L'uniforme à l'école publique

C'est le conseil d'établissement de l'École secondaire Vanier...

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C'est le conseil d'établissement de l'École secondaire Vanier qui avait proposé d'adopter l'uniforme, en 2005, pour réduire la discrimination et les différences entre les élèves de cette école située en milieu défavorisé. Les élèves auront le choix entre un polo ou un t-shirt aux couleurs de l'école.

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(Québec) À l'École secondaire Vanier, l'uniforme sera à l'honneur à l'automne. Tous les élèves porteront un t-shirt ou un polo aux couleurs de l'établissement, une première pour une école de Québec.

Un changement qui fera rechigner les ados, mécontents d'abandonner leur coton ouaté préféré? Pas nécessairement. La directrice de l'école, Annie Gosselin, ne devrait pas avoir trop de mal à faire respecter ce nouveau règlement puisqu'une majorité d'élèves approuvent le nouvel uniforme, selon un sondage réalisé à l'interne l'automne dernier. Mais l'équipe de Mme Gosselin a travaillé d'arrache-pied avant d'en arriver là.

C'est d'abord le conseil d'établissement de l'école qui a proposé d'adopter l'uniforme, en 2005, pour réduire la discrimination et les différences entre les élèves de cette école située en milieu défavorisé. Mais un premier sondage n'a pas été concluant. Même si une majorité de parents étaient d'accord, seulement 40 % des élèves voyaient le changement d'un bon oeil. «On ne voulait pas avoir à se battre avec la majorité des élèves pour leur faire porter l'uniforme, alors on a préféré attendre», raconte Mme Gosselin.

L'idée n'a pas été abandonnée pour autant. Des t-shirts aux couleurs de l'école ont été imprimés et les enseignants ont été invités à les porter, une fois par semaine. Dans les corridors de l'école, le sujet continuait de faire jaser. L'automne dernier, la direction a refait l'exercice. Cette fois-ci, l'uniforme passe le test. Plus de 65 % des parents et des élèves sont d'accord. Il n'en fallait pas plus pour mettre l'opération en branle.

Le port du t-shirt, du polo ou du coton ouaté est obligatoire alors que celui de la jupe et du pantalon est facultatif. Les coûts varient de 6 $ pour un t-shirt à 34 $ pour un coton ouaté. «On considère qu'avec 60 $, un élève peut s'en tirer correctement», affirme Mme Gosselin.

La directrice s'attendait à recevoir quelques appels de parents mécontents, mais elle a plutôt dû composer avec ceux qui craignaient de ne pas avoir les moyens d'offrir à leurs enfants cette nouvelle garde-robe. «Mais en prenant connaissance des prix, ils ont été rassurés», ajoute Mme Gosselin.

Mécontentement

Mais ailleurs, la pilule passe un peu moins facilement. À l'école secondaire Le Sommet, à Charlesbourg, le directeur, Christian Couture, veut introduire l'uniforme à compter de septembre 2010, mais la décision fait des mécontents.

Pour M. Couture, il s'agit d'une étape importante en vue de redorer l'image de son école, qui en a bien besoin. Chaque année, environ la moitié des élèves de ce secteur optent pour le privé ou des programmes particuliers dans d'autres établissements. «C'est vraiment pour améliorer le sentiment d'appartenance, la fierté et la motivation des élèves», dit-il.

La «garde-robe scolaire» a reçu le feu vert de la commission scolaire, des enseignants, du conseil d'établissement et du gouvernement étudiant. Mais la direction d'école n'a pas consulté directement les parents. «J'avais déjà plusieurs appuis, explique M. Couture. On fait face à une situation qui mérite des changements importants. Pour y arriver, il faut parfois bousculer un peu le quotidien.»

Mais des parents auraient aimé avoir leur mot à dire. Jacques Rochette, père de quatre enfants, reproche à la direction de ne pas les avoir consultés. Il proteste aussi contre la facture, qu'il juge trop salée. «Je n'en ai pas les moyens, c'est beaucoup trop cher», dit-il.

Selon le directeur, il en coûtera entre 150 $ et 300 $ pour habiller un élève de la tête aux pieds, tout dépendant des vêtements choisis. Un fonds spécial sera mis à la disposition des familles plus démunies, promet le directeur.

Mais ces arguments n'ont pas convaincu M. Rochette, qui remet même en question la légalité du port de l'uniforme obligatoire à l'école publique, la Loi sur l'instruction publique garantissant la gratuité scolaire.

Au ministère de l'Éducation, on indique que la responsabilité du code vestimentaire relève du conseil d'établissement de chaque école. La commission scolaire des Premières-Seigneuries a quand même demandé un avis sur la question, pour clarifier la situation.

Déjà implantés sur la Rive-Sud

Sur la Rive-Sud, les uniformes ont fait leur apparition dans les écoles publiques il y a déjà quelques années. Depuis 2006, les écoles secondaires Champagnat et Guillaume-Couture ont décrété que le t-shirt ou le polo aux couleurs de l'école était obligatoire, après avoir constaté qu'une majorité de parents y étaient favorables.

Ce fut ensuite au tour de l'École de la Clé-du-Boisé d'adopter l'uniforme, à la demande des parents. Cette année, l'école primaire Sainte-Marie a aussi emboîté le pas. 

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