André Gaumond: l'homme qui observe les roches

André Gaumond, fondateur de Mines Virginia, prend sa... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

André Gaumond, fondateur de Mines Virginia, prend sa retraite en tant que vice-président principal, développement du Nord-du-Québec, pour Redevances aurifères Osisko.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) André Gaumond a exploré le Nord-du-Québec comme peu de Québécois ont pu le faire dans leur vie. Ingénieur géologue, il a exploré les roches du haut des airs avant de descendre sur la terre ferme pour ramasser des échantillons confirmant ou infirmant la présence de métaux précieux.

Sous sa gouverne pendant 22 ans, Mines Virginia a connu de grands succès. Les recherches menées avec son équipe ont permis la découverte d'un gisement d'or de classe mondiale dans le secteur de la Baie-James. Le gisement Éléonore a été racheté par Goldcorp pour quelque 500 millions $ en 2006.

C'est lors de l'exploration qui mena à la découverte du gisement qu'André Gaumond a rencontré le maître de trappe de la communauté crie du territoire, Michael Mayappo. Les deux hommes se sont liés d'amitié. Michael Mayappo est devenu une sorte d'ambassadeur auprès des autres communautés autochtones, car il croyait que la mine pouvait apporter du bien à la communauté crie.

D'une certaine manière, les deux hommes partageaient la même vision du développement durable. «Pour moi, le développement durable commence par le gros bon sens», souligne André Gaumond. «J'ai rencontré les chefs des communautés et les maîtres de trappe pour leur expliquer comment fonctionne l'exploration et leur exposer de manière très transparente ce que nous allions faire. Nous les avons invités sur le terrain. Nous voulions embaucher deux personnes de la communauté pour nos campagnes et j'ai suggéré que ce soit des membres de la famille Mayappo, de façon à ce qu'ils soient témoins des travaux et impliqués dans le projet.»

Relation de confiance

Le fils de Michael Mayappo fut embauché. La relation s'est développée de façon cordiale, sincère et très transparente tout au long des démarches avec toutes les nations cries; c'était une tout autre approche avec les Premières Nations qui étaient craintives devant les façons de faire de l'industrie minière 50 ans auparavant. Cette relation de confiance a permis le projet d'exploration et, ensuite, l'exploitation du gisement par Goldcorp, qui a créé 800 emplois, dont plusieurs sont occupés par des gens de la communauté crie.

Parmi les travaux de M. Gaumond et de son équipe de Virginia, il y a eu d'autres découvertes significatives, notamment celle du gisement de métaux de base nommé Coulon. La même recette a été appliquée partout, de sorte que les communautés cries ont établi une politique minière basée sur l'expérience avec Virginia pour le gisement Éléonore.

«J'ai été le seul Blanc invité au Grand Conseil des Cris», se souvient M. Gaumond. «J'ai été très flatté d'entendre les chefs dire que notre approche était un exemple de comportement qu'ils souhaitaient avec les autres compagnies minières.»

Au cours de sa carrière, il a beaucoup travaillé uniquement au Québec sur le territoire des Cris, sur celui des Inuits et un petit peu chez les Innus.

Expertise reconnue

«L'exploration minière, ce n'est pas jeter un dard sur une carte», continue M. Gaumond, dont l'expertise a souvent été récompensée. «Il faut survoler le territoire en avion. On regarde les roches et leur couleur avant de lancer des géologues sur le terrain à la recherche d'indices pour s'attarder davantage dans une portion du territoire plus que dans l'autre. Il fallait mettre l'accent sur les secteurs à plus haut potentiel. Au fil des ans, nous avons développé une expertise reconnue au Québec et au Canada, même ailleurs dans le monde.»

La réputation de Mines Virginia dépassait les frontières et l'entreprise a signé de nombreux partenariats avec les grandes sociétés minières dans le monde. La compagnie a remporté 17 prix de reconnaissance dans son histoire, «dont les plus prestigieux de l'industrie», raconte-t-il.

«En 23 ans, nous avons fait six découvertes. Une de classe mondiale: Éléonore. Le projet Coulon devrait aussi mener à la création d'une mine, car c'est la plus grosse réserve de cuivre, de zinc et d'argent non développée du Québec. Et quatre autres gisements satellites qui ne sont pas viables par eux-mêmes, mais comme projet satellite pour une autre mine.»

Mines Virginia a fusionné avec Redevances aurifères Osisko pour créer la quatrième société en importance de royautés au monde pour bâtir une grande puissance minière et financière basée à Montréal.

«J'ai pris ma retraite, mais je reste actif au sein du conseil d'administration d'Osisko et de nombreux autres comités, et avec des cours dans trois universités», conclut celui dont les talents d'entrepreneur, d'homme d'affaires et de découvreur ont été reconnus à l'échelle nationale et internationale par de nombreux prix au cours de sa carrière.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer