Diane Landry: une artiste en mouvement

«J'ai l'impression que je n'ai pas fini de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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«J'ai l'impression que je n'ai pas fini de dire ce que j'ai à dire», constate l'artiste Diane Landry, dans le métier depuis 28 ans.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

Lauréate: Diane Landry

Occasion: Elle vient de remporter le prix Mois Multi, après avoir obtenu en décembre la Bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle.

Dans son sympathique atelier de la rue Prince-Édouard, niché dans un ancien garage retapé, Diane Landry bricole ses oeuvres «mouvelles». Sur les étages, boulons, engrenages et manivelles font parfois plus penser à une quincaillerie qu'à un atelier. 

C'est que l'artiste de Québec aime donner une nouvelle vie aux objets de la vie quotidienne. Lors du passage du Soleil, elle travaillait sur une roue de bicyclette ornée de bouteilles d'eau. Un des nombreux rouages de son installation Le chevalier de la résignation infinie, sorte de moulin à vent moderne qui distille le temps qui passe. «Je pense que le mouvement ajoute à l'idée d'une deuxième vie. Parce que la vie, c'est quelque chose qui bouge, même si c'est subtil», analyse l'artiste.

Diane Landry est l'auteure d'une oeuvre multidisciplinaire ludique qui mêle installation, performance et vidéo. On l'a vue, entre autres, occuper l'espace d'Engramme, sur la pointe de l'immeuble de Méduse, avec Brise-glace, une performance pendant laquelle elle «voguait» en canot sur de grandes vagues de plastiques étonnamment poétiques.    

La performeuse et sculptrice n'a pas le parcours classique auquel on s'attend. Elle a d'abord fait un détour par l'agriculture, un emploi physique qu'elle a «beaucoup aimé», avant de tout lâcher, à 25 ans, pour tenter la vie d'artiste. Elle se voyait peintre, mais très vite, l'envie de sculpter, de travailler l'objet s'est imposée. À l'issue de son baccalauréat en arts visuels à l'Université Laval, terminé en 1987, le milieu l'a tout de suite soutenue. 

Depuis, elle n'a jamais arrêté. «J'ai l'impression que je n'ai pas fini de dire ce que j'ai à dire. Souvent, je trouve que quand je termine un projet, j'ai une idée pour un autre projet, qui m'amène à faire le suivant... c'est un peu comme une grande chaîne», compare l'artiste.

Le travail de Diane Landry a rapidement voyagé, à travers le Canada, mais aussi aux États-Unis, au Mexique, en Argentine, en Europe, en Australie et même en Chine. En décembre, le Conseil des arts et des lettres du Québec lui a décerné la prestigieuse Bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle, assortie d'un montant de 60 000 $. Le mois dernier, c'était au tour des productions Recto-Verso, avec qui elle travaille depuis de nombreuses années, de lui décerner le prix Mois Multi, pour la qualité de son travail en arts multidisciplinaires. «La reconnaissance, ça n'a pas de prix», admet la récipiendaire de nombreuses autres distinctions.

La coureuse

L'étonnement nous prend quand on remarque dans un coin du site Web de Diane Landry (dianelandry.com) un onglet intitulé Courses, qui rassemble une liste de résultats de marathons et des photos de la femme, en sueur, mais radieuse. Une artiste en mouvement, dans tous les sens du terme!

«Au départ, je voulais simplement un endroit où je pourrais mettre mes résultats pour m'en souvenir», raconte-t-elle en riant. Si l'ajout au site professionnel peut sembler étrange, il s'est avéré payant pour l'artiste. Son agente aux États-Unis, où le marché de l'art s'appuie beaucoup plus sur le financement privé qu'ici, a conquis bien des donateurs en dévoilant ce côté étonnant de sa protégée. 

Quand on lui parle de course, Diane Landry s'anime autant que pour son travail. Si elle a toujours été sportive, ce n'est que depuis 2008 qu'elle s'adonne à ce passe-temps physique. Une façon, surtout, de pouvoir bouger, peu importe l'endroit où elle se trouve dans le monde. On peut aussi s'attendre à la croiser, sur le bord de la Saint-Charles, en train de s'éclaircir l'esprit. «La course à pied m'aide à simplifier les choses», précise-t-elle. Parce qu'un pas après l'autre, le mouvement continue...

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