Maryse Lassonde: une femme de tête

Nouvelle présidente de la Société royale du Canada... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Nouvelle présidente de la Société royale du Canada (SRC), Maryse Lassonde compte promouvoir la recherche au Québec et s'attaquer à la sous-représentation des femmes et des francophones à la SRC.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) En 1974, la bachelière en psychologie de l'Université de Montréal Maryse Lassonde fait partie des rares Québécoises à partir étudier à l'étranger. «On ne voyait pas ça beaucoup à l'époque», rappelle-t-elle.

Ne s'arrêtant pas à ce peu de précédents, loin de là, elle se rend en Californie pour entreprendre un doctorat en psychologie à l'Université Stanford. Une décision annonciatrice de l'ambition de la jeune femme.

Mme Lassonde devient en effet professeure de psychologie et le restera pendant 35 ans, 11 ans à l'Université du Québec à Trois-Rivières et 24 ans à l'Université de Montréal. Durant toutes ces années, elle touche à plusieurs domaines, dont les sciences sociales et la santé. Elle étudie notamment les effets cognitifs de l'épilepsie chez les enfants.

Elle est également consultante pour le Canadien de Montréal en ce qui a trait aux commotions cérébrales. De 1998 à 2012, elle est chargée d'évaluer chaque joueur en début de saison, et de les réévaluer après une commotion cérébrale. «Ils ne pouvaient pas retourner au jeu avant d'être revenus à leur niveau de base», explique-t-elle. Pendant 14 ans, les joueurs blessés à la tête attendent donc son OK pour retourner au jeu. Un pouvoir qui a dû faire bien des jaloux!

Malgré la notoriété que lui apporte ce genre de spécialité, Mme Lassonde ne s'en complaît pas. «Je trouvais ça bien, mais puisque je suis une scientifique dans l'âme, j'ai décidé de mettre sur pied tout un programme de recherche sur les effets des commotions cérébrales dans le sport. [...] On a pu montrer que, surtout à long terme, les commotions cérébrales répétées affectent le cerveau un peu comme le fait la maladie d'Alzheimer.»

Multitâche

Chercheuse, professeure et consultante, ce n'est apparemment pas assez pour Maryse Lassonde, qui est appelée au fil des années à faire partie de nombreux comités gouvernementaux. En 1993, elle devient présidente de l'Association francophone pour le savoir (Acfas), et préside le Conseil de l'Ordre national du Québec de 2008 à 2010.

Pourquoi s'impliquer dans autant de projets connexes à sa carrière en recherche?

«La vraie raison, c'est que j'étais à peu près la seule femme francophone. Ils me demandaient sur tous les comités. J'étais ce qu'on appelle la token woman.»

Après 35 ans de vie universitaire, «j'ai reçu un appel en septembre 2011 pour devenir directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec en sciences naturelles et en génie. Je me suis dit que c'était un beau défi!»

Un nouveau défi qui l'amène à vivre à Québec. «À toutes les fois que je venais à Québec, je me disais que j'aimerais habiter ici. Aujourd'hui, j'habite dans le Vieux-Port, exactement où je voulais vivre. C'est comme le bonheur!»

À la tête de cet organisme subventionnaire, elle se donne comme mandat de «bâtir la recherche au Québec». «On a de très bons chercheurs au Québec. Les Québécois ne le savent pas, mais à huit millions, on produit 1 % de toutes les publications mondiales en sciences dures. C'est énorme! [...] Puisqu'on a les meilleurs partout, on devrait essayer de travailler de plus en plus ensemble à travers le Québec, puis à travers le Canada. En étant ensemble, on pourrait développer une approche multisectorielle.»

C'est ce qu'elle tentera d'améliorer au cours des quatre prochaines années à titre de nouvelle présidente de la Société royale du Canada (SRC), un organisme honorifique qui accueille en ses rangs les chercheurs canadiens les plus prolifiques, qu'ils soient en santé, en «sciences dures», en sciences humaines, en arts ou en lettres.

«Ce que je veux faire durant mon mandat, c'est de promouvoir la recherche du Québec. De faire nommer davantage de francophones à la SRC, car on est très peu et ce n'est pas normal. Il y a aussi une sous-représentation de femmes. Ce sont des choses à changer», signale Maryse Lassonde, rappelant qu'elle se retrouve ainsi à la tête d'un organisme où elle est sous-représentée «aux deux niveaux, à la fois comme francophone et comme femme».

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