La marque de L'Allier en cinq lieux

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Le maire L'Allier en canot sur la rivière Saint-Charles en 1999

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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Jean-Paul L'Allier 1938-2016

Politique

Jean-Paul L'Allier 1938-2016

L'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016. »

(Québec) Jean-Paul L'Allier a laissé sa marque à travers la ville qu'il a tant aimé. À sa manière, il a changé le visage de Québec. Voici cinq lieux qui portent sa signature :

Le Jardin de Saint-Roch

Dès l'annonce du décès de Jean-Paul L'Allier, mardi matin, plusieurs ont suggéré que le jardin de Saint-Roch porte le nom de l'ancien maire. Un élan spontané qui montre à quel point le parc urbain inauguré en 1993 est devenu le symbole de la relance de tout un quartier.

En entrevue au Soleil en août 2013 pour souligner les 20 ans du «jardin qui a fait refleurir Saint-Roch», Jean-Paul L'Allier se remémorait les critiques sur son idée de verdir cette «plaie» au coeur du centre-ville. «Je me suis fait planter au conseil municipal au sujet du jardin Saint-Roch, c'est pas possible. On disait : "le parc de 6 millions $", on nous traitait de rêveurs, de pelleteux de nuages.» Deux décennies plus tard, celui qui s'est éteint dans la nuit de lundi à mardi avait la satisfaction d'avoir gagné son pari.

Car le jardin de Saint-Roch est plus qu'un parc. Il a été le fer de lance de l'arrivée dans la basse ville de Québec d'institutions comme l'École des arts visuels de l'Université Laval et l'École nationale d'administration publique. La coopérative Méduse, aussi, qui a regroupé dès 1995 une dizaine d'organismes artistiques dans ce qui était des maisons désaffectées de la côte d'Abraham.

«M. L'Allier a fait descendre des fonctionnaires dans la basse ville. Il a misé sur les artistes, la culture, les jeunes, les étudiants», énumère l'historien Réjean Lemoine et ex-conseiller municipal de Saint-Roch. Il souligne combien l'ancien maire a capitalisé sur une «fenêtre d'opportunité» ouverte entre 1992 et 1995 avec le gouvernement de Jacques Parizeau, l'approche du référendum et la volonté de faire de Québec une capitale nationale.

Et, surtout, indique M. Lemoine, la revitalisation de Saint-Roch et de ses artères commerciales ont ramené des résidents et des travailleurs dans ce secteur.

«C'était le problème de Québec avant 1989. La plupart des quartiers de Québec avaient perdu la moitié de leur population. La conjoncture était favorable, c'était bon pour réhabiliter le centre-ville. Le parc est devenu le point d'orgue de tout ça.»

 

Jean-Paul L'Allier en entrevue au Soleil en août... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Jean-Paul L'Allier en entrevue au Soleil en août 2013 pour souligner les 20 ans du jardin de Saint-Roch.

Photothèque Le Soleil

Travailler à «défaire»

Pendant ses années au pouvoir, de 1989 à 2005, Jean-Paul L'Allier a beaucoup travaillé «à défaire ce qu'on a fait dans les années 70», a ajouté Réjean Lemoine. «On avait une ville très moderne, très béton, mais dans laquelle on avait un peu oublié le monde.»

Dans Saint-Roch, le béton a aussi été enlevé du Mail centre-ville. Une première phase en 2000, puis une deuxième en 2007. «Là, c'était vraiment la fin d'une époque.»

2- Les berges de la rivière Saint-Charles

Jean-Paul L'Allier a laissé sa marque à travers la... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Photothèque Le Soleil

Le «débétonnage» et la renaturalisation des berges de la rivière Saint-Charles viennent rapidement en tête lorsqu'il est question de l'impact de l'administration L'Allier dans le paysage de la capitale. Un projet colossal pour lequel on a démoli les murs de béton le long de la rivière, à commencer par une première phase au parc Cartier-Brébeuf en 1996. Une méthode par étapes qui s'est avérée la bonne, estime l'historien et conseiller municipal de Saint-Roch de 1989 à 1997, Réjean Lemoine. Car le projet coûtait cher. Et il fallait convaincre la population de défaire ce qui avait été installé à peine 25 ans plus tôt. «L'idée est qu'il fallait enlever les murs de béton qui avaient été bâtis il n'y a pas longtemps, sous Gilles Lamontagne», a poursuivi M. Lemoine. La renaturalisation a coûté plus de 20 millions $ pour un projet total de 155 millions $. «C'est devenu le legs pour le 400e en 2008. Tout a changé et il a ramené les gens à s'installer le long de la Saint-Charles», a ajouté l'historien. Cet important projet de l'ère L'Allier promet d'ailleurs d'avoir une suite alors que l'actuel maire de Québec, Régis Labeaume, a récemment indiqué vouloir poursuivre le travail de «redonner» la rivière aux citoyens. Il souhaite notamment y enlever les sédiments, ce qui permettra de gagner des mètres de berges à aménager.

3- Le Palais Montcalm

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Le Soleil, Patrice Laroche

Fondés par Bernard Labadie en 1984, les Violons du Roy ont toujours eu le soutien indéfectible de l'ancien maire Jean-Paul L'Allier. Une contribution qui s'est incarnée dans un édifice : le Palais Montcalm, devenu quartier général de l'orchestre de chambre en 2007. M. L'Allier a été le plus grand partisan des rénovations de 23 millions $ apportées à la salle de spectacle construite en 1932. «La qualité de la salle du Palais Montcalm a rendu l'orchestre meilleur», a expliqué mardi le directeur de l'administration artistique des Violons du Roy, Laurent Patenaude. Le réaménagement de la Maison de la musique avait fait débat à l'époque, il a été critiqué, qualifié «d'élitiste», reconnaît-il. «Mais au final, on a une salle magnifique, comparable à celles qui ont coûté beaucoup plus cher dans d'autres villes», a-t-il dit. Le Palais Montcalm rénové aura finalement été inauguré par la mairesse Andrée Boucher, qui a succédé à M. L'Allier en 2005. Mais Jean-Paul L'Allier sera resté un fidèle des Violons du Roy à qui, estime M. Patenaude, il aura permis de «s'enraciner». «Encore cet automne, il nous a versé un ton personnel», relate celui qui a annoncé du même souffle que les deux prochains concerts des Violons du Roy à Québec, Le requiem de Mozart les 10 et 11 février, seront dédiés à Jean-Paul L'Allier.  

La Caserne Dalhousie

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Au moment où on verra bientôt lever de terre le théâtre Le Diamant à la place D'Youville, il importe de souligner la contribution de Jean-Paul L'Allier à un autre projet de la compagnie Ex Machina de Robert Lepage : la Caserne Dalhousie, inaugurée en 1997 dans le Vieux-Port. «L'appui déterminant qu'il a apporté à plusieurs des projets que nous avons menés à Québec au sein d'Ex Machina m'aura permis de connaître un peu l'homme derrière le meneur d'hommes: rieur, cultivé, généreux de son temps et de sa riche expérience, ouvert, enthousiaste et profondément sympathique», a commenté mardi le metteur en scène et directeur artistique d'Ex Machina, Robert Lepage. Ces bureaux, avec salle de répétition et de spectacles, un projet de 7,5 millions $, ont été aménagés dans une caserne de pompier construite au début du XXe siècle, mais laissée à l'abandon pendant 10 ans. Le maire L'Allier avait suggéré sa prise en charge par Ex Machina qui avait besoin d'un point d'ancrage administratif et créatif. «Avec toutes les tournées qu'on mène depuis 10 ans, c'était devenu presque schizophrénique, trop éparpillé. On avait besoin d'un point focal, d'un lieu pour concentrer nos énergies», avait expliqué le bras droit de Robert Lepage, Michel Bernatchez, dans une entrevue au Soleil en mai 1997. 

5- Le Terminal de croisières

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

La naissance du terminal de croisières de Pointe-à-Carcy est loin d'avoir été un long fleuve tranquille. L'édifice a fait l'objet, au tournant de l'an 2000, d'une guerre de mots entre le maire Jean-Paul L'Allier et le pdg du Port de l'époque, Ross Gaudreault. Le maire voulait voir le terminal de croisières à l'anse au Foulon. L'énergique Ross Gaudreault ne voulait rien d'autre qu'à Pointe-à-Carcy. Des flèches s'échangent, tant la Ville de Québec que le Port tentent de convaincre la population que leur option est la meilleure. Ce sera finalement Pointe-à-Carcy. «On s'est crêpé le chignon, mais quand ç'a été fini, il a dit qu'on a fait une belle job», a commenté M. Gaudreault mardi à propos du maire L'Allier. Le terminal, inauguré en 2002 au coût de 20 millions $, porte le nom de Ross-Gaudreault depuis 2011. Au bout du fil, l'ancien pdg du Port n'élabore pas sur les raisons de la discorde, sinon pour dire qu'il s'agissait d'«un dossier de politique fédérale contre municipale». Il préfère plutôt se rappeler de M. L'Allier comme celui avec qui il est «redevenu ami» une fois la saga du terminal passée. Les deux hommes ont d'ailleurs, dit-il, continué à se voir, même après leur retraite respective. Ils dînaient, à l'Échaudée ou au Café du Monde. Ils s'étaient rencontrés la dernière fois au cours de l'automne. «C'était un gars avec une belle vision, d'une grande culture, que j'admirais beaucoup, même s'il y a eu un dossier sur lequel on n'a pas été d'accord», a conclu M. Gaudreault.  

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