Olivier Dufour et Byron Mikaloff: un baume sur les plaies d'une ville

En moins de trois semaines, le metteur en... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

En moins de trois semaines, le metteur en scène Olivier Dufour et le musicien Byron Mikaloff ont réussi à impliquer quelque 160 artistes de Québec pour offrir le spectacle Ensemble.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Occasion: Le duo est à l'origine du spectacle Ensemble, présenté le 26 février, au Capitole, dans la foulée de la tragédie de la Grande mosquée

Dans les jours suivant la fusillade à la Grande mosquée de Québec, comme à peu près tout le monde, Byron Mikaloff dissimulait mal sa peine et son désarroi. Lui qui a grandi dans une famille de la Colombie-Britannique où les valeurs humanistes tenaient le haut du pavé a alors éprouvé l'irrésistible «besoin de faire quelque chose». Son idée lancée sur Facebook, le 31 janvier, comme une bouteille à la mer, d'organiser un «événement de compassion et d'inclusion» pour faire contrepoids à l'horreur, n'allait pas tomber dans l'oreille d'un sourd.

Saisissant la balle au bond, le metteur en scène Olivier Dufour accepte aussitôt l'invitation. En moins de trois semaines, les deux hommes réussiront à impliquer quelque 160 membres de la communauté artistique de Québec, de tous horizons, pour offrir le spectacle Ensemble, qualifié de «vibrant hymne à l'unité et à la diversité» par Le Soleil.

«C'est un honneur, mais je n'ai pas fait pour gagner un prix», lance spontanément le musicien de Beauport lorsque mis au courant de sa récompense. «Mes parents m'ont appris à passer à l'action quand c'est possible. On m'a donné beaucoup alors j'avais besoin de redonner.»

Invité à revenir sur la construction de ce spectacle monté dans l'urgence et qui a permis de soigner les coeurs «éclatés en mille morceaux», Byron Mikaloff insiste sur la précieuse collaboration de tous ses artisans. «C'était magique à voir. J'ai senti l'appui de toute la communauté. Je n'ai pas eu besoin de tordre de bras.»

Faire du bien aux autres

Olivier Dufour parle aussi de «magie» lorsqu'il revient sur cette soirée hommage à la paix, à la solidarité et à la diversité culturelle. Il se réjouit d'avoir vu autant de monde se retrousser les manches et foncer sans trop se poser de questions, malgré les délais très serrés. «J'ai été extrêmement chanceux de compter sur une équipe de ce niveau-là. Tout le monde a accepté de travailler bénévolement, ce n'est pas rien.»

De ce spectacle qui a servi à mettre «un baume sur les blessures» et qui a vu défiler les Lost Fingers, bien entendu, mais aussi Pascale Picard, Webster, Karim Ouellet et Bruno Pelletier, pour en nommer que quelques-uns, le metteur en scène retient le texte lu par Anne-Marie Olivier, baptisée La déclaration de Québec.

«Il y avait beaucoup de sensibilité dans chacun de ses mots. Un appel à découvrir l'autre», mentionne-t-il, soulignant l'émotion supplémentaire apportée par l'interprétation de l'adagio de Barber par l'Orchestre symphonique de Québec, et la présence sur scène du président du Centre culturel islamique (CCI), Mohamed Yanghi.

«Le plus cool, c'est d'avoir le sentiment de faire du bien aux autres», insiste le jeune metteur en scène.

Satisfaits d'avoir apporté leur modeste contribution à la construction d'un monde meilleur, les deux artistes refusent de voir leur ville ternie par ce tragique événement. «Québec est peut-être un peu ignorante, mais je ne crois pas que ce soit une société aussi fermée qu'on le laisse croire», croit Olivier Dufour.

«J'ai toujours pensé que la ville de Québec était la plus belle ville de notre pays. Je sais maintenant que c'est le cas. Il y a beaucoup d'amour et de générosité ici», conclut Byron Mikaloff.

Avenir plus rayonnant

Le président du CCI, M. Yanghi, a tenu cette semaine à rendre hommage aux deux hommes sur sa page Facebook, au nom de la communauté musulmane de Québec. «Je ne pourrai jamais oublier ces instants qui seront gravés dans ma conscience toute ma vie. Mes enfants ne cessent de parler de vous. Vous êtes formidables, mes amis. Je n'ai pas les idées de Voltaire, mais je vous dis que vous avez changé le parcours de ma vie vers un avenir plus beau, rayonnant et merveilleux, plein de toutes les bonnes expressions de l'amour.»




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer