Éducation sexuelle: les sexologues veulent avoir un rôle à jouer

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Cet automne, les élus de la commission parlementaire de la culture et de l'éducation ont recommandé à l'unanimité «qu'un programme obligatoire d'éducation à la sexualité soit élaboré et offert du préscolaire jusqu'à la fin du secondaire».

Le Soleil

(Québec) Préoccupés par le retour des cours d'éducation à la sexualité dans les écoles du Québec, des sexologues demandent à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, de les inclure dans la nouvelle formule afin de corriger les erreurs du passé.

Un collectif de 185 sexologues a écrit à la ministre Beauchamp pour lui faire part de leurs préoccupations entourant le retour annoncé des cours d'éducation sexuelle à l'école.

«Nous appréhendons que cette réintroduction se fasse sur papier seulement et que la qualité de l'enseignement à propos de la sexualité continue d'être défaillante, incomplète et octroyée par des acteurs n'étant pas à l'aise d'aborder la sexualité. Nous croyons sincèrement que les sexologues devraient participer au retour de l'éducation à la sexualité dans le réseau scolaire», peut-on lire dans la missive.

Exclure ces professionnels serait un «total non-sens», selon le collectif.

En décembre, la ministre Beauchamp a confirmé le retour d'une formation obligatoire en éducation à la sexualité, un volet qui avait disparu de la grille-matières avec l'arrivée de la réforme scolaire il y a une dizaine d'années. Le Ministère ne prévoit toutefois pas créer de toutes pièces un nouveau cours, mais envisage plutôt de mettre sur pied des blocs de formation obligatoire qui viendraient s'insérer dans les cours existants, tant au primaire qu'au secondaire.

Même s'ils saluent le retour des cours d'éducation à la sexualité dans les écoles, les sexologues s'inquiètent de la qualité d'une telle formation si elle est donnée par des enseignants qui ne sont pas des spécialistes.

«Pour faire de l'éducation à la sexualité, il faut être à l'aise et ça ne s'apprend pas en quelques heures. Pourquoi investir de l'argent pour une formation qui va être faite encore à peu près?», lance la porte-parole du collectif, Sophie Morin, qui souligne que les sexologues peuvent compter sur trois ans de formation universitaire.

Les signataires de la lettre rappellent par ailleurs qu'en commission parlementaire cet automne, un aspect a fait consensus : ceux qui enseigneront l'éducation à la sexualité devront se sentir à l'aise de le faire, ce qui n'est vraiment pas le cas pour une majorité d'enseignants, ajoutent-ils.

Projets à la pièce

Présentement, quelques écoles font appel à des sexologues «à la pièce» pour offrir de la formation à leurs élèves, et les résultats «sont plus que concluants», selon les auteurs de la lettre.

Dans la région de Québec, la sexologue Marie-Paul Ross a mis sur pied une formation pour les élèves du secondaire qu'elle a donnée dans une douzaine d'écoles de la province.

«Le but, c'est de donner des outils aux jeunes pour qu'ils soient critiques et qu'ils comprennent que la pornographie, ce n'est pas un modèle d'éducation sexuelle, c'est du commerce», explique-t-elle, tout en ajoutant qu'il y a toujours des jeunes qui viennent la remercier après ces rencontres.

Au cabinet de la ministre Beauchamp, on confirme que la lettre a bien été reçue. «On est sensible aux commentaires des sexologues. Le Ministère travaille sur la nouvelle formule, mais rien n'est encore décidé», a indiqué son attaché de presse, Dave Leclerc.

Cet automne, les élus de la commission parlementaire de la culture et de l'éducation ont recommandé à l'unanimité qu'«un programme obligatoire d'éducation à la sexualité soit élaboré et offert du préscolaire jusqu'à la fin du secondaire».

Cette formation, qui devra être donnée par des intervenants et des enseignants qualifiés, pourrait s'insérer dans des cours comme sciences et technologie, éthique et culture religieuse ou éducation physique et à la santé, pouvait-on lire dans le rapport de la commission.

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