Victoria Chouinard: de l'ADN de scientifique

Victoria Chouinard a utilisé une nouvelle technique d'inventaire... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Victoria Chouinard a utilisé une nouvelle technique d'inventaire biologique nommé ADNe pour identifier des espèces qui se trouvent dans la rivière Saint-Charles.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Au départ, Victoria Chouinard voulait simplement «essayer autre chose», comme on dit. «Ça me tentait d'explorer un autre domaine de la science, parce que c'est tellement vaste.» Son ouverture d'esprit lui a valu le Premier Prix des dernières finales provinciales d'Expo-sciences, le week-end dernier, et l'amènera jusqu'au Brésil cet été...

Étudiante en 5e secondaire à l'école Saint-Jean-Eudes, dans Charlesbourg, Mme Chouinard en était à sa troisième participation aux Expo-sciences. Après un projet de vulgarisation en 3e secondaire, puis «une expérimentation en chimie pour voir si des extraits de feuilles de légumes ont des propriétés antimicrobiennes [...] je voulais élargir mes horizons», dit-elle.

Un collègue de son père l'a mise en contact avec des chercheurs de l'Université Laval qui travaillent sur une nouvelle technique d'inventaire biologique nommé ADNe, pour «ADN environnemental». Comme les êtres vivants dans un plan d'eau perdent toujours un peu de matériel génétique (écailles qui tombent, cellules perdues lors de blessure, ADN contenu dans la matière fécale, etc.), l'eau du lac ou de la rivière va contenir un mélange d'un peu tous les génomes d'animaux qui y vivent. L'ADNe consiste donc à prendre des échantillons d'eau et à tirer profit de l'extraordinaire sensibilité des techniques modernes de détection génétique afin de savoir qu'est-ce qui vit dans un plan d'eau donné. Rappelons que c'est grâce à cette technique que le biologiste de l'UL Louis Bernatchez, un des «pères» de l'ADNe, a pu prouver récemment que la carpe asiatique s'est implantée dans le fleuve.

«C'est une technique a beaucoup de points positifs, dit Mme Chouinard. Ça coûte moins cher et on n'a pas besoin de manipuler les organismes étudiés [contrairement aux techniques d'inventaires «classiques», qui procèdent par captures au filet et qui peuvent déranger, voire endommager les organismes, ndlr].»

De là lui est venue l'idée de «tester» l'ADNe, en comparant ses résultats avec ceux de la méthode des filets. Et comme le ministère de l'Environnement a déjà réalisé de nombreux inventaires au filet dans le passé dans la plupart des cours d'eau du Québec, Mme Chouinard avait donc l'embarras du choix pour ses points de comparaison - choix qu'elle a arrêté sur la rivière Saint-Charles. Elle a pris des échantillons d'eau en 10 points du cour d'eau, de la décharge du lac Saint-Charles jusqu'au fleuve. Puis elle a obtenu l'aide du labo de M. Bernatchez pour les analyses.

Résultat: sur les 36 espèces que les filets du ministère ont capturées dans la Saint-Charles, l'ADNe de Victoria Chouinard en a «épinglé» 27. «Il faut tenir compte du fait que j'ai fait mon échantillonnage en une seule journée et j'ai pris un seul échantillon par site, alors que le ministère, c'est sur une base de 18 ans. Si j'avais pris plus d'échantillons et sur une plus longue période, j'aurais pu identifier plus d'espèces», explique l'étudiante.

Plusieurs bourses et voyages

Ses efforts, en plus de lui valoir les grands honneurs des Expo-sciences québécoises 2017 (ce qui inclut un court voyage au Nunavik), lui ont permis de rafler plusieurs bourses. Elle participera également aux Expo-sciences pancanadiennes à Régina puis, en août, se rendra au Brésil pour les finales mondiales.

Fait intéressant, Mme Chouinard a trouvé l'ADN de beaucoup moins de poissons dans le bas de la Saint-Charles que dans le haut, mais elle avertit que cela ne signifie pas forcément qu'il y a moins de poissons. Peut-être que la pollution, plus forte dans le bas de la rivière, dégrade l'ADN plus rapidement. Peut-être aussi que le courant, beaucoup plus faible à l'approche du fleuve, donne plus de temps à l'ADN pour se dégrader, suppute-t-elle.

«J'ai toujours aimé les sciences, témoigne-t-elle. Quand j'étais plus jeune, je pensais être vétérinaire. Et avec le temps, je trouve de plus en plus intéressant de comprendre comment le monde autour de nous fonctionne, de comprendre le pourquoi des choses et de voir qu'avec la science, on peut changer le monde.»




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