Décrochage scolaire: c'est la faute aux parents, dit Jean Charest

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«J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire alors que ce sont eux à qui on doit s'adresser, a déclaré Jean Charest. Les parents doivent s'intéresser à l'éducation de leurs enfants.»

La Presse Canadienne

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Pour le premier ministre Jean Charest, les parents sont ceux qui n'en font «pas assez» pour contrer le décrochage scolaire de leurs enfants.

Le chef du gouvernement a profité de son allocution, mardi midi, à Québec, devant un auditoire composé principalement de gens d'affaires, pour soulever le fait que les médias, entre autres, occultent les responsabilités de ceux qu'il considère comme les principaux intéressés par la réussite à l'école.

«Chaque fois que la question du décrochage scolaire est soulevée, on vise les commissions scolaires, on vise les profs, on vise les politiciens. Mais on oublie les acteurs les plus importants, ceux qui sont déterminants : les parents.

«J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire alors que ce sont eux à qui on doit s'adresser», a enchaîné le conférencier invité par les organisateurs de Focus stratégique 2010. «Les parents doivent s'intéresser à l'éducation de leurs enfants.»

Devant les journalistes, le premier ministre en a rajouté. «Ce qui m'étonne dans le débat, c'est le peu d'attention qu'on donne aux parents et à leur rôle. [Les parents] devraient s'enquérir tous les jours auprès de leurs enfants de leurs études. Juste ça. Je pense que ça ne se fait pas assez.

«Je ne m'attends pas à ce que les parents refassent leur cours au primaire [...] ou leurs mathématiques, a expliqué Jean Charest. Mais, à tous les jours, un enfant devrait savoir que sa mère, son père [...] se préoccupe de ses études. S'ils ne faisaient que ça, ils enverraient un message puissant à leurs enfants», message à répéter tous les jours.

«C'est trop facile de blâmer le système» pour le décrochage scolaire, a poursuivi le premier ministre. «Le gouvernement fait son travail. Il reconnaît sa responsabilité, les commissions scolaires et les profs aussi. Dieu sait qu'on demande aux profs aujourd'hui de faire de choses qu'on ne leur demandait pas, il y a 20 ans. On leur en demande beaucoup.»

Et ce ne sont pas les fonds consacrés au système d'éducation qui font problème, selon le premier ministre. Le gouvernement qu'il dirige alloue 7,5 % du produit intérieur brut à ce réseau. «On en dépense assez, beaucoup.»

Il a pratiquement exonéré le système de tout blâme. Le Québec possède un plus haut taux de diplomation que la moyenne nord-américaine ou celle des pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a-t-il dit. «Les étudiants québécois réussissent mieux en sciences et en maths que la moyenne des pays.

«Il est où, le problème?» a-t-il lancé avant de répondre lui-même. «C'est précisément celui des jeunes qui entrent dans le système et ne terminent pas dans les délais prescrits.»

Jean Charest y est allé d'une analogie qu'il a lui-même qualifiée de «boiteuse». Devant ce phénomène, tout se passe comme si un citoyen convoque un plombier pour réparer un robinet, alors que le problème, c'est que «la rivière est à sec. Dans le cas du décrochage, on regarde toujours le bout du robinet. Les gens ont de la difficulté à aller à l'essentiel.

«Pourquoi dans certaines communautés le taux de poursuite des études est-il très élevé? Pourquoi ils sont à l'école, alors que d'autres ne le sont pas? Il y a une raison pour ça.»

L'éducation peu valorisée

Un autre conférencier, Joseph Facal, un ancien ministre du Parti québécois, voit autrement le système d'éducation. Les Québécois ne valorisent pas assez l'éducation, a avancé celui qui est maintenant analyste politique et professeur à l'université.

«Mais il y a aussi le fait que nous avons livré l'école québécoise à des théories pédagogiques douteuses. [Ses tenants] ont voulu nous faire accroire que l'échec [à l'école] n'existe pas. Je m'excuse, l'échec en compétition, ça existe, à l'école comme dans la vie.

«Je crois aussi que nous nous sommes éloignés de certaines valeurs traditionnelles, notamment que l'école doit être un lieu de persévérance et d'efforts, a plaidé M. Facal. Vous savez, tout changement n'est pas nécessairement un progrès. Il faut renouer avec le bon sens.»

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