Henri Brun: une passion à transmettre

Henri Brun et le premier ministre Philippe Couillard... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Henri Brun et le premier ministre Philippe Couillard lors de la cérémonie de remise des insignes de l'Ordre du Québec.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Henri Brun en a soupé d'entendre que le droit constitutionnel est aride et ennuyeux. Le professeur émérite et associé de l'Université Laval a oeuvré toute sa vie à vulgariser le sujet. Et il estime que si les jeunes étaient initiés tôt à l'éducation civique, ils auraient une bien meilleure connaissance du fonctionnement de l'État.

Lauréat : Henri Brun

Occasion : Le constitutionnaliste a été récemment fait chevalier de l'Ordre national du Québec.

Il va même jusqu'à prétendre que cet enseignement à l'école secondaire est plus important que celui d'éthique et de culture religieuse. «Je trouve déroutant de voir arriver des garçons et des filles dans leurs premiers cours de baccalauréat en droit qui ne savent presque rien de nos institutions démocratiques», laisse tomber le constitutionnaliste qui a récemment été fait chevalier de l'Ordre national du Québec. C'est en raison de cette distinction qu'il a été choisi lauréat de la semaine Le Soleil-Radio-Canada.

Pourtant, le droit constitutionnel n'a rien de sorcier, poursuit-il. «L'État, c'est ce qui nous permet de vivre en société», explique simplement l'avocat qui, malgré son titre de spécialiste réputé, évite en conversant le jargon juridique indéchiffrable au commun des mortels.

Henri Brun parle d'ailleurs avec beaucoup de fierté de son dernier ouvrage qui présente l'abc de son champ d'expertise de façon simple et accessible, une petite plaquette intitulée Les institutions démocratiques du Québec et du Canada. Pourtant, il pourrait davantage s'enorgueillir d'être l'auteur de l'ouvrage Charte des droits de la personne et du traité Droit constitutionnel, la référence sur l'état du droit constitutionnel canadien et québécois consulté par ses pairs et cité par les tribunaux et de la province et du pays. «C'était l'aboutissement de mes cours et de mes recherches. Je voulais mettre tout ça dans l'ordre. Je ne pensais pas que ça deviendrait un jour un ouvrage de référence!»

Une vocation

«C'est vraiment ma vocation», affirme-t-il au sujet de sa carrière d'enseignant qui a un prolongement dans les médias. L'avocat s'est toujours fait un devoir de répondre aux journalistes, et ce, dans le but de vulgariser son sujet de prédilection qui touche la plupart du temps à l'actualité. Que ce soit le Sénat, les commissions scolaires ou d'éventuelles nouvelles négociations constitutionnelles, Henri Brun donne son avis généreusement. Son nom a été aussi associé à la charte des valeurs du gouvernement Marois alors que son point de vue d'expert avait été sollicité.

Malgré ses allégeances souverainistes et sa proximité avec les partis qui partagent ses convictions, l'appel de la politique n'a jamais été assez fort pour qu'il fasse le saut. Il en aurait eu l'occasion, notamment lorsque Jacques Parizeau était premier ministre, confie-t-il. Mais Me Brun a préféré demeurer dans l'ombre, notamment à titre de corédacteur de la déclaration d'indépendance de l'ancien chef du Parti québécois qui n'a finalement jamais servi.

Il a toutefois fait une incursion dans la fonction publique dans les années 70. L'avocat a mis sur pied la direction du droit constitutionnel du gouvernement du Québec. «Les choses constitutionnelles étaient jusqu'alors confiées par mandat à des firmes privées», raconte M. Brun, qui trouvait cette situation incongrue. «C'est ce qui m'a amené le plus souvent devant les tribunaux dans ma carrière», évoque-t-il au sujet de cette période pendant laquelle il a quitté la Faculté de droit de l'Université Laval.

Un départ progressif

Si, à 76 ans, il juge qu'il a de moins en moins de chances de voir le Québec devenir indépendant, il estime plus possible d'être témoin de nouvelles rondes constitutionnelles. «On ne peut pas accepter indéfiniment une constitution cadenassée!» exprime le spécialiste, ajoutant qu'il voit d'un bon oeil les vues du premier ministre Philippe Couillard à cet égard. «Je pense qu'on y arrivera, il y a de nombreux sujets incontournables» auxquels il faut s'attaquer, insiste-t-il. En plus du Sénat et de l'absence de considération à l'égard d'un des deux peuples fondateurs du pays, il croit que la nomination des juges à la Cour suprême par le gouvernement pose «un problème d'apparence d'indépendance».

Ne comptez cependant pas sur Henri Brun pour participer activement à ces futurs débats alors qu'il procède subtilement mais habilement à un «retrait progressif» de la vie active. Après une carrière bien remplie, il consacre désormais beaucoup de temps à sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, qu'il accueille avec beaucoup de plaisir dans sa maison de campagne en Beauce. Reste à savoir s'il pourra réellement demeurer silencieux lorsque des sujets chauds sur lesquels il a travaillé toute sa vie feront les manchettes...

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