Gertrude Bourdon: la ténacité incarnée

Gertrude Bourdon, directrice du CHU de Québec, attribue... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Gertrude Bourdon, directrice du CHU de Québec, attribue sa ténacité et sa persévérance à la manière dont elle a été élevée, dans une famille de huit enfants.

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(Québec) Gertrude Bourdon, directrice générale du plus gros centre hospitalier universitaire au Québec, est originaire de Saint-Cyprien de Dorchester. La patronne du CHU de Québec se plaît à dire «Dorchester». Cette appellation a été remplacée par celle de Bellechasse.

Présentation

Lauréate : Gertrude Bourdon, directrice générale du CHU de Québec

Occasion : Elle a été choisie l'une des 100 femmes les plus influentes au Canada en 2014 par le Réseau des femmes exécutives, fondé en 1997.

Saint-Cyprien est un petit village avec une population d'environ 600 personnes. Ses limites touchent à celles de l'État du Maine, à l'est de la Beauce. Notre lauréate de la semaine, qui a été choisie dernièrement parmi les 100 femmes les plus influentes au Canada, est fière de ses origines.

Mme Bourdon ne refuse pas les demandes d'aider le milieu où elle a passé son enfance. L'an dernier, elle a accepté d'être conférencière à un souper-bénéfice, à Lac-Etchemin, pour amasser des fonds pour la radio locale.

Elle confie que les grands espaces à Saint-Cyprien ont sûrement eu un effet sur sa façon de voir la vie et d'être ce qu'elle est aujourd'hui. La vie de famille et les valeurs familiales ont également façonné la directrice générale du CHU de Québec. C'est ce qui pourrait expliquer en partie sa persévérance, sa ténacité et la confiance pour occuper des fonctions de grande responsabilité. Le budget du CHU dépasse 1,1 milliard $ par année et l'établissement compte plus de 14 000 employés, dont des centaines de médecins.

«Je viens d'une famille de huit enfants. On argumentait beaucoup. Mon père était opiniâtre, et j'étais l'obstineuse. J'ai appris beaucoup de cette façon. Dans mon équipe de direction, les gens ont le droit de m'obstiner. Des fois, je leur demande de ne pas m'obstiner», a-t-elle exprimé en riant.

«On fait davantage évoluer l'organisation quand les gens osent. La pensée unique, ce n'est pas bon. Il faut avoir des gens qui nous obstinent, qui nous challengent, qui nous disent : "Je comprends rien de ce que tu me dis"», a-t-elle ajouté.

Une autre influence est possiblement son côté femme d'affaires ou femme entrepreneure. Avant d'être infirmière, elle avait étudié en techniques administratives. Elle avait ouvert un petit commerce. C'est lors d'une visite d'un proche à l'hôpital qu'elle a choisi sa voie.

À ses débuts comme infirmière, Mme Bourdon avait quelques années de plus que ses consoeurs fraîchement diplômées comme elle. Son expérience, son sens de l'organisation et sa capacité à trouver les consensus ont été appréciés par plusieurs. Elle s'est spécialisée aux soins intensifs néonataux, un domaine où la charge émotive est souvent très grande en raison de la vulnérabilité des poupons.

Aujourd'hui, la directrice générale du CHU de Québec pilote le plus important projet d'investissement dans le secteur de la santé à l'extérieur de Montréal. L'agrandissement controversé de l'Enfant-Jésus coûtera au moins 2,1 milliards $. Peut-être plus. On en aura une très bonne idée d'ici quelques mois.

Manque de réseaux

Par ailleurs, Mme Bourdon croit que la présence restreinte des femmes à des postes de haute direction dans les entreprises et les organismes publics s'explique en partie par le manque de réseaux de femmes. «Les femmes ont moins de modèles que les hommes. Il y a des boy's clubs, mais il n'y a pas beaucoup de girl's clubs. Des gars qui ont étudié ensemble se sont connus au Séminaire, dans les écoles, ce sont des réseaux», a-t-elle dit.

Elle reconnaît que bien des femmes ne se sentent pas en confiance pour occuper des fonctions élevées, bien qu'elles en aient les capacités. «L'ambition chez les femmes, ça s'apprend. La confiance, ça s'apprend. La confiance en son intelligence, mais surtout en l'intelligence des autres. Comment on met ensemble l'intelligence collective, ça s'apprend en même temps que l'on apprend à s'amuser», a conclu notre lauréate.

Le prix des 100 femmes les plus influentes est organisé par le Réseau des femmes exécutives.

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