Internet à l'école: les sites interdits au coeur des débats

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Les écoles commencent à apprivoiser Internet, et les commissions scolaires réagissent différemment par rapport à ce nouveau compagnon de classe.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Internet fait tranquillement son chemin jusque sur les bancs d'école, mais l'accès au cyberespace ne se fait pas sans heurts. Plusieurs écoles bloquent l'accès aux blogues et aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, au grand dam de certains enseignants.

Dans la blogosphère, le débat refait régulièrement surface. Les profs sont nombreux à dénoncer les interdits entourant l'utilisation de certains sites Internet à l'école. La semaine dernière, la montée de lait d'un enseignant a ravivé le débat.

L'enseignant, qui blogue anonymement sous le nom de Prof solitaire, raconte qu'il a voulu «faire autrement», comme on le réclame souvent dans le réseau de l'éducation. Il a tenté de créer des blogues «pour encourager les gars à écrire davantage, pour leur fournir une occasion significative de le faire et d'être lus», écrit-il. Or, sa commission scolaire a bloqué l'accès au site Blogspot, si bien que les jeunes sont incapables de participer au blogue, dénonce-t-il.

Le scénario est le même pour le site YouTube, que l'enseignant voulait utiliser en classe pour rendre ses cours plus dynamiques pour les garçons. «Quand je me suis plaint, vous m'avez répondu que si j'en faisais la demande par écrit un mois à l'avance, vous alliez débloquer temporairement des vidéos spécifiques (j'ai essayé et une fois sur deux, vous ne le faites pas)», poursuit-il.

À géométrie variable

Les écoles commencent à apprivoiser Internet et les commissions scolaires réagissent différemment par rapport à ce nouveau compagnon de classe. La plupart des écoles dans la région de Québec bloquent les sites Internet au contenu jugé offensant (violence, pornographie, etc.) en utilisant différents logiciels. Mais lorsqu'on parle de sites comme Facebook, Twitter, YouTube et autres réseaux sociaux, les règles varient d'une commission scolaire à l'autre.

Selon une compilation réalisée à l'initiative du Réseau d'information sur la réussite éducative, 14 des 21 commissions scolaires recensées interdisent l'accès à Facebook sur les bancs d'école. C'est le cas de la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud, qui bloque aussi l'accès à Twitter. «On veut éviter que les élèves propagent des propos inappropriés à l'intérieur de nos murs», affirme la porte-parole, Louise Boisvert. Cette dernière précise toutefois que ces règles ne sont pas «coulées dans le béton» et reconnaît que «les jeunes s'informent de plus en plus par ces réseaux».

À la commission scolaire des Découvreurs, on permet l'utilisation de ces sites Internet. «On s'ajuste en fonction de la nouvelle génération. Pour l'instant, on n'a eu aucun incident», affirme la directrice adjointe du service des technologies, Josée Cloutier.

Dans la blogosphère, plusieurs enseignants prônent l'éducation plutôt que l'interdiction. «Les filtres sur le réseau Internet des commissions scolaires sont contre-éducatifs. On doit apprendre aux jeunes à se contrôler, à utiliser Internet avec intelligence. Ça s'appelle de l'éducation. YouTube et autres présentent des informations pertinentes. Même le pape a sa page Facebook, après tout», écrit le Prof masqué sur son blogue.

Un avis partagé par Mario Asselin, ancien directeur d'école et conseiller en intégration des technologies de l'information en milieu scolaire. «Les écoles sont beaucoup portées vers les interdits. Mais les jeunes fréquentent déjà les sites qui sont bloqués à l'école. Il faut plutôt qu'ils apprennent comment se conduire dans Internet», dit-il.

M. Asselin va même plus loin en affirmant que les écoles n'assument pas leurs responsabilités en multipliant les interdits. «On les laisse se confronter seuls aux pièges qu'ils peuvent trouver dans Internet. Ou on attend une crise pour agir», affirme-t-il.

Le consultant estime plutôt qu'Internet représente une occasion pour l'école. «Les jeunes produisent déjà du contenu sur Internet et s'y intéressent. Je ne comprends pas pourquoi l'école ne récupère pas plus ces situations-là.»

Selon une étude sur la «génération C» réalisée par le CEFRIO (Centre francophone d'informatisation des organisations) l'an dernier, les 12 à 17 ans passent en moyenne 16 heures par semaine sur le Web. Plus de 60 % d'entre eux visitent des sites de réseautage comme Facebook ou MySpace.

Accès sans fil dans les couloirs

Sur les bancs d'école, Internet n'est pas réservé qu'à la salle de classe ou au laboratoire d'informatique. De plus en plus, les écoles secondaires se dotent de connexions sans fil qui permettent aux jeunes de surfer sur le Web ou de répondre à leurs courriels entre deux cours ou à l'heure du dîner. À la commission scolaire des Premières-Seigneuries, on a même commencé à doter des écoles primaires de réseaux sans fil. «C'est de plus en plus une demande des jeunes», affirme le secrétaire général, Jean-François Parent. Les restrictions concernant certains sites sont toutefois les mêmes, qu'on soit en classe ou à la cafétéria.

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