L'année 2016 d'Andrew Bird

Andrew Bird en 2012, alors qu'il performe au... (AP, Chris Pizzello)

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Andrew Bird en 2012, alors qu'il performe au Festival Coachella.

AP, Chris Pizzello

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Retour sur 2016

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Retour sur 2016

L'année 2016 sous plusieurs angles: en objets, en coups de coeur, en caricatures, en photos, en percées scientifiques et en quiz. »

(Québec) Andrew Bird peut se targuer d'avoir signé, avec Are You Serious, le meilleur album de sa carrière et certainement l'un des incontournables de 2016. Plutôt que de simplement vous parler de cette oeuvre qui vaut le détour, dans laquelle l'Américain marie adroitement l'émotionnel et le rationnel, nous avons décidé de revenir sur cette parution en compagnie du principal intéressé.

Dans les six dernières années, il semble qu'Andrew Bird a tout vécu. L'Américain de 43 ans a trouvé l'amour, a connu la joie d'être père, puis sa femme a frôlé la mort, victime d'un cancer. Pour couronner le tout, la petite famille a dû quitter la côte Est, où elle était installée, pour aller vivre sur la côte Ouest.

Tout ça se retrouve d'une manière ou d'une autre dans Are You Serious, ce qui n'est pas commun chez Bird. Le chanteur, violoniste et guitariste est en effet plutôt du type réservé. Or, au-delà des paroles, c'est l'ensemble de l'oeuvre qui touche ici: les mélodies sont fortes, les interprétations sont incarnées comme jamais, les arrangements sont recherchés, tout comme les sonorités et même la structure de l'album, qui raconte véritablement une histoire. 

Q Quel regard portez-vous sur Are You Serious, près d'un an après sa sortie?

R C'était un effort incroyable. C'est mon treizième album, et je ne sais pas si l'album est en train de mourir ou si c'est une espèce menacée de disparition, mais je voulais vraiment me prêter à cette forme d'art. Mes albums précédents étaient davantage live, davantage brouillon, alors que cette fois je me suis dit: «Je vais véritablement me soucier de la réalisation et peaufiner ces chansons pour qu'elles soient immédiatement efficaces.» J'étais davantage déterminé. Je ne crois pas avoir travaillé aussi fort sur un album depuis Andrew Bird & the Mysterious Production of Eggs [en 2005]. Et bien sûr, le propos est, comme disent les gens, plus personnel. C'est un peu nouveau pour moi... 

Q La majeure partie de l'album a été pondue très rapidement, bien que certaines pièces vous ont hanté longtemps. Visiblement, vous aviez ces chansons en vous, elles n'attendaient que le bon moment pour sortir...

R Presque la moitié des textes ont été écrits en quelques jours. Je suppose que c'était une sorte de catharsis, plutôt qu'une naissance lente comme c'est généralement le cas. Mais c'est la nature des choses, je pense. On a voyagé à travers le pays et quand je me suis installé à la ferme familiale, toutes ces choses que j'avais en moi, qui étaient retenues et que j'avais vécues dans ces moments difficiles se sont mises à sortir. C'est une sorte de cliché. Je n'avais jamais cru les auteurs qui disaient avoir écrit leurs oeuvres en deux semaines dans leur grenier, mais ça peut arriver ainsi...

Q C'est particulier que, toutes ces années, vous ayez été si privé et que, cette fois, non seulement vous êtes présent dans vos chansons, mais votre femme et votre fils aussi. Est-ce qu'il y a eu un moment où vous vous êtes demandé: «que suis-je en train de faire»?

R Oui, mais c'est une contradiction amusante: vous trouvez vos gens, votre famille, et vous voulez les protéger, mais c'est tellement gratifiant et enrichissant d'être avec eux, alors comment pouvez-vous les exclure de vos oeuvres? Je crois que si ces choses intenses m'étaient arrivées il y a 10 ans, je me serais fait un devoir d'écrire là-dessus également. Trouver la personne que vous aimez, puis presque la perdre - je n'avais jamais vécu quelque chose de tel, alors c'était particulier, assurément, car quand l'album a paru, j'ai dû en parler et je n'étais pas préparé à ça. Je suis une personne très privée, même si je fais ce métier qui, par définition, est très public. 

Q Au coeur de l'album, on trouve le duo Left Handed Kisses, avec Fiona Apple. Ceci apporte une couleur tout autre et une belle interaction entre vous deux. Parlez-moi de la genèse de cette chanson.

R Au départ, je voulais me donner le défi de chanter une chanson d'amour - une qui soit simple. Je m'étais dit: «Tu dois chanter baby dans le refrain, pour rendre ça encore plus difficile!» Je ne travaille pas de cette façon habituellement. Je ne sais pas pourquoi les chansons pop ne reflètent pas davantage la complexité de l'être humain... Mon personnage est vaguement inspiré de moi: parfois mon cerveau prend le dessus sur le coeur et il y a une confusion entre les deux, alors la portion de Fiona est ma propre autocritique. Ça s'est développé en un personnage en soi, qui me reproche de ne pas être suffisamment passionné, d'être trop intellectuel. Je crois que c'est quelque chose d'assez commun, mais qui ne se retrouve pas souvent dans les chansons de trois minutes... Travailler avec elle était génial. Je ne la connaissais pas, mais nous avions des amis communs et elle est tellement sans compromis: quand elle décide de faire quelque chose, elle donne tout.

Q Quels ont été les hauts et les bas de votre année?

R Les bas étaient certainement au tout début, lorsque l'album a paru [en avril]: je devais parler d'un album aussi personnel tout en essayant de protéger notre vie privée. J'ai pris une pause à l'été, en restant en marge de la scène des festivals. Puis j'ai eu cette bonne idée d'inviter différents musiciens à ma maison et on a fait comme une émission télé [baptisée Live From The Great Room], qui était diffusée en direct, avec un téléphone. Et c'était des plus gratifiant, parce que ça m'a sorti de cet été aliénant et déprimant où je ne faisais que parler de l'album. J'ai joué la musique avec de grands musiciens et ça a ramené les projecteurs sur la musique plutôt que sur tous ces éléments dont on n'aurait peut-être pas dû parler... Il semble que si vous suivez votre instinct, le succès va suivre : l'album s'est mis à décoller à l'automne, puis les spectacles...

Découvrez d'autres éléments de cette entrevue au houle.lesoleil.com

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