Cet hiver, deux écoles primaires de la commission scolaire des Découvreurs, à Québec, ont expérimenté le programme Nager pour survivre, mis au point par la Société de sauvetage du Québec, a indiqué la porte-parole du ministère de l'Éducation, Ahissia Ahua.
Il ne s'agit pas de cours en bonne et due forme, mais plutôt d'un «programme d'évaluation de trois habiletés de base en natation», explique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage.
Deux classes d'élèves de troisième année ont eu droit à trois séances à la piscine, au cours desquelles ils ont dû se lancer à l'eau en culbutant (pour simuler une chute), nager sur place pendant 60 secondes et se déplacer sur 50 mètres. Trois autres leçons théoriques sur la sécurité aquatique se sont aussi déroulées en classe, avec leur enseignante.
Le programme permet d'informer les parents du niveau de compétence de leur enfant dans l'eau et de recommander, dans certains cas, de l'inscrire à un cours de natation, explique M. Hawkins. Dans les groupes qui ont participé au projet pilote, 25 % des enfants ont réussi le programme, 50 % l'ont réussi en portant une veste de sauvetage et 25 % l'ont échoué.
«En Ontario, où un programme semblable a été implanté dans toutes les écoles primaires, le nombre d'inscriptions aux cours de natation a augmenté de 30 %», affirme M. Hawkins.
Le directeur de la Société de sauvetage espère convaincre le ministère de l'Éducation de suivre l'exemple ontarien. «En passant par les écoles, on s'assure de rejoindre tous les enfants», affirme-t-il. Le Ministère analyse présentement les résultats de ce projet pilote, mais il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions, a indiqué Mme Ahua.
La Société de sauvetage n'est pas la seule à réclamer une meilleure sensibilisation à la sécurité nautique sur les bancs d'école. En 2008, à la suite de la mort d'un garçon de huit ans en Montérégie, le coroner Jacques Ramsay avait recommandé d'offrir ce type de programme aux élèves du primaire afin de réduire le nombre de noyades.
Selon M. Ramzay, la baignade est l'activité la plus populaire chez les jeunes Canadiens de 5 à 12 ans. Pourtant, 60 % d'entre eux n'ont jamais suivi de cours de natation, avait-il indiqué.