Soeur Lise Tanguay, préserver le patrimoine des Augustines

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La supérieure générale des Augustines, soeur Lise Tanguay, a supervisé pendant une dizaine d'années le projet d'hôtellerie monastique qui permet à sa communauté de mettre en valeur son riche patrimoine.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Lauréate: Soeur Lise Tanguay, supérieure générale de la Fondation du monastère des Augustines de la Miséricorde de Jésus
Occasion: Nomination à l'Académie des Grands Québécois, honneur décerné par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec

À une époque où le patrimoine religieux se meurt dans l'indifférence, la réhabilitation du monastère des Augustines, unique au Canada, fait figure d'exception. Derrière ce travail de longue haleine, on retrouve la supérieure générale de l'ordre, soeur Lise Tanguay, dont le travail a permis à la mémoire de sa communauté de s'ouvrir à la modernité.

L'idée ne date pas d'hier, mais ce n'est qu'en août 2015 qu'elle s'est concrétisée, au grand bonheur de la congrégation. «On a passé dix ans à en parler et 15 autres à la mettre en oeuvre», explique d'une voix calme et posée soeur Lise, enthousiasmée du résultat final.

Dans la version 2.0 de l'institution du Vieux-Québec, où une partie seulement du riche patrimoine de la communauté (plus de 40 000 objets) est mise en évidence, le visiteur à la recherche de calme et de sérénité est invité à un ressourcement à l'hôtellerie monastique. Faire le vide pour mieux refaire le plein, quoi.

Pour la religieuse de 73 ans, un endroit comme l'hôtel-monastère, «un lieu de mémoire habité», a de plus en plus sa raison d'être. «Dans notre monde qui va vite, il faut avoir des lieux qui invitent au calme et à la paix, des lieux pour se recueillir, se cueillir à nouveau si vous voulez.»

Ce concept de santé globale et de bien-être, une niche en croissance dans l'industrie touristique, sert de financement aux Augustines dans leur désir d'assurer la pérennité de leur legs. «À la fin des années 80, les autorités étaient inquiètes de la diminution rapide des effectifs et de l'ampleur du patrimoine. Un musée et des archives, ce n'était pas le plus rentable. On était quand même pas pour mettre la clé dans la porte.»

Le patrimoine de la congrégation arrivée en Nouvelle-France en 1639 se décline partout dans l'hôtel-monastère et le musée. Ici et là, des meubles d'origine ornent les couloirs et les pièces. Une trentaine de chambres ont été réaménagées dans les anciennes «cellules de soeurs». Les objets anciens connaissent une résurrection dans de magnifiques écrins.

Ce projet, insiste soeur Lise, n'aurait pu se réaliser sans l'implication, dès le départ, de l'ex-maire Jean-Paul L'Allier, «un grand amoureux du patrimoine». Au gré des changements de gouvernements, les différents ministres de la Culture, peu importe leur allégeance, ont cru à ce projet de «lieu de mémoire habité», à la facture finale de 42 M$, pour le mener à bon port.

Souci de l'histoire

Soeur Lise s'incline devant le travail des religieuses des générations précédentes. «Elles avaient un tel souci de raconter l'histoire. Elles ont gardé, par exemple, le premier masque d'époque qui a servi aux anesthésies, à l'Hôtel-Dieu.»

Au-delà de sa reconversion touristique, le monastère a tenu à conserver une mission sociale, chère à la communauté. Ainsi, sept lits de l'établissement sont réservés, «à un prix très modique», aux accompagnateurs et aidants naturels de malades hospitalisés à l'Hôtel-Dieu. De la même façon, l'établissement ouvre ses portes au personnel soignant afin de lui permettre de venir partager sur les écueils de leur métier. «C'est un lieu d'accueil pour prendre soin de ceux qui soignent. Le personnel infirmier vit beaucoup d'épuisement et d'émotions.»

«Pleine de verdeur»

Originaire de Québec, de la paroisse Saint-Dominique plus précisément, soeur Lise a senti l'appel de la profession d'infirmière à l'adolescence. «Ma mère avait suivi son cours d'ambulance Saint-Jean. Je l'accompagnais souvent lorsqu'elle devait prendre soin de mon grand-père, qui était très malade.»

Après avoir enseigné un an comme infirmière, elle fait ses voeux à 22 ans pour entrer chez les Augustines. «Lorsque je suis arrivé, en 1968, nous étions 170. Nous ne sommes plus que 23. À 73 ans, je suis la plus jeune...»

Qu'importe les années au compteur et le chagrin d'avoir vu des camarades quitter ce monde, soeur Lise ne donne pas l'impression de vouloir s'arrêter de sitôt. Elle a fait sienne une citation du psaume 89. «Vieillissantes, elles fructifient encore, pleines de sève et de verdeur», lance-t-elle, rieuse. «Ça résume bien ce que nous sommes encore aujourd'hui.»

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