Les lauréats 2014 du Soleil-Radio-Canada

Jean-Marie De Koninck a été nommé Grand lauréat... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Jean-Marie De Koninck a été nommé Grand lauréat Le Soleil-Radio-Canada pour 2014.

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<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Le journal Le Soleil et Radio-Canada ont récompensé lundi soir les grands lauréats. Ces femmes et les hommes ont fait une différence importante dans leur milieu durant la dernière année. Outre le Grand lauréat 2014 Jean-Marie De Koninck, voici les autres gagnants de la soirée de lundi ainsi que les finalistes.

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Pascal Paradis

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Luc Richer

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Société

Le gagnant, Pascal Paradis (lauréat du 17 août)

Parmi la liste des 25 avocats les plus influents au Canada, établie par le prestigieux magazine Canadian Lawyer, figure Pascal Paradis, cofondateur et directeur général d'Avocats sans frontières Canada. D'un modeste bureau à Québec, Me Paradis travaille depuis 12 ans à «vaincre les plus grandes injustices» mondiales. Celui qui a étudié le droit international à la London School of Economis a d'abord pratiqué le droit des affaires, notamment en Amérique latine. «J'adorais ça, j'ai travaillé avec des collègues extraordinaires, mais je sentais toujours un pincement au coeur quand, du 20e étage de mon hôtel cinq étoiles, je préparais une transaction. Tu vois les bidonvilles de l'autre côté et tu te dis : "Est-ce que c'est pas pour eux que je devrais travailler?"» Il s'est donc lancé à pieds joints dans l'aventure d'Avocats sans frontières Canada, dont la mission est d'appuyer des avocats qui pratiquent dans des pays où l'accès à la justice n'est pas toujours garanti, d'exporter l'expertise des avocats d'ici pour rendre justice à des groupes vulnérables. Aux yeux de Pascal Paradis, «c'est beaucoup le travail d'Avocats sans frontières qui est reconnu» par cette nomination du Canadian Lawyer. «Ça me réjouit de voir ça [...]. C'est une bonne tape dans le dos», dit-il.

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Le coup de coeur, Luc Richer (lauréat du 8 juin)

Luc Richer le dit lui-même : il «aurait sans doute fait plus d'argent avec [ses] idées» s'il s'était lancé en entrepreneuriat dans le secteur privé. Heureusement pour bon nombre de jeunes de Québec, le travailleur social et passionné de sport a plutôt opté pour l'action sociale, fondant l'organisme Motivaction jeunesse en 1998. Ses objectifs : lutter contre le décrochage scolaire, la sédentarité, la délinquance et favoriser l'intégration des jeunes immigrants, tout ça par l'activité physique. C'est ainsi que depuis des années, des centaines de jeunes de Québec courent, pédalent, grimpent et explorent grâce aux activités de Motivaction jeunesse. Et aujourd'hui, le salaire de Luc Richer ne se compte pas en argent, mais plutôt en nombre de fois qu'il voit un jeune «transcender ses propres limites».

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LES FINALISTES

David Blair (lauréat du 2 février)

L'avocat anglais David Blair est débarqué à Québec à l'âge de 19 ans. Il s'y est vite découvert une passion pour l'histoire, plus particulièrement pour celle de sa ville d'accueil. «Je considère que je suis extrêmement chanceux de vivre à Québec», dit-il d'ailleurs. «C'est une expérience unique de vivre dans deux langues, deux cultures.» Depuis une quinzaine d'années, M. Blair a oeuvré sans relâche pour donner une nouvelle vigueur au Morrin Centre, situé dans le Vieux-Québec, entre les rues Sainte-Anne et Dauphine, convaincant les gouvernements fédéral, provincial et la Ville de Québec d'y investir 5 millions $. C'est d'ailleurs ce qui a valu à David Blair d'être nommé membre de l'Ordre du Canada en décembre 2013. Une nomination inattendue pour lui, sa candidature ayant été présentée à son insu par des anglophones de Québec. 

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Jean-Marc Vaillancourt (lauréat du 9 février)

C'est la tendresse, la compassion et la sensibilité du retraité Jean-Marc Vaillancourt qui l'ont mené à accomplir son long parcours d'implication sociale. Ancien professeur de philosophie au Collège Mérici, l'homme de 75 ans est aujourd'hui président de la conférence Saint-Vincent-de-Paul de Duberger et président du conseil central de l'organisme pour la région de Québec et de la Chaudière-Appalaches. Ce n'est pas tout: il produit bénévolement des déclarations de revenus pour les personnes démunies, et s'implique auprès des immigrants depuis une quarantaine d'années. Il est d'ailleurs parrain de deux petits Colombiens de 6 et 10 ans. Ce qu'il retire de son parcours? «Ce n'est pas tellement les remerciements, même s'ils viennent de temps en temps. C'est plutôt le sentiment d'avoir répondu à un besoin.»

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Michel Gervais (lauréat du 13 avril)

Michel Gervais a occupé le poste de recteur de l'Université Laval de 1987 à 1997, décennie qu'il qualifie d'«expérience humaine unique». Son passage au rectorat a été marquant pour l'université qui, en 10 ans, a vu sa dette de 15 millions $ transformée en surplus de 3 millions $. Pourtant, rien ne laissait présager une carrière administrative pour M. Gervais, lui qui détient un doctorat en théologie de l'Université Saint-Thomas-d'Aquin, à Rome. Après son passage au rectorat de l'Université Laval, Michel Gervais s'est vu confier la direction générale du plus vieil hôpital psychiatrique au Québec, le Centre hospitalier Robert-Giffard. Sa carrière passée à enrichir la ville de Québec lui aura finalement permis d'être intronisé, en 2014, à l'Académie des Grands Québécois de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec pour le secteur social.

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Annie Côté (lauréate du 4 mai) 

À l'adolescence, Annie Côté était passionnée par les histoires d'agents secrets et de messages codés. Aujourd'hui enseignante de français à l'école secondaire des Sentiers, à Charlesbourg, Mme Côté déterre ses passions d'enfance pour intéresser ses élèves à l'écriture. À l'automne 2013, elle a offert un tout nouveau cours aux élèves de première secondaire manquant d'intérêt envers l'école. Toutes les deux semaines, les élèves de Mme Côté recevaient une «mission», qui consistait en un message à décoder relatif à la lecture et à l'écriture. Quand la «mission» était terminée, les élèves devaient raconter leur expérience sur un blogue. Un projet innovateur qui a permis à Annie Côté de remporter le prix Ken Spencer pour l'innovation en enseignement, remis par l'Association canadienne d'éducation.

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Jean-Claude Bellavance (lauréat du 20 juillet)

Bénévole à la Croix-Rouge depuis 12 ans, Jean-Claude Bellavance en a reçu la plus haute distinction, soit l'Ordre de la Croix-Rouge, en juin dernier. Celui qui est aujourd'hui président de la Croix-Rouge pour le Québec a commencé à s'y impliquer après avoir pris sa retraite. Il était alors attiré par l'idée d'améliorer les conditions d'existence des personnes vulnérables. M. Bellavance parle d'ailleurs avec passion de cet organisme qui vient en aide aux sinistrés, mais se fait beaucoup moins volubile lorsque vient le temps de parler de son implication. «Je suis toujours mal à l'aise de parler de moi», affirme-t-il, humblement. Jean-Claude Bellavance a notamment travaillé dans l'ombre pour organiser l'aide aux sinistrés de Lac-Mégantic et de la Gaspésie, à la suite d'inondations survenues en 2007.

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Guy Boutin (lauréat du 31 août)

La Fondation du Petit Blanchon travaille actuellement à la construction d'une maison destinée à des enfants de 3 à 8 ans abusés ou abandonnés. Elle s'appellera le Phare du Blanchon, et sera située à Saint-Gabriel-de-Valcartier. Mené en collaboration avec le Centre jeunesse de Québec, le projet est une initiative de Guy Boutin, président de la Fondation du Petit Blanchon. Pour cet homme d'affaires, la générosité est une affaire de famille, particulièrement celle envers les enfants de milieux défavorisés. «J'ai toujours vu ma mère faire des boîtes de linge pour les autres. Veux, veux pas, ça reste.» Depuis une trentaine d'années, Guy Boutin amène d'ailleurs des enfants dans les magasins durant le temps des Fêtes pour leur acheter des cadeaux. Une activité qui lui coûte plus de 35 000 $ par année.

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Huguette Gagnon (lauréate du 7 septembre)

On peut dire que Huguette Gagnon a ouvert la voie à une génération d'avocates au Québec. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'elle a remporté en mai dernier le Grand Prix pour l'avancement de la femme lors du gala annuel Femmes de mérite de la YWCA Québec. C'est qu'en 1981, Me Gagnon était la première femme au Québec à devenir arbitre de griefs - l'équivalent de juge dans le domaine du droit du travail. Elle n'avait pourtant pas eu la tâche facile, le cours classique - programme requis pour faire des études en droit - étant réservé aux garçons. Qu'à cela ne tienne, Huguette Gagnon a obtenu un diplôme en bibliothéconomie, avant de se lancer dans un baccalauréat ès arts, pour ensuite pouvoir entrer en droit. Une ténacité hors du commun, qui persiste même après plus de 30 ans de carrière.

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Soeur Simone Voisine (lauréate du 14 septembre)

Membre de la communauté des Soeurs de la Charité, ex-enseignante, ex-militante syndicale de la CSN, souverainiste engagée et docteure en littérature. Voilà quelques-uns des rôles qu'a occupés Simone Voisine au cours des années. Parmi toutes les causes auxquelles a contribué la religieuse de 87 ans, son engagement auprès des démunis est toujours demeuré son leitmotiv, sa priorité. «La base de mon engagement a toujours été de servir les gens et d'être présente au monde», dit-elle. C'est pourquoi elle a supervisé pendant près de 20 ans la soupe populaire de sa congrégation, à la place D'Youville. «C'était ma famille, j'avais toujours hâte de les revoir», affirme Simone Voisine au sujet des bénéficiaires et des bénévoles. «J'en ai retiré une immense richesse. Ç'a été les 18 plus belles années de ma vie.»

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Denis Leclerc

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Économie et affaires

Le gagnant, Denis Leclerc (lauréat du 26 octobre)

Tout a commencé avec François Leclerc, qui a fondé l'entreprise Biscuits Leclerc en 1905. Ont ensuite pris successivement la relève Donat, Jean-Robert, puis Denis, l'actuel président de la compagnie de 750 employés. Quatre générations de Leclerc qui ont travaillé d'arrache-pied pour assurer une longévité à l'entreprise. Et ça semble vouloir se poursuivre, avec l'arrivée dans le portrait des fils de Denis, Jean-Sébastien et Alexandre, tous deux impliqués dans l'entreprise. «Moi, mon travail, c'est de faire en sorte que l'entreprise soit encore debout en 2060», affirme Denis Leclerc. À ses débuts au sein de la compagnie familiale, M. Leclerc s'était vu confier la tâche de prospecter le marché américain. Il a manifestement pris son rôle au sérieux, car Biscuits Leclerc possède aujourd'hui trois usines aux États-Unis. Pour lui, il ne fait aucun doute que la croissance devait passer par nos voisins du sud. «Chaque fois que nous allons chercher de la croissance aux États-Unis, ça permet de faire rouler nos usines au Canada, car des produits fabriqués ici sont vendus là-bas.» La cerise sur le gâteau : Biscuits Leclerc a récemment été désigné comme fournisseur de l'année par CVS, l'une des plus importantes chaînes de pharmacies aux États-Unis.

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LES FINALISTES

Anne Gaboury (lauréate du 12 janvier)

Anne Gaboury l'affirme sans détour : «Je suis une Lévisienne d'abord et avant tout.» À la tête de Développement international Desjardins, elle est pourtant amenée à voyager un peu partout à travers le monde afin de développer des services financiers pour des petits épargnants, des agriculteurs, des entrepreneurs de pays en développement. Pour elle, ce contact avec le monde est une source intarissable de stimulation. «J'en reviens toujours enrichie à la fois sur le plan professionnel et, encore aujourd'hui, extrêmement enrichie sur le plan personnel.» L'an dernier, Anne Gaboury a reçu la médaille Georges-Henri-Lévesque, remise par la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval pour souligner sa «contribution remarquable à l'avancement de la société, que ce soit ici, au pays ou à l'étranger».

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Michel Gaudreau (lauréat du 11 mai)

Michel Gaudreau est le fondateur de Novik, une entreprise spécialisée dans le revêtement extérieur. Entrepreneur dans l'âme, il y avait à l'époque vu une opportunité d'affaires et s'y était lancé à pieds joints. «Ma grande force, c'est d'avoir perçu à l'avance des opportunités d'affaires, de les avoir développées et d'avoir exploité le marché», assure-t-il. «Je voyais l'opportunité, j'y croyais et je voulais réussir.» Récemment, soit environ 30 ans plus tard, M.Gaudreau a choisi de vendre son entreprise à une société américaine. C'est qu'il croit que d'autres personnes pourront amener la compagnie dans une nouvelle phase d'expansion sur le marché des États-Unis. Son rêve pour la suite: donner au suivant, que ce soit par mentorat ou par une aide financière à de nouveaux entrepreneurs.

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Charlyne Ratté (lauréate du 18 mai)

En prenant la relève de l'entreprise avec son frère Stéphane en 2001, Charlyne Ratté devenait la quatrième génération de la famille Ratté à diriger le Groupe Ratté, fondé en 1934. À la tête d'une entreprise ayant un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de millions de dollars, on peut dire que Charlyne Ratté n'a pas froid aux yeux. D'autant plus qu'elle performe dans un monde d'hommes, celui des pneus. Aujourd'hui, son frère et elle dirigent huit magasins et trois mégas centres de distribution. Des chiffres qui continueront d'augmenter, à en croire Mme Ratté, qui se charge du développement des affaires et de l'expansion de la compagnie. En 2014, sa détermination lui a valu d'être choisie comme Coup de foudre d'affaires de l'année par l'Association des femmes entrepreneures de Québec.

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Pierre Moisan (lauréat du 15 juin)

À 14 ans, Pierre Moisan lisait Le Monde diplomatique et était passionné par les questions internationales. Après des études en droit, il a travaillé comme avocat chez Grondin Poudrier, où il a été pionnier en droit des contrats internationaux et de la propriété intellectuelle. En 1994, changement de cap, M. Moisan quitte le monde du droit pour se lancer dans l'industrie du divertissement. Le côté artiste prenait alors le dessus chez cet homme qui aime la musique au point d'en jouer, qui adore les bandes dessinées et la littérature. Vice-président stratégie corporative chez Frima Studio depuis maintenant neuf ans, Pierre Moisan a reçu en mai dernier la médaille Gloire de l'Escolle, remise par l'Association des diplômés de l'Université Laval pour souligner son apport à la profession.

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Louis-Marie Beaulieu (lauréat du 13 juillet)

On sent la fierté de Louis-Marie Beaulieu, président du conseil et chef de la direction de Groupe Desgagnés, lorsqu'il parle des initiatives mises en place par l'entreprise pour «adopter des pratiques d'avant-garde dans une perspective de développement durable». Le Groupe Desgagnés a notamment mis sur pied un projet accrédité par Recyc-Québec à bord du navire Camilla-Desgagnés, un projet qui a permis d'y atteindre un taux de recyclage de 84,5 %. «Il s'agissait du premier navire en Amérique du Nord à participer à un tel exercice de récupération», explique M. Beaulieu. Cette réalisation a permis au Groupe Desgagnés de remporter, l'été dernier, le Prix maritime des Amériques dans la catégorie Meilleures pratiques en gestion environnementale des déchets en navigation commerciale.

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Antoine Viel (lauréat du 3 août)

DirectMusicOnline, c'est la boutique sur eBay du musicien Antoine Viel, dont il s'occupe à temps plein depuis sept ans. Il y vend des instruments de musique partout sur la planète, et les expédie en un temps record. Sa première vente en ligne, il l'a faite auprès d'un acheteur australien il y a 10 ans. En 2010, eBay Canada a remis à Antoine Viel le prix Innovateur de l'année, après qu'il eut convaincu Musique Gagné, son ancien employeur du quartier Saint-Sauveur, de passer aux ventes en ligne dans les pages d'eBay. C'est qu'il venait de «moderniser un magasin de musique centenaire en le mettant en ligne», explique eBay Canada. Et voilà qu'en 2014, Antoine Viel a été nommé Entrepreneur étoile par eBay Canada, devenant ainsi le porte-parole de son concours Prix de l'entrepreneur de l'année.

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Christian Racicot (lauréat du 9 novembre)

«Je ne pensais pas que ça allait m'arriver un jour. Je suis très honoré. Vous savez, moi, je suis plutôt très low profile», disait Christian Racicot à propos de sa nomination comme lauréat Le Soleil-Radio-Canada. C'est pourtant lui qui, depuis une dizaine d'années, convainc les grosses pointures mondiales de l'investissement privé de venir à Québec pour participer à la Conférence de Québec. Il s'agit d'une des rares occasions que possèdent les leaders internationaux de l'investissement privé pour échanger entre eux. Il y a 10 ans, Christian Racicot souhaitait encourager le démarrage de nouvelles entreprises à Québec. Il a donc invité quelques investisseurs américains à venir rencontrer des entrepreneurs du coin et discuter de la science du financement. C'était le début de la Conférence de Québec.

Marie-Philip Poulin... (PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, ARCHIVES LE SOLEIL) - image 4.0

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Marie-Philip Poulin

PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, ARCHIVES LE SOLEIL

Loisirs et sports

La gagnante, Marie-Philip Poulin (lauréate du 2 mars)

Les uns surnomment Marie-Philip Poulin la «Sidney Crosby du hockey féminin», les autres n'hésitent pas à la désigner comme meilleure joueuse de hockey au monde. La finale de hockey féminin aux Jeux olympiques de Sotchi aura donné raison à tout ce beau monde, alors que Marie-Philip Poulin a permis à son équipe de littéralement arracher la victoire aux Américaines. D'abord, en égalisant la marque 2-2, à 55 secondes de la fin du temps réglementaire. Puis, en inscrivant le but victorieux à 8:10 de la prolongation. Ces deux buts survenaient quatre ans après son exploit de Vancouver, où elle avait également marqué deux buts en finale. Dans les minutes qui ont suivi sa performance à Sotchi, la Twittosphère n'en avait que pour la Beaucevilloise de 22 ans : «S'il continue dans cette direction, Sidney Crosby sera peut-être le prochain Marie-Philip Poulin!» Soudainement, les rôles étaient inversés. C'était au tour d'une joueuse de l'équipe féminine de hockey d'inspirer la nation. Mais après une année 2014 de rêve, la très humble athlète ne se laisse pas impressionner et se tourne vers l'avenir. Elle se concentre sur le prochain Championnat du monde, qui se tiendra en Suède en avril... et garde un oeil attentif sur les Jeux olympiques de 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

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LES FINALISTES

Marie-Michèle Gagnon (lauréate du 19 janvier)

Il y a un an, la skieuse québécoise Marie-Michèle Gagnon remportait sa première victoire en Coupe du monde de ski alpin, au super combiné d'Altenmarkt-Zauchensee, en Autriche. Âgée de 24 ans, elle se préparait alors pour les Jeux de Sotchi, ses deuxièmes Jeux olympiques. «D'avoir goûté à la victoire une fois, ça me donne un bel élan vers Sotchi», avait-elle alors confié. Malheureusement, son expérience olympique a été contrecarrée dès ses débuts par une chute spectaculaire et une dislocation de l'épaule. Ce n'est que partie remise pour Marie-Michèle Gagnon, qui se concentre maintenant sur les Jeux de 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud. D'ici là, elle demeure l'enfant chérie de Lac-Etchemin, la petite communauté où elle a grandi, et conserve la «Pitch à Mitch», une piste nommée en son honneur au mont Orignal.

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Kim Lamarre (lauréate du 16 février)

À Sotchi, la freeskieuse Kim Lamarre a remporté la médaille de bronze à la toute première épreuve de slopestyle en ski acrobatique dans l'histoire des Jeux olympiques. «Je n'ai pas encore complètement réalisé que j'ai gagné une médaille olympique», avait-elle dit au Soleil quelques jours plus tard. C'est que l'athlète de Lac-Beauport ne l'a pas eu facile dans les dernières années. Opérée deux fois au genou droit, Kim Lamarre a été exclue de l'équipe canadienne de ski acrobatique avant les Jeux olympiques, faute de résultats. Et après sa gloire à Sotchi, voilà que la malchance s'est abattue à nouveau sur elle en décembre. Une commotion cérébrale et une fracture à l'épaule l'ont écartée des X Games, la plus importante compétition de l'année, qui se déroulait jusqu'au dimanche 25 janvier au Colorado.

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Dominique Maltais (lauréate du 23 février)

Quand on pense à Petite-Rivière-Saint-François et aux pentes de ski, on pense automatiquement à la planchiste Dominique Maltais qui, il y a un an, revenait de Sotchi avec une médaille d'argent au cou. «Je pense que c'est une revanche de Vancouver, ç'a été quatre ans de travail ardu pour me reprendre», disait-elle alors. On se souvient qu'en 2010, une contusion au poumon et un pneumothorax avaient eu raison de son rêve olympique. Par ailleurs, elle qui disait, en revenant de Sotchi, vouloir «terminer ma carrière sur une belle note» vient finalement de se lancer dans une nouvelle saison sur le circuit. «Je le fais pour moi!» Le 16 janvier, la quintuple récipiendaire du Globe de cristal a terminé cinquième à l'épreuve de snowboardcross des Championnats mondiaux de Kreischberg, en Autriche.

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Jean-Charles Ouellet et François Calletta (lauréats du 9 mars)

Créé en 2005, le Pentathlon des neiges de Québec n'était au départ qu'une idée lancée par le maniaque de sports et fou de l'hiver Jean-Charles Ouellet. Onze ans plus tard, le Pentathlon - une course de vélo, de course, de ski, de patin et de raquette à faire seul ou en équipe - est sans contredit le plus grand événement multisport hivernal au monde. C'est en s'associant à son ami François Calletta, en 2007, et en profitant des Fêtes du 400e de la Ville de Québec pour investir les plaines d'Abraham que M. Ouellet a réellement donné un élan à l'organisation. L'an dernier, pas moins de 5321 personnes ont participé à l'événement, une croissance constante depuis ses débuts. Le 11e Pentathlon des neiges de Québec se tiendra du 31 janvier au 1er mars sur les plaines d'Abraham.

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Frédérique Trudel (lauréate du 27 juillet)

Du haut de ses 5 pieds, de ses 100 livres et de ses 20 ans, la cycliste de Québec Frédérique Trudel en est déjà à quatre titres de championne canadienne de cross-country en vélo de montagne. Ses deux premiers ont été acquis chez les moins de 19ans (juniors), et ses deux plus récents, dans la catégorie des moins de 23 ans (espoirs). «J'ai choisi un sport où la grandeur ne change rien. Même que ça m'aide! Mon ratio poids-puissance est plus grand», lance-t-elle. Son plus récent titre a été remporté l'été dernier à Hardwood Hills, en Ontario, où elle a rattrapé un retard de 37 secondes et s'est taillé une avance de 41 secondes sur la meneuse dans le dernier tour de l'épreuve afin de demeurer championne canadienne. Le prochain objectif de la jeune athlète : les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.

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Audrey Lacroix (lauréate du 10 août)

La nageuse de Pont-Rouge Audrey Lacroix était habituée à composer avec le stress dans les jours précédant une compétition. Mais lorsque ce stress est devenu pratiquement incontrôlable, l'athlète a demandé de l'aide. En 2011, le diagnostic est tombé : elle souffrait d'un trouble de l'anxiété. Ne se laissant pas abattre, Audrey Lacroix a appris petit à petit à gérer sa condition. Le travail et la patience auront finalement payé, l'athlète ayant remporté l'or aux derniers Jeux du Commonwealth à l'épreuve du 200 mètres papillon. «C'est venu couronner le cheminement que j'ai fait. C'était une bonne course dans une compétition importante où j'ai dû gérer de l'anxiété, du stress et la pression d'être favorite», explique celle qui y avait gagné la médaille d'argent quatre ans auparavant.

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Magali Harvey (lauréate du 24 août)

2014 a assurément été l'année du rugby féminin au Canada. C'est que l'équipe féminine canadienne a remporté la médaille d'argent à la Coupe du monde de rugby féminin, qui s'est tenue l'été dernier en France. Au sein de cette équipe : l'ailière Magali Harvey, qui a été élue joueuse de l'année au terme du tournoi par l'International Rugby Board. «Le titre, ç'a été un super gros honneur», a fait savoir Magali Harvey. «J'espère que ça va aider à promouvoir le sport et à briser certains stéréotypes.» L'athlète de Québec s'est surtout fait remarquer à la Coupe du monde grâce à un spectaculaire essai de 80 mètres, qui a fait d'elle une vedette internationale instantanée! Magali Harvey a maintenant les yeux tournés vers l'avenir, plus particulièrement sur les Jeux olympiques de 2016, à Rio.

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Dominik Walsh (lauréat du 5 octobre)

«Une saison de rêve», c'est ainsi que Dominik Walsh décrit sa première année à la barre des Diamants de Québec, qui performent dans la Ligue de baseball junior élite du Québec (LBJEQ). L'été dernier, il a mené ses troupes à la conquête du championnat de la saison régulière, du championnat canadien de baseball junior et du titre des séries éliminatoires de la LBJEQ, établissant en cours de route un record de ligue avec 43 victoires. «Nous avons réussi quelque chose qui ne s'est probablement jamais vécu dans l'histoire du baseball junior élite», a-t-il d'ailleurs lancé. La recette de son succès : créer une bonne ambiance au sein de l'équipe. «Le plus grand défi d'un coach n'est donc pas sur le terrain. Il est à l'extérieur, dans le vestiaire. Il faut que tout le monde trouve son compte et soit heureux.»

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Helder Duarte (lauréat du 16 novembre)

En 1995, Helder Duarte lançait le programme de soccer féminin du Rouge et Or. Pratiquement 20 ans plus tard, et pour la première fois, l'équipe a remporté en novembre le championnat canadien universitaire, le premier triomphe d'une formation québécoise en 28 ans d'histoire du tournoi. Un succès pas surprenant, selon l'entraîneur Duarte, qui disait être en présence du «meilleur groupe de joueuses qu'on a eu en 20 ans à l'Université Laval». «Dès l'entraînement présaison, on réussissait des choses qu'on n'avait jamais réussies avant.» Helder Duarte envisage maintenant la prochaine saison d'un bon oeil, malgré le départ de cinq de ses piliers, et se dit convaincu que la conquête du titre de championnes canadiennes facilitera le recrutement. «Et celles qui sont déjà ici vont vouloir répéter l'exploit.»

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Hugo Richard (lauréat du 14 décembre)

Hugo Richard le dit lui-même : les gens se souviendront de la saison 2014 de l'équipe de football du Rouge et Or comme étant celle qui a mis fin à sa séquence historique de 11 titres provinciaux consécutifs. Malgré cette défaite crève-coeur en prolongation du match de la Coupe Dunsmore devant les Carabins de l'Université de Montréal, la saison du quart-arrière recru Hugo Richard demeure tout de même digne de mention. Réécrivant le livre des records de l'équipe, du Réseau du sport étudiant du Québec et de Sport interuniversitaire canadien - notamment grâce à des gains de 2578 verges par la passe en saison régulière -, il a reçu le trophée Peter Gorman, remis à la recrue par excellence du football universitaire au pays, en plus d'être en nomination comme joueur canadien par excellence.

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Mélanie Roy

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Jeunesse

La gagnante, Mélanie Roy (lauréate du 23 novembre)

«Moi, quand je fais quelque chose, je le fais à fond!» lance la jeune agricultrice Mélanie Roy, établie à Saint-Patrice-de-Beaurivage, dans Lotbinière. Et ça se voit, car à 22 ans, elle est déjà copropriétaire d'une ferme laitière et d'une entreprise de grandes cultures - où y sont cultivés du blé et du soya -, en plus de participer à la gestion de la ferme familiale de son conjoint. Et rien ne semble pouvoir l'arrêter, pas même les difficultés auxquelles font actuellement face les jeunes agriculteurs qui souhaitent acquérir une ferme. C'est que Mélanie Roy a toujours voulu posséder une ferme laitière comme celle de ses parents. Une indéniable histoire de famille, dans laquelle la jeune femme a finalement choisi de voler de ses propres ailes, laissant à ses trois frères le soin de prendre la relève de la ferme familiale. Récemment, Mélanie Roy a remporté le concours régional des prix Saturne dans la Chaudière-Appalaches Ouest pour son courage, son esprit d'entreprise et ses réalisations. C'était déjà pour elle un grand honneur. Mais voilà qu'à sa grande surprise, elle a également obtenu le prix Jeune Agricultrice de l'année à l'échelle provinciale. «C'est comme une tape dans le dos, illustre-t-elle. Une motivation de continuer et de travailler encore plus fort.»

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LES FINALISTES

Dix élèves de la Courvilloise (Lauréats du 6 avril)

Chalal Louiza, Jean-Christophe Bourgault, Louis-Philippe Boudreau, Marc-Antoine Bureau-Blouin, Arnaud Chaloux, Sara Boily, Jérémie Lépine, Dominic Drolet, Christophe Chouinard et Samuel L'Heureux. Ce sont les 10élèves de l'école secondaire La Courvilloise qui se sont qualifiés en mars dernier pour la finale internationale de la compétition de robotique FIRST (Favoriser l'inspiration et la reconnaissance des sciences et de la technologie), qui a eu lieu à St. Louis, aux États-Unis. Ils s'étaient précédemment démarqués lors du concours provincial, qui regroupait 42 écoles secondaires. Les compétitions FIRST consistent à assembler un robot devant lancer ou attraper un gros ballon à partir d'un certain nombre de pièces obligatoires et d'ajouts, et ne devant pas excéder 4000 $.

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Jean-François Mondou (lauréat du 1er juin)

Le poisson, Jean-François ne fait pas qu'en vendre et en manger, il a ça dans le sang. En effet, la poissonnerie a toujours fait partie de la vie de la famille du côté de sa mère. À l'âge de 29 ans, l'entrepreneur a vu sa génétique refaire surface lorsqu'il a décidé de laisser tomber son projet de restaurant pour ouvrir une poissonnerie dans le quartier Saint-Roch. Grâce à une offre très diversifiée et aux valeurs d'écoresponsabilité sur lesquelles il mise - JEF Poissonnerie-Prêt-à-manger est le seul commerce dans l'Est-du-Québec à être accrédité Ocean Wise, un organisme qui protège les espèces de poisson -, Jean-François Mondou a reçu au printemps dernier la bourse Jeune Entreprise de la Jeune chambre de commerce de Québec, d'une valeur de 65 000 $ en biens et services.

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Raphaëlle-Anne Samson et Jonathan Labbé (lauréats du 29 juin)

Raphaëlle-Anne Samson, 26 ans, et Jonathan Labbé, 35 ans, sont les dirigeants du mouvement Raize, lancé en 2013 et qui vise à changer les habitudes de consommation des Québécois en les amenant à préférer des entreprises qui redonnent une partie de leurs recettes à des organismes de charité. «Les Québécois sont les plus frileux à faire des dons, et ça n'a pas changé depuis 16 ans. On veut changer le statu quo!» affirme Jonathan Labbé. Le caractère unique du mouvement Raize lui a permis de remporter en mai dernier le prix Coup de coeur et le Grand prix MoovJee, remis par la Fondation de l'entrepreneurship. Mais le duo Samson-Labbé ne compte pas s'arrêter là. Il prévoit une expansion à l'extérieur du Québec d'ici 2017. Jusqu'à maintenant, plus de 75 entreprises de Québec se sont jointes au mouvement.

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Pierre-Yves Gigou (lauréat du 2 novembre)

On peut dire que le triathlonien Pierre-Yves Gigou a su conclure en beauté sa carrière chez les amateurs, et accéder en grande pompe au circuit professionnel. Troisième dans la catégorie de 25-29 ans au légendaire triathlon Ironman d'Hawaii, il a terminé au 39e rang du classement général grâce à un chrono de 9 h 06min 21 s. Aucun Canadien n'avait jusqu'alors réussi à se classer dans le top 70 de cette compétition, considérée comme le championnat du monde de la spécialité. En tant que tout nouveau professionnel, Pierre-Yves Gigou ne compte pas participer au triathlon Ironman d'Hawaii en 2015, prévoyant plutôt se concentrer sur d'autres épreuves du circuit. «Mais c'est mon objectif d'y retourner dans trois ou quatre ans et d'y réaliser un gros coup comme un top 15, une performance qui serait le rêve d'une vie.»

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Hugo Laporte (lauréat du 21 décembre)

À 23 ans, le baryton de Québec Hugo Laporte en a impressionné plus d'un au Concours OSM Standard Life, le plus grand concours national d'interprétation au Canada, tenu par l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) en novembre. Il y a remporté le grand prix, toutes catégories confondues, qui comprend notamment une bourse de 15 000 $, un concert avec l'OSM en avril, un enregistrement audio professionnel dans les studios de Radio-Canada et sa diffusion sur les ondes d'ICI Musique, ainsi qu'une tournée de concerts en Amérique du Nord cet été avec le YOA Orchestra of the Americas. Après s'être d'abord tourné vers la musicologie à son entrée à l'université, tous les honneurs qu'il remporte actuellement lui auront finalement donné raison de s'être lancé en chant interprétation il y a un an.

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Frédéric Dubois

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Arts et culture

Le gagnant, Frédéric Dubois (lauréat du 22 juin)

«J'aime que le titre soit long, on dirait qu'il marche, qu'il saute d'un mot à l'autre. J'aime même la confusion qu'il engendre, il n'y a rien d'acquis dans ce titre-là.» Ce sont les propos du créateur Frédéric Dubois à propos du spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant...?, dont il est le directeur artistique. Présenté depuis six ans dans les rues de Québec à l'occasion du Carrefour international de théâtre, l'événement se veut un moyen de faire descendre dans la rue spectateurs et artistes, «dans une grande communion sous les étoiles», illustre Frédéric Dubois. «C'est une messe, une célébration de fin d'année pour le milieu théâtral.» Et question de sortir Québec de son image de carte postale, il a demandé aux concepteurs d'Où tu vas quand tu dors en marchant...? de s'inspirer de la nuit, zone de toutes les peurs et de toutes les permissions. Pas étonnant donc qu'on y voit des soldats qui s'embrassent, des prostituées sur échasses ou des revenants dans une fête foraine. L'événement a été particulièrement populaire en 2014, grâce à l'ajout de six jours - deux fins de semaine - de représentations. Frédéric Dubois espère d'ailleurs que la formule des trois fins de semaine, rendue possible grâce à l'aide de la Ville de Québec, est là pour rester.

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LES FINALISTES

L'Orchestre d'Hommes-Orchestres (lauréat du 20 avril)

«Faire du mystère avec de l'ordinaire.» C'est la mission que s'est donnée l'Orchestre d'Hommes-Orchestres (LODHO), un collectif de six artistes multidisciplinaires créé en 2002. Tous originaires de la région de Québec, Bruno Bouchard, Simon Elmaleh, Simon Drouin, Jasmin Cloutier, Danya Ortmann et Gabrielle Bouthillier forment une équipe où l'éclectisme et l'étrangeté priment. Sur scène ou dans la rue, ils mélangent arts visuels, musique, théâtre, danse et arts urbains afin de créer des activités à l'intérieur du corps, qu'elles soient émotives ou physiques. Une originalité qui leur a récemment valu de remporter le prix Glenn-Gould Protégé de la Ville de Toronto, décerné par Robert Lepage pour souligner l'apport unique de LODHO à l'enrichissement de la condition humaine par les arts.

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Marie-Hélène Vaugeois (lauréate du 25 mai)

Marie-Hélène Vaugeois n'avait pas planifié reprendre les rênes de la Librairie Vaugeois, l'entreprise maternelle qui a ouvert ses portes en 1974 sur l'avenue Maguire. Mais après des études universitaires en communication et en cinéma, elle a réalisé que la librairie et ses clients lui manquaient. Choisissant de s'investir dans l'entreprise de sa mère, le terrain de jeu de son enfance est alors devenu son lieu de travail, lieu dont elle est aujourd'hui copropriétaire. Depuis, elle travaille à faire valoir les écrivains d'ici, et ce, «même si la vente ne se fait pas chez moi». Afin de souligner l'implication de Marie-Hélène Vaugeois, autant dans sa boutique que dans le milieu littéraire québécois en général, l'Association des libraires du Québec lui a remis son Prix d'excellence en mai dernier.

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Nicole Thibault (lauréate du 28 septembre)

Les jeunes qui fréquentent La Maison Jaune l'affirment tout de go : La Maison Jaune, c'est Nicole Thibault. Il y a 15 ans, Mme Thibault fondait l'organisme en question pour y accueillir jeunes et adultes désireux de vivre leur rêve artistique. Avant cela, elle avait porté à bout de bras les Ateliers Imagine, qui fournissaient à près de 600 étudiants par session des cours en arts visuels et en théâtre. Entre les deux, Nicole Thibault a subi un anévrisme, l'obligeant à «deux ans de réhabilitation pour recommencer à parler et à marcher», raconte-t-elle. Ce malheur ne l'a toutefois pas fait dévier de sa mission première, soit celle d'encourager petits et grands à pratiquer un art. Aujourd'hui encore, La Maison Jaune offre des cours en arts visuels, en chant, en danse et en théâtre.

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Vincent Roy (lauréat du 12 octobre)

Le Vieux-Port de Québec était orné de pièces d'art public nées de la vision de Vincent Roy l'été dernier, alors qu'a été inauguré le projet Les Passages insolites. Son objectif, et celui de son organisme EXMURO : sortir l'art des salles d'exposition, «des laboratoires». Fondé en 2007 par Vincent Roy, EXMURO «a dû défoncer quelques portes» pour faire sa place à Québec. Aujourd'hui, toutes les portes lui sont ouvertes, et ses projets sont devenus «une signature» pour la ville, croit M. Roy. Celui-ci a d'ailleurs récemment reçu le Prix du développement culturel 2014, remis par le Conseil de la culture. La plus récente exposition à ciel ouvert d'EXMURO est celle de la Pente-Douce, qui consiste en une véritable galerie d'art déployée sur le long mur érigé au bord de la chaussée.

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Alexandre Fecteau (lauréat du 19 octobre)

À 33 ans, le metteur en scène Alexandre Fecteau a déjà deux productions dans des théâtres professionnels derrière la cravate. Outre Les fées ont soif l'automne dernier à La Bordée, il a signé Rhinocéros, d'Eugène Ionesco, au Trident en 2013. Il se distingue par une approche dans laquelle il attribue un rôle au spectateur afin de «lui faire vivre une expérience personnelle et immédiate», comme il le décrit lui-même. Pour cette démarche innovante, le Conseil des arts du Canada lui a récemment remis le prix John-Hirsh, qui vise à reconnaître le talent d'un metteur en scène en début de carrière. «C'est comme si on me remettait quelque chose entre les mains en me disant : "Nous te faisons confiance en partie pour faire avancer notre art." Je ressens une sorte de responsabilité, mais pas de pression.»

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Dan Brault (lauréat du 7 décembre)

Le peintre Dan Brault avait vaguement l'impression de lancer une bouteille à la mer en posant sa candidature au concours 100 Painters of Tomorrow, imaginé par le dirigeant de la galerie londonienne Beers Contemporary, Kurt Beers. Parmi les 4300 applications venues de partout à travers le monde, il a pourtant été retenu dans les 400 candidats, puis a été choisi comme l'un des 100 lauréats. Il est le seul Québécois du groupe, qui compte quelques Canadiens. Ce qui l'a convaincu de participer à ce concours, «c'est le jury, composé de commissaires de grands musées dans le monde, de critiques d'art et d'artistes connus», explique-t-il. «Avoir la chance que ces gens-là voient mon travail, c'était inespéré.» Le concours a mené à la publication d'un ouvrage et à des expositions d'envergure à Londres et à New York.

Mario Leclerc... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 7.0

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Mario Leclerc

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Science et recherche

Le gagnant, Mario Leclerc (lauréat du 30 mars)

n mars dernier, le chercheur en chimie de l'Université Laval Mario Leclerc recevait l'une des cinq bourses Killam, parmi les plus prestigieuses en sciences au Canada. Lui et quatre autres récipiendaires se sont ainsi partagé 700 000 $ pour étudier diverses questions. Dans le cas de M. Leclerc, l'objectif était de rapprocher deux pans de son programme de recherche, de faire le pont entre les deux découvertes qui ont marqué sa carrière longue de 30 ans. En 2009, le chercheur a en effet réussi à battre le record d'efficacité pour un panneau solaire fait de plastique. Trois ans plus tard, il a découvert une façon de fabriquer des semi-conducteurs en plastique pour une fraction du prix et de manière beaucoup plus écologique. Mario Leclerc avait eu la piqûre de la chimie dès le secondaire. «Je ne suis pas particulièrement concret, j'aime bien les choses abstraites, et la chimie est un beau mélange d'abstraction et de choses concrètes. On dit souvent que les chimistes créent leurs objets d'étude. Il y a un côté créatif en recherche, et particulièrement en chimie», mentionne-t-il. À noter que le Dr Leclerc a également figuré sur la liste 2014 des World's Most Influential Scientific Minds, dressée par la société d'information stratégique Thomson Reuters.

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LES FINALISTES

William Moss (lauréat du 26 janvier)

Une seule personne a agi à titre d'archéologue principal à la Ville de Québec depuis l'instauration de ce poste, en 1985. Il s'agit de William Moss, un archéologue originaire de Hamilton, en Ontario. À l'époque, il s'agissait du tout premier poste du genre au Canada, créé dans la foulée de l'inscription de la ville de Québec à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Depuis, M. Moss et son équipe ont participé à plus de 200 articles publiés dans des revues savantes. L'archéologue a également organisé le dernier colloque de la Society for Historical Archaeology, qui s'est tenu à Québec l'an dernier. C'est sans compter que M. Moss était derrière la venue à Québec du colloque du Conseil international des monuments et des sites de l'UNESCO, qui a réuni plusieurs milliers de participants en 2008.

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Joé Bussière et Jean-François Rousseau (lauréats du 23 mars)

«On est des gars de technologie avant tout. On n'a pas de MBA, on n'est pas des gars de finances. Encore aujourd'hui, notre côté geek, c'est ce qui propulse Libéo.» Les gars en question, ce sont Joé Bussière et Jean-François Rousseau, les têtes dirigeantes de la firme Web de Québec Libéo, qui propose des solutions clé en main pour développer la présence Web des entreprises. Fondée par Jean-François Rousseau alors qu'il était âgé de 16 ans, l'entreprise a connu une croissance exponentielle depuis 2003, voyant son nombre d'employés passer de 6 à près de 70. Libéo a également reçu le prix Actif humain lors des Fidéides 2014 pour sa gestion des ressources humaines. Par ailleurs, mentionnons que Joé Bussière a été nommé Jeune personnalité d'affaires 2013 par la Jeune chambre de commerce de Québec.

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Richard Bazin (lauréat du 27 avril)

Peu de gens peuvent se vanter d'avoir redonné la vue à quelqu'un. C'est le cas de l'ophtalmologiste Richard Bazin, qui a réalisé avec succès six greffes de cornée à partir de cellules souches en 2014. Il s'agit d'une première au Canada et possiblement aux États-Unis. «Ce sont des patients à qui on rend la vision. Ce n'est pas banal comme accomplissement. C'est majeur pour tous les patients qui en ont besoin, mais c'est une petite pierre dans tout ce qui peut être fait en médecine, rappelle humblement le DrBazin. En ce moment, l'opération ne peut être réalisée que sur des patients dont un seul oeil est malade, puisque les cellules souches sont prélevées de l'oeil sain. Et bien qu'il reste prudent, Richard Bazin espère que l'opération sera un jour pratiquée chez des gens dont les deux yeux sont affectés.

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Stéphanie Mercier (lauréate du 6 juillet)

À 37 ans seulement, la pharmacienne Stéphanie Mercier en a déjà fait beaucoup pour la profession. Elle a notamment participé activement à la révision du fonctionnement de l'Ordre des pharmaciens et de leur Code de déontologie, en plus de militer pour une approche éthique du travail des pharmaciens afin de mieux faire contrepoids aux pressions des pharmaceutiques, des assureurs et des grossistes. «Je voulais faire de la pharmacie autrement», dit-elle. «Mais avant d'en arriver là, il faut changer les lois, les règlements. C'est très complexe et c'est très long.» Son implication l'a d'ailleurs récemment menée à remporter le prix Mérite du Conseil interprofessionnel du Québec pour «sa contribution remarquable au développement et au rayonnement de sa profession».

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Maryse Lassonde (lauréate du 30 novembre)

Maryse Lassonde est une pionnière, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle a récemment été élue présidente de la Société royale du Canada (SRC), un organisme honorifique qui accueille en ses rangs les chercheurs canadiens les plus prolifiques. Elle est ainsi devenue la troisième femme à occuper ce poste en 134 ans d'histoire. Et ce n'est pas la première fois que Mme Lassonde fait tomber des barrières. Au fil de ses années comme chercheuse et professeure, elle a été appelée à faire partie de nombreux comités gouvernementaux, devenant notamment présidente de l'Association francophone pour le savoir. «J'étais ce qu'on appelle la token woman», explique-t-elle. La mission qu'elle s'est donnée durant son mandat à la présidence de la SRC : y faire nommer davantage de francophones et promouvoir la recherche au Québec.

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Sylvain Moineau (lauréat du 16 mars)

Pour plusieurs, la recherche fondamentale et les applications concrètes qui en découlent peuvent sembler à des années-lumière l'un de l'autre. Ce n'est pas le cas pour Sylvain Moineau, chercheur et professeur de microbiologie à l'Université Laval. Depuis déjà près de 18 ans, le Dr Moineau collabore avec la coopérative laitière Agropur en lui offrant son expertise en matière de bactériophages, ces virus qui s'attaquent aux bactéries et qui les détruisent. Au moment de contacter Sylvain Moineau, Agropur éprouvait de graves problèmes en raison de l'inactivation des cultures bactériennes par des bactériophages. L'utilisation de ses connaissances à des fins concrètes a permis au Dr Moineau de remporter en 2014 le prix Synergie pour l'innovation du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

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