Les retombées d'un congrès international

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Le congrès organisé par Gaétan Laroche et Diego Mantovani, en collaboration avec Sophie Lerouge de l'École de technologie supérieure, a attiré plus de 4000 participants.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Les chercheurs Gaétan Laroche et Diego Mantovani oeuvrent dans le monde des biomatériaux que sont les prothèses de la hanche, les valves cardiaques ou les tubes pour remplacer des artères, pour citer quelques exemples.

Outre la recherche fondamentale pour trouver de nouveaux matériaux et de nouveaux procédés, ils tentent de répondre à des questions très pratiques comme la durabilité des matériaux dans le corps humain tout en s'assurant que le corps ne les rejette pas.

«Il faut qu'il y ait une bonne interaction entre le matériau et le corps, explique Gaétan Laroche. On ne peut pas remplacer une artère bouchée par n'importe quel bout de tuyau, sinon le corps va réagir et former un caillot pour reboucher l'artère. Dans nos recherches, nous essayons de trouver quel matériau pourra accueillir le mieux les cellules endothéliales [les cellules qui tapissent l'intérieur des veines et des artères] et faire en sorte qu'elles se multiplient.»

C'est la même chose avec les métaux avec lesquels on fabrique les prothèses de la hanche. Si ces prothèses avaient une dizaine d'années de durée dans les premières implantations, aujourd'hui elles peuvent faire leur travail de remplacement pendant 20 à 25 ans.

«Souvent, expose-t-il, les matériaux ont une plus grande durée utile que l'espérance de vie du patient. C'est le cas pour les valves cardiaques mécaniques que l'on peut poser chez des patients dans la fleur de l'âge, alors que les chirurgiens utilisent des valves biologiques ayant un potentiel d'utilisation d'une quinzaine d'années chez des personnes plus âgées.»

La recherche appliquée sert à répondre aux questionnements ou aux problèmes que rencontrent certaines compagnies avec la durabilité de leurs produits. Ces entreprises font appel aux chercheurs pour demeurer à la fine pointe de la technologie pour devancer la concurrence.

Ces compagnies ne font pas affaire directement avec les chercheurs, mais passent par l'intermédiaire du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) qui subventionne les études en collaboration avec les producteurs de prothèses et de matériaux de remplacement.

M. Mantovani, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biomatériaux et bio-­ingénierie pour l'innovation en chirurgie, travaille par exemple à la biodégradation des «stents» (ballonnet ou endoprothèse métallique servant à dilater un vaisseau sanguin lors d'une angioplastie) dans le corps. Une fois que l'artère est dilatée, l'endoprothèse n'a pas besoin de demeurer en place indéfiniment. Il serait possible de faire disparaître ce corps étranger par une dégradation sans risque.

Pour se tenir au fait des dernières recherches et des découvertes, les chercheurs participent à des congrès nationaux des sociétés de biomatériaux, comme la Société canadienne des biomatériaux, et aux grands congrès des différentes sociétés internationales.

Visiteurs de 60 pays

Gaétan Laroche et Diego Mantovani, en collaboration avec Sophie Lerouge de l'École de technologie supérieure, ont organisé le 10e Congrès mondial sur les biomatériaux, à Montréal, à la mi-mai. C'était le deuxième à se tenir au Canada, 20 ans après celui de Toronto.

«Nous avions 4065 participants provenant de 60 pays, l'une des plus grandes audiences pour ce congrès international», raconte M. Laroche. Outre les sommités internationales invitées à faire des présentations de haut niveau lors des plénières, il y a eu quelque 3000 communications scientifiques pendant le congrès.

L'organisation de cet événement d'envergure a valu aux organisateurs d'être les premiers récipiendaires des Prix Club des Ambassadeurs du Palais des congrès de Montréal - Fonds de recherche du Québec reconnaissant le travail de chercheurs s'étant investis dans l'organisation de grands congrès scientifiques internationaux.

Ils ont reçu une bourse de 10 000 $ qui servira aux échanges entre les chapitres des sociétés de biomatériaux de Montréal et de Québec et à la mise sur pied d'écoles de formation d'été pour les étudiants gradués.

Comme autre retombée, cette reconnaissance permettra aussi aux centres de recherche de continuer le recrutement d'étudiants gradués étrangers.

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