Luis Antonio Villamizar: roues de secours

Luis Antonio Villamizar, du Vélo vert. L'entreprise d'économie... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Luis Antonio Villamizar, du Vélo vert. L'entreprise d'économie sociale affiche un taux de réussite de 80 % de placement des participants et 75 % ont maintenu leur emploi.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Lauréat : Luis Antonio Villamizar, directeur général de Vélo Vert
Occasion : L'organisme Le Vélo Vert été consacré lauréat national des Prix Desjardins Entrepreneurs dans la catégorie organisme sans but lucratif.

Directeur général de l'entreprise d'économie sociale Le Vélo vert depuis 2013, Luis Antonio Villamizar ne tarit pas d'éloges lorsqu'il parle de l'équipe d'une dizaine de personnes qui l'entoure et de la mission de réinsertion en emploi du Vélo vert depuis 18 ans.

Statistiques à l'appui, il raconte comment l'entreprise s'est taillé une place dans le monde des affaires tout en permettant à des dizaines de personnes de revenir sur le marché de l'emploi.

Situé dans un quartier modeste, sur le boulevard Sainte-Anne dans le secteur D'Estimauville, Le Vélo vert a ouvert ses portes à 900 personnes dans le programme d'insertion en emploi. Un programme qui a non seulement la particularité de préparer les personnes à des travaux manuels, mais aussi à développer des aptitudes sociales tout en changeant des comportements qui ont pu les éloigner du marché du travail.

«La plupart des personnes qui effectuent le parcours de six mois sont très peu scolarisées et ont peu ou pas d'expérience de travail, expose M. Villamizar. Près de 60 % des nouveaux travailleurs ont moins d'un secondaire III. Plusieurs avaient des problèmes de comportement ou de toxicomanie. La majorité a aussi peu de confiance en eux-mêmes. En même temps, durant leur parcours, ils apprennent les comportements de base au travail, comme l'assiduité, mais aussi les saines habitudes de vie.»

Ainsi, Le Vélo vert est sorti premier dans la catégories des entreprises sans but lucratif à cause de ses réalisations et de ses performances financières. Pour l'année 2015-2016, 60 % des participants étaient bénéficiaires de l'aide sociale, 38 % n'avaient aucun revenu et 2 % recevaient des prestations de l'assurance-emploi.

«Au fil des ans, notre taux de réussite a été de 80 % de placement des participants et 75 % ont maintenu leur emploi», constate M. Villamizar. Et l'entreprise continue de grandir dans ses secteurs d'activité que sont la récupération de vélos usagés, le recyclage et la remise en service des vélos. Ce qui n'est pas réutilisable après réparation va au recyclage des métaux.

Le Vélo vert a ajouté une corde à son arc en 2011 avec la récupération des barils de plastique provenant de l'industrie alimentaire. Le plastique irrécupérable va au recyclage, mais les bons barils sont transformés en barils de récupération de l'eau de pluie. L'organisme en produit entre 5000 et 6000 par année. Ils sont vendus par l'organisation Le Jour de la Terre et par des municipalités, comme Lévis et Terrebonne, qui les proposent à leurs citoyens pour diminuer l'utilisation de l'eau potable pour arroser plates-bandes et jardins ou laver l'automobile.

Social et environnemental

«Outre l'impact social, nous avons un impact environnemental, continue M. Villamizar. Les 49 000 barils produits depuis quelques années recueillent 2400 litres d'eau chacun. Nous récupérons entre 2000 et 2500 vélos par année et envoyons au recyclage 510 tonnes de métaux. Comme impact économique, nous avons remis en circulation 700 vélos usagés à la boutique et 270 vélos neufs l'an dernier tout en effectuant quelque 2000 réparations et entretiens. Sans compter les 6500 pièces et accessoires. Ça fait tourner l'économie locale.»

Lorsqu'il a été embauché comme adjoint administratif en 2007 pour le remplacement d'un congé de maternité, M. Villamizar ne connaissait pas le concept des entreprises d'économie sociale, lui qui était arrivé de la Colombie en 2003. «Je suis tombé en amour avec la mission de l'entreprise et son modèle d'affaires», avoue celui qui avait connu un programme d'insertion dans une nouvelle culture et l'apprentissage d'une nouvelle langue en arrivant au Québec. «La mission du Vélo vert correspondait à mes valeurs d'entraide, de respect des personnes et de l'environnement. Pour moi, c'était une belle façon de redonner aux gens.»

Selon la présidente du conseil d'administration, Johanne Leclerc, des options de croissance sont envisagées pour les prochaines années avec un réaménagement des locaux, un déménagement en tout ou en partie. Dans tout cela, «le prix Desjardins est un bel encouragement pour tous les employés», affirme-t-elle.

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