Décrochage scolaire: Courchesne veut se débarasser des «lunettes roses»

La ministre de l'éducation, Michelle Courchesne, participait hier... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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La ministre de l'éducation, Michelle Courchesne, participait hier aux premières Journées interrégionales sur la persévérance scolaire, dont l'objectif est de réduire le taux de décrochage au Québec.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, veut se débarrasser des «lunettes roses» pour s'attaquer une fois pour toutes au décrochage scolaire. Au fil des ans, l'obsession de la réussite scolaire a mené à un nivellement par le bas qui a laissé de côté les élèves qui avaient le plus de difficultés, affirme-t-elle.

«Il y a eu des périodes où le Québec a mis l'accent sur l'importance des indicateurs qui mesuraient le succès, a-t-elle affirmé au Soleil hier. C'était des orientations gouvernementales et ministérielles de l'époque. Je le sais parce qu'au sein du ministère, c'est très clair lorsqu'on parle avec les gens. (...) On parlait de nivellement par le bas et d'examens du ministère qui parfois donnaient des résultats peut-être complaisants. Pendant ce temps, on a oublié qu'il y avait des jeunes en difficulté pour qui la vie ne se déroulait pas avec autant de facilité.»

La ministre Courchesne participait hier aux premières Journées interrégionales sur la persévérance scolaire, qui réunissent jusqu'à aujourd'hui près de 400 personnes au mont Sainte-Anne. Un objectif : réduire le taux de décrochage scolaire au Québec, qui frôle les 30 % dans le réseau public.

Selon Mme Courchesne, le milieu de l'éducation s'est mis la tête dans le sable pendant trop longtemps. «Ç'a encouragé le tabou et perpétué le fait que ça paraissait mal de trop en parler (de décrochage scolaire). On n'a pas regardé ça en pleine face. Quand on fait l'analyse, 15 ans plus tard, on se rend compte qu'il y a ces barrières que l'on doit briser. Je pense que le Québec est rendu là.»

La ministre Courchesne se réjouit évidemment de la tenue de cet événement d'envergure, qui réunit des gens du milieu de l'éducation, bien sûr, mais aussi des gens d'affaires, des élus municipaux, des intervenants jeunesse, des représentants du milieu de la santé, etc. L'exemple du Saguenay?Lac-Saint-Jean, où le taux de décrochage est le moins élevé au Québec, a montré qu'il est possible de réussir lorsque toute la communauté se mobilise.

Mme Courchesne a refusé de chiffrer des objectifs en terme de réduction du décrochage scolaire. Mais elle espère voir «une diminution constante» d'ici cinq ans.

Plusieurs initiatives se mettent d'ailleurs en branle. En plus de ce sommet qui permet aux régions d'échanger sur leurs bons coups et de peaufiner leur plan de match, un comité de travail instauré par le banquier Jacques Ménard élabore présentement une stratégie nationale pour réduire le décrochage, épaulé par la firme d'experts-conseils, McKinsey & Company.

La Fédération des commissions scolaires a par ailleurs annoncé hier la tenue d'assises régionales sur la persévérance scolaire, du 15 novembre au 15 mars, qui permettront de faire le tour de la question et de mettre sur pied des stratégies gagnantes. Une commission parlementaire sur le décrochage scolaire doit aussi se mettre en branle cet automne dans les régions du Québec.

«Pour qu'il y ait une mobilisation, il faut d'abord qu'il y ait une prise de conscience, affirme Mme Courchesne. Et je pense que c'est ce qu'on voit aujourd'hui.»

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