Alexandre Fecteau: faire vivre des histoires

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À 33 ans, après six ans de métier, le metteur en scène Alexandre Fecteau se distingue par son désir d'«attribuer un rôle au spectateur et lui faire vivre une expérience personnelle et immédiate».

Le Soleil, Erick Labbé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) La première de la pièce Les fées ont soif, le mois dernier, a été un moment marquant pour Alexandre Fecteau, et pas seulement parce qu'il était derrière la première mise en scène professionnelle de l'oeuvre controversée depuis sa création en 1978. Avant que les lumières ne s'éteignent dans la salle pleine à craquer de La Bordée, le Conseil des arts du Canada lui a remis officiellement sur scène le prix John-Hirsch, qui souligne le talent prometteur d'un metteur en scène cumulant moins de 10 ans de carrière.

S'il savait déjà qu'il était gagnant du prix, Alexandre Fecteau n'en était pas moins fier de le recevoir en mains propres. «Je suis extrêmement content, parce que je savais que la compétition était forte», témoigne celui qui a été soutenu par Marie Gignac dans sa candidature.

À 33 ans, après six ans de métier, Fecteau a déjà derrière la cravate deux mises en scène dans des théâtres professionnels. Outre Les fées ont soif cet automne à La Bordée, il a signé Rhinocéros, d'Ionesco, au Trident en 2013. Il s'est aussi particulièrement distingué avec ses créations, qui ont rapidement mis en relief une démarche particulière «pour transformer le théâtre en un lieu de réelle rencontre entre le spectateur et les acteurs», dixit la fiche du Conseil des arts du Canada présentant Alexandre Fecteau comme récipiendaire du prix. Le principal intéressé abonde : il veut «attribuer un rôle au spectateur et lui faire vivre une expérience personnelle et immédiate.»

«Alors que le théâtre ne peut rivaliser avec le cinéma dans sa capacité à faire croire à des histoires, le théâtre peut au contraire "nous faire vivre" des histoires», analyse-t-il. D'où l'idée de prendre en compte la présence du spectateur en tout temps, en lui faisant visiter la loge d'un travesti dans Changing Room, ou en le plaçant dans le rôle d'un passager de covoiturage dans L'Étape...

Parcours différent

Si son théâtre est différent, le parcours d'Alexandre Fecteau l'est tout autant. Le Beauceron d'origine a d'abord complété un baccalauréat en philosophie, en plus d'une maîtrise en théâtre à l'Université Laval et un deuxième baccalauréat interdisciplinaire en arts, à l'Université du Québec à Chicoutimi, où il a entre autres exploré la vidéo, un médium qu'il intègre allègrement dans ses productions. «Quand je regarde ce que je fais, je me rends compte que je suis vraiment le fruit de ma formation», constate-t-il.

Sa dernière création avec le bien nommé collectif Nous sommes ici, qu'il a cofondé en 2008, a le vent dans les voiles. Après avoir été créé au Carrefour de théâtre en 2013 et présenté au Festival TransAmériques et à l'Espace Libre à Montréal cette année, Le NoShow vient tout juste d'être présenté à Vanves, en banlieue de Paris, et à Marseille. Il reviendra en avril au Périscope.

«Si la tendance se maintient, il pourrait y avoir une tournée bien plus grande en Europe», a laissé entendre Alexandre Fecteau. De nombreux diffuseurs ont vu le spectacle, qui détonne en France, «où le métier ne se fait pas de la même façon et où le rapport à l'argent n'est pas le même», précise-t-il. Vrai que c'est le coeur du spectacle, qui offre dans une formule performative une réflexion sur la valeur du travail des artistes.

Entre-temps, le metteur en scène ne chôme pas. Il travaille présentement sur un spectacle événementiel à Dubaï avec BlackOut design et essaie de relancer des projets de création mis sur la glace, dont un spectacle - documentaire, évidemment - sur la souffrance, amorcé en laboratoire au Carrefour de théâtre en 2012.

Malgré le prestige associé au prix John-Hirsch, remis à un artiste des deux langues officielles tous les deux ans, Fecteau dit ne pas ressentir de pression. «C'est un prix de potentiel plus que de reconnaissance. Ce n'est pas tellement tourné vers le passé, mais plutôt vers l'avenir. C'est comme si on me remettait quelque chose entre les mains en me disant : "Nous te faisons confiance en partie pour faire avancer notre art." Je ressens une sorte de responsabilité, mais pas une pression», nuance-t-il.

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