«Enfin, la détresse des enseignants a été entendue»

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Manon Bernard, présidente de la FSE-CSQ

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(Québec) Les enseignants pourront enfin mieux respirer dans plusieurs classes du primaire et du secondaire du Québec. Moins d'élèves par classe, une intégration plus étudiée des élèves handicapés ou en difficulté, une meilleure stabilité d'emploi. «Enfin, la détresse des enseignants a été entendue», se réjouit la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Manon Bernard.

La FSE-CSQ et l'Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ) avaient de bonnes nouvelles à annoncer, dimanche, à propos de l'entente de principe conclue vendredi. L'entente ne touche toutefois pas aux salaires ni à la retraite, des aspects dont s'occupe le Front commun, qui négocie avec le gouvernement. Entre autres, l'entente garantit moins d'élèves par classe, dès septembre. Une mesure qui implique des coûts de 160 millions $ et qui fera entrer, en cinq ans, 3100 enseignants de plus dans le système d'éducation. Au primaire, dans les milieux défavorisés (20 % des écoles), les classes auront un maximum de 20 élèves. Cela représente une baisse réelle de quatre enfants par classe.

En ce qui concerne l'intégration des élèves handicapés ou en difficulté, une pondération a priori, qui tient compte du niveau réel de difficulté de l'élève, est une mesure importante. Par exemple, une classe de deuxième année, en milieu défavorisé, comptera un maximum de 20 élèves. Mais si un enfant avec un trouble envahissant du développement (TED) se joint au groupe, la classe en aura moins. Car l'enfant avec un TED a un facteur de pondération de 2,86. Donc, la classe comptera 18 enfants au lieu de 20, 17 élèves réguliers et l'enfant en difficulté. Enfin, au chapitre de la précarité des postes d'enseignants, l'entente prévoit l'accès à des contrats à temps partiel plus rapidement, ce qui accroîtra la stabilité des classes et, espère-t-on, rendra la profession plus attrayante.

Syndicats ravis

Les syndicats sont très satisfaits de la relative vitesse à laquelle s'est déroulé tout le processus. Les offres ont été déposées dès octobre dernier, mais la convention est échue seulement depuis le 31 mars. «C'est du jamais-vu pour nous et on est très content», confirme Serge Laurendeau, président de l'APEC. Ce règlement sera soumis aux assemblées générales des syndicats affiliés d'ici la fin juin.

Même si les négociations du Front commun se poursuivent sur les importants volets salarial et de retraite, l'entente actuelle est ferme. «Toutes les sommes engagées de même que les clauses qui s'y retrouvent sont garanties», assure Guy Savard, vice-président aux relations de travail de la FSE-CSQ, quoiqu'il advienne des négos générales en cours. À terme, l'entente de principe représente un investissement de plus de 200 millions $, récurrents.

L'autre bonne nouvelle, c'est que l'année scolaire se terminera sans perturbations, les enseignants cessant immédiatement tout moyen de pression. Ceux-ci suivront toutefois les actions du Front commun, s'il y a lieu. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est dite pour sa part très heureuse, estimant que «des pas importants contribuant à la réussite éducative ont été accomplis». La présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de la négociation, Monique Gagnon-Tremblay est également très satisfaite.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) accueille positivement cette entente rapide. «À cette vitesse-là, c'est même historique», souligne le président de la FCPQ, François Paquet.

Le président estime que cette entente est très favorable pour la réussite scolaire des enfants. M. Paquet espère maintenant que cela ouvre la porte pour le règlement des contrats de travail des autres employés, soit le personnel de soutien, enseignant et professionnel. Ce qu'espèrent également les syndicats impliqués dans l'entente actuelle.

Enseignants concernés... ou pas

L'entente conclue implique deux syndicats qui regroupent environ 70 % des enseignants du Québec. La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) compte 60 000 syndiqués et l'Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ), 10 000. La FSE et l'APEQ représentent des profs de tous les secteurs (préscolaire, primaire, secondaire, formation professionnelle et éducation des adultes. Ils regroupent des enseignants des commissions scolaires francophones et tous les enseignants des commissions anglophones. Ils sont membres du Front commun.

Le troisième grand syndicat d'enseignants, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), représente près de 30 000 enseignants francophones du préscolaire, du primaire, du secondaire, de l'éducation des adultes et de la formation professionnelle. Ces syndiqués sont concentrés dans les régions de Montréal, de Laval, des Basses-Laurentides, de l'Outaouais et de Montérégie. Ils ne font pas partie de cette entente et ne sont pas membres du Front commun.

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