Chantal Arguin: défoncer les portes closes

En 2000, Chantal Arguin est devenue la première... (Le Soleil, Erick Labbé)

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En 2000, Chantal Arguin est devenue la première femme à accéder à la présidence de l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Chantal Arguin a toujours eu de l'ambition. Le milieu dans lequel elle évolue depuis le début de sa carrière ne l'a pas empêchée de monter les échelons, bien au contraire. Car si une porte se ferme devant Chantal Arguin, elle la défonce. Point final.

«Quand on me dit que je ne peux pas le faire, habituellement, je le fais. C'est vraiment ce qui me motive», souligne-t-elle.

Mme Arguin a été la première femme à devenir présidente de l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec (OAGQ), en 2000. Deux ans avant, alors qu'elle était membre du conseil d'administration de l'OAGQ, elle a mentionné son souhait de devenir présidente. «Il y a un monsieur qui a répondu : "Jamais, il va y avoir une femme présidente de notre ordre professionnel"», raconte-t-elle.

Il n'en fallait pas plus pour qu'elle se lance activement dans les démarches pour accéder à la présidence, ce qu'elle a finalement atteint après avoir été élue à l'unanimité. Elle est ainsi devenue la première femme, et la plus jeune présidente de l'OAGQ.

«C'est pas difficile. Je suis comme ça. Tellement, que j'ai fait exprès pour être enceinte durant ma présidence», pour montrer qu'on pouvait occuper un poste de direction et avoir des enfants en même temps.

Chantal Arguin raconte également au Soleil le moment où, peu de temps après l'obtention de son baccalauréat à l'Université Laval, en 1990, elle s'est rendue dans une soirée d'arpenteurs-géomètres à Trois-Rivières, et un collègue a refusé de lui serrer la main.

«J'étais la première femme arpenteuse de la Mauricie», relate-t-elle. «Il était vieux, mais il a quand même refusé de me serrer la main. Ça a été mon premier choc! [...] Mon goût de me dépasser est venu de là.»

Avec le recul, elle affirme que ces gestes, qui auraient pu la décourager, ont plutôt eu l'effet de «coups de pouce» pour la mener encore plus loin.

En 1996, elle devient directrice générale du plus gros consortium d'arpenteurs-géomètres du Québec, le groupe BGJLR. Mais Chantal Arguin a également un fort esprit entrepreneurial.

Elle fonde en 2002 le groupe Trifide, qui se spécialise en production de données à référence spatiale et de services sur mesure en géomatique.

«C'est l'avant Google Earth», explique la femme d'affaires.

Son entreprise l'a menée à réaliser des projets partout dans le monde, dont à Hong Kong, au Mexique et à Prague.

Grande modestie

À l'inverse de son côté fonceur, Chantal Arguin reste très modeste- pour ne pas dire peu confiante - lorsqu'un hommage lui est rendu. Elle évoque notamment le «sentiment de l'imposteur» lorsque Le Soleil lui annonce qu'elle a été nommée lauréate de la semaine Le Soleil-Radio-Canada.

Même son de cloche pour ce qui est de la médaille Gloire de l'Escolle, qu'elle recevra mardi lors d'une cérémonie qui rend hommage à des diplômés de l'Université Laval ayant particulièrement fait honneur à l'institution et à leur profession par leurs activités professionnelles et leur contribution à la société. Mme Arguin sera honorée aux côtés notamment de Gérald Cyprien Lacroix, de Linda Marquis et de Rose Dufour.

«Qu'est-ce que j'ai fait? J'ai rien fait, entre toi pis moi», lance-t-elle. «J'ai juste fait mon possible [...], et ça fait partie de mon ADN d'être impliquée.»

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