La dépression, première cause de décrochage chez les adolescents

Le vague à l'âme des ados peut cacher un mal plus profond. Bon an mal an,... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

(Québec) Le vague à l'âme des ados peut cacher un mal plus profond. Bon an mal an, environ 16 % des jeunes souffrent de dépression. Or, selon les travaux de la psychologue Diane Marcotte, il s'agirait de la première cause de décrochage scolaire, au début du secondaire.

Les jeunes dépressifs passent souvent inaperçus et leur mal de vivre reste un sujet tabou, affirme Mme Marcotte, en entrevue au Soleil. Professeure à l'UQAM, elle s'intéresse depuis longtemps à la dépression chez les ados.

Depuis une quinzaine d'années, la proportion de jeunes qui souffrent de dépression est relativement stable, indique-t-elle. Mais depuis le début du siècle, le phénomène a connu une hausse vertigineuse.

Au tournant des années 1900, la probabilité qu'un ado souffre de dépression était d'environ 2 %. Au milieu du siècle, le chiffre grimpe à 9 %. Et aujourd'hui, la probabilité atteint 16 %. Même si ces statistiques s'expliquent en partie par un meilleur dépistage, il n'en reste pas moins que le nombre de cas augmente incontestablement, affirme Mme Marcotte.

«Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de familles désunies, beaucoup plus de familles avec un parent dépressif. Les liens familiaux sont moins forts. La consommation de drogues a aussi augmenté», indique-t-elle.

Lorsque les idées noires prennent le dessus, elles peuvent jouer de vilains tours. Certains ados en viennent même jusqu'à commettre l'irréparable. Mais ce qui est moins connu est le rôle que peut jouer la dépression dans le décrochage scolaire.

Grâce à une étude longitudinale, Mme Marcotte en est venue à la conclusion que la dépression se classe... au premier rang des facteurs qui peuvent contribuer au décrochage au début du secondaire. «Ce n'est pas si surprenant, mais c'était une réalité qui n'était pas connue, explique la psychologue. Les jeunes dépressifs ne sont pas nécessairement des élèves en échec scolaire.»

Les jeunes filles sont particulièrement à risque. Le passage au secondaire représente une période charnière dans leur vie, puisque cette étape coïncide avec les premiers signes de la puberté. Les jeunes qui broient du noir sont moins motivés à l'école, se sentent moins bons et s'absentent beaucoup plus souvent que ceux qui abordent la vie avec un sourire.

Identifier le mal

La meilleure façon de s'attaquer à ce mal de vivre est d'abord de le repérer, poursuit Mme Marcotte. Sur les bancs d'école, les enseignants arrivent à identifier seulement 2 % à 5 % des élèves dépressifs. «Le meilleur moyen est de demander aux jeunes s'ils se sentent déprimés», indique la chercheuse.

Ensuite, l'important est d'aller chercher du renfort. «On va essayer de modifier la façon dont le jeune se perçoit, on va lui montrer à intégrer plus d'activités agréables dans sa vie.» L'important est de ne pas le laisser seul avec ses idées noires, conclut-elle.

* Diane Marcotte prononcera ce soir à 19h une conférence sur le même sujet au Théâtre de la Cité universitaire de l'Université Laval. Pour en savoir plus : www.cqjdc.org.

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