Les quatre premiers travaux de L'Allier

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Jean-Paul L'Allier en 1994

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Jean-Paul L'Allier 1938-2016

Politique

Jean-Paul L'Allier 1938-2016

L'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016. »

(Québec) L'arrivée de Jean-Paul L'Allier au pouvoir en 1989 marque, dès le départ, la réalisation de quatre projets d'envergure pour la ville de Québec. Parmi eux, la revitalisation du quartier Saint-Roch a été longue et, à certains égards, risquée. Surtout que ses concepteurs ont placé la cerise avant même que le gâteau ne lève.

«Peu de temps après son élection, Jean-Paul L'Allier s'adjoint son ex-collègue et ami Pierre Boucher à titre de conseiller spécial. M. Boucher deviendra par la suite président de la Commission de la capitale nationale en 1995. Poste qu'il occupera jusqu'en 2003.

«Il y avait quatre grands chantiers : la création du centre international des congrès sur le modèle de celui qui existait à Montréal; la revitalisation du quartier Saint-Roch, l'aménagement de la gare intermodale [Gare du palais] et la revitalisation de l'axe René-Lévesque et Honoré-Mercier.»

De tous ces projets, la revitalisation du quartier Saint-Roch demeure la plus imposante. «C'était comment reconstruire la ville sur la ville, se souvient M. Boucher. Ce n'était pas dans les habitudes de commencer comme on l'a fait. Nous étions devant le problème où on ne convainquait personne de venir s'installer dans Saint-Roch et que certaines institutions, comme Le Soleil, avaient déménagé. C'est alors qu'on a décidé de mettre la cerise avant de faire le gâteau.»

Jardins Saint-Roch

La cerise, c'était l'aménagement des jardins Saint-Roch. «Ensuite, on a réussi à convaincre le gouvernement d'installer des sièges sociaux. Sont arrivés l'Institut de recherche scientifique, Téluq et l'Université du Québec.» C'était le début du quartier comme il est aujourd'hui.

Selon M. Boucher, les jardins Saint-Roch sont le reflet de ce que faisait M. L'Allier, à plus petite échelle, dans plusieurs endroits de la ville. «On ne souligne pas assez souvent des projets plus intimes qu'il a réalisés. Il était fier de Québec et il voulait qu'elle devienne celle de tous les citoyens. Ils devaient être fiers eux aussi de leur quartier. Et ça passait par des projets de revitalisation.»

L'ex-président soutient que le mérite de M. L'Allier repose aussi sur le fait que ses réalisations l'ont été dans un contexte politique souvent défavorable. «Il a passé la moitié de ses mandats sans être majoritaire au conseil. De plus, il a été 12 de ses 16 années maire d'une ville de 170 000 habitants. Sa capacité d'emprunt était limitée et il devait négocier avec les maires des banlieues.» En comparaison, le maire Régis Labeaume a beaucoup plus de latitude pour réaliser des projets d'envergure, note-t-il.

De sa relation professionnelle, il conserve le souvenir d'un homme diplomate, d'un démocrate qui savait s'entourer. «Le fondement de notre carrière était basé sur la réflexion et l'action. Il fallait que notre réflexion conduise obligatoirement à une action, mais il n'y avait pas d'action sans réflexion.»

L'escalier du 400e, un échec amer

Esquisse de l'escalier... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Esquisse de l'escalier

Photothèque Le Soleil

Jean-Paul L'Allier confiait au Soleil en septembre 2014 que la mort dans l'oeuf du projet de l'escalier monumental, sous les bretelles de l'autoroute Dufferin, qui devait représenter le legs de la France aux Fêtes du 400e, lui était «resté dans la gorge».

C'est là un des rares échecs politiques qu'a essuyé M. L'Allier durant ses 16 années passées à l'Hôtel de Ville, reconnaît son ancien collègue et ami, Pierre Boucher. 

«Ça l'a rendu un peu amer parce que l'Opposition officielle, alors majoritaire, traitait le projet comme un simple escalier alors que c'était plus que ça. Ça devait s'appeler Place de Paris. C'était doublement méprisant, ajoute-t-il, parce que ça envoyait un mauvais signal à nos amis Français qu'on abreuvait de nos petites querelles de clochers alors qu'ils étaient disposés à payer le projet en très grande partie. Ça lui a fait mal.»

Un projet d'aménagement urbain

Il y a un an et demi, le maire décrivait ainsi l'idée qu'il avait en tête. «Ce n'était pas juste un escalier ou une décoration. C'était un projet d'aménagement urbain. Un escalier à quatre grands paliers représentant quatre siècles d'histoire. Sur chaque palier, des tableaux, textes et faits saillants de ce siècle. Avec un ruisseau artificiel qui descend et atterrit dans quatre bassins. Je crois que ç'aurait bien vieilli...»

L'incapacité d'une entente de financement avec Québec et Ottawa et la montée aux barricades des animateurs de radio ont contribué à enterrer l'idée. Les détracteurs du projet l'avaient surnommé, par dérision, «l'escal'Allier».

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