Des ordinateurs portables contre le décrochage

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) En Estrie, le taux de décrochage de la commission scolaire Eastern Townships a chuté de façon spectaculaire, passant de 39 % à 23 % en quatre ans seulement. La recette du succès : l'ordinateur portable en classe.

C'est du moins ce qu'en conclut le chercheur Thierry Karsenti, à la lumière des résultats préliminaires de l'enquête qu'il a réalisée sur le sujet. «C'est vraiment un des facteurs qui permettent d'expliquer la baisse spectaculaire du taux de décrochage. Les avantages sont immenses», affirme le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information en éducation à l'Université de Montréal.

Il y a huit ans, la commission scolaire Eastern Townships a été la première au Canada à doter tous ses élèves d'ordinateurs portables. Environ 5600 jeunes de la troisième année du primaire à la cinquième secondaire les utilisent. Quelque 2432 élèves et 272 enseignants ont participé à l'étude de M. Karsenti, qui s'est déroulée à partir d'avril 2010.

Cette enquête a permis d'identifier une douzaine d'avantages à l'utilisation de portables en classe. En plus d'accroître la motivation, le développement de l'autonomie et les compétences informatiques des élèves, l'ordinateur permet aussi de faciliter le travail des enseignants et d'améliorer l'interaction entre les parents, les élèves et les enseignants.

Plusieurs conditions

Le portable n'a toutefois rien de «magique», nuance M. Karsenti. «Ce n'est pas la machine toute seule qui fait ça.» Plusieurs conditions doivent être réunies pour que la recette fonctionne, indique-t-il.

Dans cette commission scolaire, la très grande majorité des enseignants sont favorables à l'utilisation des portables en classe. Mais il y a plus : selon l'évaluation de M. Karsenti, «dans ces écoles, 95 % des enseignants semblent être des champions de l'utilisation des nouvelles technologies», ce qui est beaucoup plus que ce qu'on retrouve dans les autres commissions scolaires. Parallèlement à l'achat d'ordinateurs, la commission scolaire a d'ailleurs mis en place un programme de formation pour les enseignants. Les deux ingrédients-clés de la recette miracle reposent sur le travail des profs et le potentiel de la machine, avance M. Karsenti.

L'autorégulation

Le chercheur reconnaît qu'il y aura toujours des élèves qui en profiteront pour mettre à jour leur profil Facebook pendant leur cours de français, mais il s'agit d'une minorité, avance-t-il. «Lors­­qu'on parle à des élèves, ils nous disent qu'ils sont capables de s'autoréguler. Ils ont acquis une maturité liée à l'usage des technologies à l'école que d'autres enfants n'ont pas», affirme-t-il.

Mais une telle mesure a évidemment un coût. La commission scolaire y a investi 15 millions $, sans l'aide financière du ministère de l'Éducation. M. Karsenti estime toutefois que le jeu en vaut la chandelle.

«On a dépensé au Québec des millions de dollars pour lutter contre le décrochage scolaire, mais dans certaines écoles, il y a des programmes pour le décrochage que les élèves ne connaissent même pas, dit-il. Mettez un ordinateur entre les mains d'un élève et il se passe tout de suite quelque chose. Cette commission scolaire prépare mieux les enfants à la société de demain.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer