«Le plus grand maire de l'histoire du Québec» (De Belleval)

Jean-Paul L'Allier et Denis de Belleval, en 1991.... (Archives Le Soleil)

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Jean-Paul L'Allier et Denis de Belleval, en 1991. Ancien directeur général de la Ville de Québec, M. de Belleval était un grand ami de M. L'Allier. Selon l'ex-dg, la ville de Québec que l'on connaît actuellement, «c'est le travail de Jean-Paul L'Allier».

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Jean-Paul L'Allier 1938-2016

Politique

Jean-Paul L'Allier 1938-2016

L'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016. »

(Québec) «Je viens de perdre un grand ami, un compagnon d'armes. C'était un humaniste et un idéaliste. Pour moi, il a été le plus grand maire que le Québec ait connu.»

Sous le choc de l'annonce de la mort de Jean-Paul L'Allier, appris tôt mardi matin, lors d'un appel d'une journaliste de Radio-Canada, l'ex-directeur général de la Ville de Québec, Denis de Belleval, ne cachait pas sa peine devant la disparition d'un politicien qu'il avait côtoyé lors de ses deux mandats à l'hôtel de ville, de 1990 à 1995, puis de 2001 à 2006.

M. de Belleval, 76 ans, ne tarit pas d'éloges à l'endroit du disparu. «C'était un homme d'une grande culture. Aussi quelqu'un avec beaucoup d'humour. Il pouvait conter des blagues, toujours très fines, qui faisaient se tordre de rire. Il était très fidèle en amitié. Je me souviens qu'il nous offrait de petits cadeaux, nous écrivait des mots d'encouragement. Il avait beaucoup d'empathie. Il m'a déjà fait livrer des fleurs, imaginez, de la part d'un maire à son directeur général...»

Pour M. de Belleval, les citoyens de la capitale lui doivent beaucoup. Son amour pour le patrimoine et la culture a contribué à façonner la ville que l'on connaît. «Les gens se promènent à Québec et s'imaginent que c'est Labeaumeville. C'est plutôt L'Allierville. La ville que tout le monde admire actuellement, c'est le travail de Jean-Paul L'Allier.»

Luci Tremblay a également bien connu Jean-Paul L'Allier. L'ex-journaliste de Radio-Canada, devenue son attachée de presse et directrice adjointe de cabinet pendant trois ans, au début des années 2000, parle d'un «leader, d'un visionnaire et d'un grand sage».

«Ç'a été un grand privilège de travailler avec lui, explique-t-elle. J'ai appris vraiment ce que c'était le sens du devoir public. C'est un homme qui m'a donné beaucoup. Il m'a appris une grande leçon, celle de toujours regarder en avant et de ne pas passer son temps à ressasser le passé. C'est une leçon que j'ai toujours appliquée dans ma vie.»

Pas un one man show

Un autre attaché de presse du disparu, également ex-chef de cabinet, Richard Lacasse, qui a oeuvré à l'hôtel de ville de Québec de 1988 à 1995, se rappelle de lui comme d'un «géant du bien public qui est parti sur la pointe des pieds».

«Avec lui, ce n'était pas un one man show. Il aimait voir l'intelligence collégiale à l'oeuvre, précise-t-il. Il était très habile à mobiliser les tiers pour une cause. Quand il était convaincu que le bien commun était servi, il était redoutable. Jean-Paul, c'était l'intensité au service du bien public. On ne le respectait pas parce qu'on le craignait, mais parce qu'il était respectable.»

Une période «extrêmement difficile» pour sa famille

En janvier 2003, alors que Québec était secouée depuis des mois par le scandale de la prostitution juvénile, Jean-Paul L'Allier avait dénoncé «l'odeur de purin» qui flottait sur la ville. À la radio, certains animateurs laissaient planer des insinuations à son sujet. Les rumeurs les plus folles circulaient sur sa vie privée et familiale.

«Ç'a été extrêmement difficile pour lui au plan personnel», explique l'ex-directeur général de la Ville, Denis de Belleval. «Un être sordide, aidé de certaines personnes, avait décidé d'aller pêcher en eau trouble. Jean-Paul a traversé l'épreuve avec un très grand courage. Il ne s'est jamais fâché. Il a fait preuve de sérénité. Il est resté la tête haute et a fait face aux commérages. Ensuite, lui et moi, on n'en a plus jamais reparlé. C'était un homme qui n'avait pas d'amertume.»

«Ça l'a beaucoup affecté, lui et sa famille. Ça l'a dégoûté...» ajoute son ex-attaché de presse, Luci Tremblay.

Dans une entrevue au Soleil, en juillet 2004, au départ à la retraite de son mari, Johanne Mongeau s'était confiée sur cette période difficile, particulièrement sur les sarcasmes dont étaient victimes les deux jeunes enfants du couple. À plusieurs reprises, elle avait demandé au chauffeur d'autobus de changer de station de radio pour éviter que ses fils entendent les commentaires désobligeants.

Selon les ragots, le couple L'Allier-Mongeau était sur le bord de l'implosion. Des journalistes cherchaient des papiers de divorce au palais de justice. On apercevait des camions de déménagement dans l'entrée de la maison familiale. «Je me souviens, un soir, moi et Jean-Paul sommes allés manger au Café du Monde. En entrant, tout le restaurant s'est tu. On semblait se dire : comment ça se fait, ils sont encore ensemble?» soulignait-elle à l'époque. 

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