Jacques Morisset, l'homme qui aime Saint-Roch

Jacques Morisset est arrivé chez Laliberté, qui fête... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Jacques Morisset est arrivé chez Laliberté, qui fête ses 150 ans, dans les années 60. Il est maintenant président de l'entreprise où il continue d'aller faire son tour chaque matin, malgré ses 93 ans.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Tous les matins de la semaine, Jacques Morisset quitte la haute-ville pour Saint-Roch. Il arpente le boulevard Charest de son stationnement jusqu'au magasin Laliberté. Et il manque rarement une visite un samedi ou un dimanche après-midi.

La rumeur veut même qu'il vienne quêter des becs pour commencer sa journée. Interrogé sur le sujet au milieu d'une allée en se rendant joindre le photographe, M. Morisset souriait du haut de ses 93 ans alors que la question a provoqué des éclats de rire chez le personnel du magasin.

«Ce n'est pas tout à fait comme cela», raconte l'homme qui a passé la majorité de sa vie de travail dans Saint-Roch.

«Je ne cours pas les employées pour les embrasser, ce sont elles qui viennent me voir et m'accueillent avec une bise.» Et c'est bien ce qui se constate dans le secteur de l'administration lorsqu'il se rend à son bureau où sa fille Lucie et quelques autres employées viennent le saluer.

Après ses études en administration à l'Université Laval, Jacques Morisset travaille dans l'entreprise familiale, une concession automobile Dodge-Desoto. Son père François fait partie des administrateurs et du groupe d'actionnaires de Laliberté et il rachète le commerce en 1950. Mais, se souvient Jacques Morisset, «j'ai eu à vendre la concession et je ne suis arrivé ici qu'en 1960.»

Vice-président... par défaut

L'oeil vif et clair, la parole facile, M. Morisset raconte comment il est devenu vice-président de Laliberté presque par défaut. Comme son père, il apprend à côtoyer les employés sur place, à gagner leur confiance. En plus, il connaît le directeur de l'époque, Ernest Maheux, qu'il a connu à l'université. «On dirait que cela a bien réussi, parce que tous ceux qui étaient là l'époque comme Maheux, Gauvin et Ouellet et les autres sont restés ici toute leur carrière.»

Avoir passé sa vie active dans Saint-Roch, c'est aussi avec connu les belles années avant le mail. Puis la construction du Mail Saint-Roch, qui devait concurrencer les centres commerciaux qui poussaient dans les banlieues et qui n'a jamais rempli ses promesses.

«Tout le monde croyait au mail, relate M. Morisset, mais ça n'a jamais fonctionné comme nous nous y attendions. Je me rappelle que Paul Racine, qui a fondé Place Laurier, me demandait quand je viendrais accrocher mon chapeau chez lui. J'ai gardé mon chapeau et mes fourrures ici. Je ne voulais pas être éparpillé, l'entrepôt et l'atelier étaient ici.» Laliberté est né dans Saint-Roch et demeure dans Sant-Roch.

Après l'expérience du grand magasin qui a forcé la vente dans les années 1950, c'est justement la fourrure qui a fait les beaux jours de Laliberté dans les années 60. «J'ai vu des samedis où l'on vendait 25 ou 30 manteaux de fourrure. C'était la belle époque».

Lorsque le maire Jean-Paul L'Allier a parlé de faire disparaître le toit du mail, toute la rue Saint-Joseph recommençait à reprendre espoir. Un nouvel élan semblait poindre à l'horizon. Jacques Morisset ne regrette rien. Laliberté n'a pas de dette. Les employés ont du plaisir à travailler. Même s'il est le président de la compagnie, ce sont ses enfants qui sont les copropriétaires du commerce. Il continuera de voyager avec son auto jusqu'au magasin tous les jours parce que le commerce, les employés, les clients lui apportent un plaisir quotidien.




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