Réactions au décès de Jean-Paul L'Allier

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Jean-Paul L'Allier a beaucoup contribué à l'urbanisme de la capitale.

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Jean-Paul L'Allier 1938-2016

Politique

Jean-Paul L'Allier 1938-2016

L'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016. »

(Québec) «Un grand maire», «un grand homme», un «gentleman de la politique»: plusieurs personnalités du monde politique ont rapidement réagi sur les réseaux sociaux pour saluer la mémoire de Jean-Paul L'Allier, mardi matin.

«Mes condoléances à la famille et aux proches de Jean-Paul L'Allier. Un grand homme qui a fait avancer le Québec et notre Capitale-Nationale», a écrit le premier ministre du Québec, Philippe Couillard sur Twitter tôt mardi.

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, pour sa part qualifié M. L'Allier,  de «maire exceptionnel de notre capitale nationale. Le Québec et Québec en deuil. Condoléances famille et proches», a-t-il écrit, aussi sur Twitter.

À la Coalition avenir Québec (CAQ), la réaction est venue du député Mario Laframboise, qui a aussi été président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) de 1998 à 2000, pendant que Jean-Paul L'Allier était maire de Québec. «Sincères condoléances à la famille de Jean-Paul L'Allier, un précurseur pour le monde municipal et la ville de Québec», a-t-il dit.

Même réaction de la part de l'actuelle présidente de l'UMQ, Suzanne Roy. «Triste nouvelle le décès de Jean-Paul L'Allier. Un phare, une inspiration pour bien des élus municipaux. Condoléances.»

Ministre des Affaires municipales à l'époque des fusions de 2001, Louise Harel s'est dite «bouleversée» d'apprendre le décès de M. L'Allier, un «gentleman de la politique. Toujours eu pour lui le plus grand respect. Un précurseur», a-t-elle déclaré.

Scène fédérale et internationale

Sur la scène fédérale, le député de Québec et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a publié un communiqué dans lequel il dit avoir appris la nouvelle avec «grande tristesse». «Visionnaire, il a remarquablement contribué au développement de notre ville et de notre région et a su les faire rayonner à l'échelle nationale et internationale. Mes condoléances les plus sincères à la famille et à tous les proches de ce grand homme. Son souvenir nous incitera à poursuivre son oeuvre d'appui à notre communauté», a commenté M. Duclos.

«La ville de Québec a toujours eu des maires de très haut calibre. Jean-Paul L'Allier ne fait pas exception», a écrit le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, sur sa page Facebook. «À ceux qui aujourd'hui se rappellent son opposition à un nouveau Colisée, sachez que sans les fusions municipales, le nouvel amphithéâtre n'aurait jamais levé de terre», a ajouté M. Deltell.

«Hommage à la mémoire de Jean-Paul L'Allier, grand militant francophone et de l'action culturelle», a pour sa part écrit la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean.

L'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin s'est joint à ces voix. «Hommage à la mémoire de Jean-Paul L'Allier qui fut un grand maire de Québec, un grand ami de la France. Une bonne personne.»

Du côté artistique, le rappeur et écrivain Biz, du groupe Loco Locass, a mentionné l'impact de M. L'Allier sur la basse-ville de Québec. «RIP Jean-Paul L'Allier. Grand timonier du renouveau de St-Roch», a écrit le chanteur à propos de celui qui a dirigé la Ville de Québec de 1989 à 2005.

L'aménagement du Jardin Saint-Roch, en 1993, était en effet l'une des fiertés de M. L'Allier et vu par plusieurs comme le véritable moteur à la revitalisation du quartier Saint-Roch.

Avec Jean-François Néron

Ce qu'ils ont dit...

«Lui et mon épouse, c'étaient de vrais politiciens qui se crêpent le chignon en public, mais après, on oublie ça et c'était "bonjour mon Jean-Paul"»

- Marc Boucher, mari de feu la mairesse Andrée P. Boucher

«Homme de culture et de passion, Jean-Paul L'Allier a profondément marqué le Québec, tant comme ministre que comme défenseur de la démocratie municipale et de la francophonie»

- Philippe Couillard, premier ministre du Québec

«C'était un homme ordinaire, très humble, pas de prétention. Je pense que c'était un homme exceptionnel»

-Gilles Lamontagne, maire de Québec de 1965 à 1977

«Grand leader, esprit visionnaire, il a changé la face de Québec à jamais»

- François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

«Un des pionniers de l'autonomie municipale, et l'un des plus grands maires que la Ville de Québec ait connus»

- Denis Coderre, maire de Montréal

«Je me souviens du rôle qu'il a joué en 1995, entre autres lors de la campagne référendaire [...] Nous garderons le souvenir d'un maire engagé»

- Pierre-Karl Péladeau, chef du Parti québécois

Michaëlle Jean.... (PHOTO COLE BURSTON, ARCHIVES AFP) - image 3.0

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Michaëlle Jean.

PHOTO COLE BURSTON, ARCHIVES AFP

«Hommage à la mémoire de Jean-Paul L'Allier, grand militant francophone et de l'action culturelle»

- Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie

«Un leader d'exception», dit Jean Charest

Jean-Paul L'Allier et Jean Charest en 2004 ... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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Jean-Paul L'Allier et Jean Charest en 2004 

Photothèque Le Soleil

C'est à l'occasion des Fêtes du 400e anniversaire de Québec, en 2008, que l'ex-premier ministre Jean Charest a appris à connaître Jean-Paul L'Allier, «un leader d'exception parce que hors de l'ordinaire» qui s'inscrivait parfaitement dans la lignée de tous ces maires de la capitale «plus grands que nature».

En entrevue au Soleil en fin de journée, mardi, M. Charest explique que sa femme et lui étaient devenus amis avec l'ex-maire et sa femme Johanne Mongeau. Le couple est allé «à plusieurs reprises» leur rendre visite à l'île d'Orléans. «J'aimais beaucoup le rencontrer parce que c'était quelqu'un qui avait beaucoup de projets.»

Les premiers contacts de l'ex-premier ministre avec Jean-Paul L'Allier remontent à 2003, alors que son gouvernement avait permis par législation des référendums sur les défusions municipales. «C'est d'ailleurs à Québec que la population a adhéré le plus aux fusions.M. L'Allier avait su convaincre les gens.»

Jean Charest se souvient d'un homme «très respectueux qui savait écouter». «Ça m'a toujours frappé, même lorsqu'il n'était pas d'accord avec notre gouvernement. De la même façon, ce n'était pas un revanchard. Malgré sa large expérience de la vie politique, il ne cherchait pas à régler des comptes.»

Il était aussi, selon M. Charest, un homme d'une grande érudition aussi, qui avait des contacts dans de multiples pays, dont la Chine. «Visionnaire», il avait mis ses talents au service de la capitale. «Il voyait grand pour sa ville. Il la voyait importante dans le monde. Il voulait lui donner toute la place qui lui revenait.» Normand Provencher

Un décès qui «a pris tout le monde par surprise»

Claude Bédard a parlé à son grand ami Jean-Paul L'Allier pendant les Fêtes, alors qu'il venait de sortir de l'hôpital. Rien ne permettait de voir venir la suite tragique des choses. «Il avait une bonne voix, pas celle de quelqu'un à l'article de la mort. Il était ébranlé, mais demeurait confiant de passer au travers. C'est pour cette raison que son décès a pris tout le monde par surprise.»

L'amitié entre les deux hommes est née à l'époque d'Expo 67, alors que Jean-Paul L'Allier était chef du protocole pour l'accueil des délégations étrangères. Trois ans plus tard, M. Bédard devenait l'attaché de presse de celui qui venait d'être élu ministre des Communications dans le gouvernement Bourassa.

Leur collaboration a vite dépassé le stade professionnel, les deux amis gardant contact à travers leur cheminement respectif, l'un en politique active, l'autre dans la haute fonction publique. Lors de son mariage avec Joanne Mongeau, en 1983, à Bruxelles, c'est vers M. Bédard que Jean-Paul L'Allier s'est tourné pour être son témoin. «C'est quelqu'un pour qui j'avais beaucoup d'admiration. Une bonne tête, comme dirait Montesquieu.

«C'était un grand ami. On a vécu beaucoup de moments difficiles, mais aussi de très heureux», ajoute M. Bédard, aujourd'hui dirigeant d'une boîte de communications à Montréal. Il se souvient particulièrement de l'acharnement de L'Allier à défendre le Québec contre Ottawa, dans le dossier de la câblodistribution - «il a eu des affrontements terribles avec Jean Pelletier» - et aussi sa farouche volonté de protéger Télé Québec.

«Il a été le plus grand ministre des Affaires culturelles du Québec, après Lapalme [Georges-Émile]», n'hésite pas à dire M. Bédard. «Le dépôt de son Livre vert sur la culture a fait époque. Il a tracé la ligne et les ministres qui ont suivi s'en sont inspirés.»

Pas de ligne de parti

S'il y a une chose dont les Québécois doivent se rappeler du disparu, insiste M. Bédard, c'est l'image d'un politicien qui avait conservé son droit de parole, peu importe les circonstances. «Les gens ne se rendent pas compte comment il a transcendé les partis politiques. Ce n'était pas l'homme d'une ligne de parti. C'était un type de centre-gauche, avec beaucoup d'idées sur le plan social, quelqu'un de la même trempe que Claude Castonguay. Son objectif était de reconnecter les citoyens entre eux.»

D'ailleurs, à l'époque du référendum de 1976, Jean-Paul L'Allier s'était prononcé pour le Oui, une autre façon de marquer son... indépendance d'esprit. «Il n'est pas devenu péquiste pour autant. C'était un libéral nationaliste dans le sens le plus profond du terme. Il voulait léguer un Québec nouveau à ses enfants.»

Autre preuve que sa mort a frappé sans avertissement, son grand copain lui avait confié vouloir écrire ses mémoires. «Mais il disait toujours : j'ai le temps, j'ai le temps...» Normand Provencher

Un adversaire politique que Jacques Langlois respectait et appréciait

«Ce que le monde a de la misère à comprendre des fois, c'est qu'en politique, tu as beau être l'adversaire de quelqu'un, tu n'es pas son ennemi. Alors tu es capable de te respecter, et même de t'apprécier.»

L'ex-maire de Beauport Jacques Langlois fut un des plus farouches adversaires politiques de Jean-Paul L'Allier. Pas sur tous les fronts, insiste-t-il, puisque les deux hommes ont travaillé de concert dans plusieurs dossiers. Mais à titre de leader défusionniste, puis de chef de l'opposition de 2002 à 2005, M. Langlois a croisé le fer avec le maire de Québec à de nombreuses reprises. Ce qui ne l'a pas empêché de maintenir une relation plus que courtoise avec le disparu.

«J'ai vu Jean-Paul l'automne dernier. Lui restait à l'île, moi je suis à Beauport. Alors je l'ai croisé dans une quincaillerie à Beauport. On est à la retraite tous les deux, donc on jase de choses et d'autres. Et à un moment donné en se laissant, il me regarde et il me dit : "Tu sais, Jacques, je t'aime bien". Et j'ai dit : "Moi aussi, Jean-Paul".

«[...] Souvent, les gens ont l'impression qu'on ne s'aimait pas, et que ça [résumait toute notre relation]. Mais ce n'est pas possible : tu ne peux pas travailler ensemble 10-12 heures par semaine, débattre de dossiers et vendre tes projets communs aux autres gouvernements si tu t'haïs profondément. Ça ne marche pas comme ça.» Jean-François Cliche

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