième stage - ni obtenir son brevet d'enseignement - s'il n'a pas réussi le TECFEE.

À l'Université de Sherbrooke, 25 étudiants ont été suspendus après trois échecs et deux d'entre eux ont été exclus après leur quatrième échec. «On continue d'appliquer la politique tel que prévu», explique la vice-doyenne à la formation, Julie Desjardins.

À l'Université de Montréal, à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et à l'Université du Québec à Chicoutimi, les étudiants qui échouent à quatre reprises - ils sont une vingtaine au total - ne sont ni suspendus ni exclus. Puisqu'ils ne peuvent compléter leur formation, ils n'ont toutefois pas accès au brevet d'enseignement.

Pour l'instant, ces étudiants n'ont plus droit à une reprise. Mais l'Association des doyens et directeurs pour l'étude et la recherche en éducation (ADEREQ) songe à permettre un nombre illimité de reprises, une décision qui n'est toutefois pas encore entérinée.

Attente d'un an

«L'ADEREQ propose d'attendre un an avant de tenter une cinquième passation et un an additionnel pour une sixième passation. Le nombre d'essais serait illimité», indique Jean Brousseau, doyen des études de premier cycle à l'UQAR.

Marie Nadeau, professeur de didactique du français à l'UQAM, estime que cette mesure permettrait «d'enlever le stress de l'examen» qui peut influencer le résultat à la baisse. «De toute façon, on voit que la majorité des étudiants le réussissent sans avoir à le passer 10 fois», ajoute-t-elle.

D'autres universités n'ont pas attendu l'entente officielle avant de permettre une cinquième passation. C'est le cas de l'Université Laval, où les quatre élèves exclus après quatre échecs pourront retenter leur chance l'an prochain, pour une cinquième fois.

Le doyen de la faculté des sciences de l'éducation, Marcel Monette, admet toutefois que le flou qui existe présentement place les universités dans «une situation inconfortable». «Les étudiants sont inquiets, ils se demandent quelles règles s'appliquent», dit-il.

Cohorte «cobaye»

Même son de cloche de la part de Marie Nadeau, qui espère que les nouvelles règles seront «plus équitables». «Malheureusement, la première cohorte a servi de cobaye. Les règles ont changé en cours de route, et les informations n'étaient pas claires», affirme-t-elle.

Heureusement, les taux d'échec parfois désastreux - jusqu'à 75 % dans certains programmes après une tentative - seraient maintenant à la hausse, puisque les universités sont mieux préparées à aider les étudiants à réussir l'examen, explique-t-on.

À l'Université de Sherbrooke par exemple, le taux d'échec de la première cohorte après deux tentatives était de 30 %, alors qu'il est maintenant de 17 %.

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