François Bertrand: la bienveillante thérapie par l'art

«Je ne ferme pas la porte à quiconque... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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«Je ne ferme pas la porte à quiconque me dit qu'il voudrait vivre de son art. Mais je ne materne personne, je suis exigeant», résume François Bertrand.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) C'était vers 2001, juste avant de lancer l'aventure de Vincent et moi. François Bertrand voit des dessins et des toiles qui traînent pratiquement dans un coin d'un corridor. Il revient tous les jours espérant mettre un visage, un nom, sur cet artiste.

Il croise un employé et lui demande qui est l'auteur d'oeuvres. «Un employé?» «Non», lui répond-on, «un patient». Lors de la première exposition, les médecins, les éducateurs, les infirmières et les autres employés, pratiquement personne ne savait que telle personne ou telle autre avait ce talent artistique.

Le projet germe tranquillement. François Bertrand s'y attelle les soirs, les fins de semaine en dehors des heures de travail. Au fur et à mesure, son employeur lui accordera quelques heures jusqu'à ce que le programme vienne à l'occuper à plein temps. Il en est ainsi depuis 10 ans. «Au début, c'était un petit bureau dans une ancienne chambre de contention. C'est petit comme un rien», se souvient-il.

Aujourd'hui, il y a des oeuvres des artistes dans tous les corridors. Un grand bout d'une aile du rez-de-chaussée abrite le programme. Au bout du corridor, une grande salle de rencontre et deux bureaux, l'un pour lui et l'autre pour Stéphanie Melançon, au beau milieu de la galerie d'exposition.

«Les murs sont blancs, mais dans quelques semaines il y aura un vernissage», lance-t-il. Avec verve et passion, il raconte une foule de détails : la présence d'un tel ou d'une autre, chacun ayant dépassé ses craintes, ses peurs, sa gêne pour parler devant le public.

mission humaniste

Il raconte l'humanisme de Michel Gervais lorsqu'il dirigeait l'hôpital Robert-Giffard. Lui qui a cru au projet comme faisant partie de la mission de l'établissement. Il ajoute la famille Gilbert de l'Hôtel 71, coin Saint-Pierre et Sault-au-Matelot, qui a fait une place de choix aux artistes de Vincent et moi. Lorsqu'il souligne un fait, une rencontre marquante, une anecdote, François Bertrand ne manque jamais de mots. Jamais il ne parle de son rôle ou de ses interventions, sauf pour une question directe. Mais il revient rapidement à ses artistes, ceux qui depuis le départ prennent toute la place.

«Tout était à faire. Tout était à bâtir. Lorsque je demandais du matériel, ça ne cadrait pas dans les habitudes, car je ne demandais pas de seringues, de médicaments ou des piqués», ose-t-il préciser en souriant.

Pourtant, n'eût été sa «grande gueule», comme il l'illustre lui-même, François Bertrand n'aurait jamais été aussi loin. Ce qui le fait réagir, c'est l'injustice, le manque de compassion et de bienveillance.

«Si tu veux exposer dans une galerie», disait-il à ses artistes en devenir, «tu devras travailler fort. Tu seras critiqué, mais tu y arriveras.» «Je ne ferme pas la porte à quiconque me dit qu'il voudrait vivre de son art. Mais je ne materne personne, je suis exigeant.» Exigeant, certes, mais surtout bienveillant, une qualité qui transpire tout au long de l'entrevue.

Pour lui, et maintenant pour pas mal de monde dans l'institut, les artistes sont des personnes avant d'être des patients. Ce sont des humains qui vivent une souffrance dans leur maladie mentale, mais ce sont toujours des humains.

Vincent et moi constitue un fleuron pour l'institut. Les murs ont été humanisés par les oeuvres d'art. Personne ne se pâme devant un tableau à cause d'un diagnostic ou d'une maladie, mais on admire le talent d'une personne. L'art fait maintenant partie de la thérapie et du rétablissement de la personne sous le regard bienveillant de François Bertrand.

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