Le maire au long cours s'éteint à 77 ans

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Le maire L'Allier s'est définitivement retiré de la vie politique en décembre 2005. Le voici lors de son dernier conseil municipal, le 19 décembre.

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Jean-Paul L'Allier 1938-2016

Politique

Jean-Paul L'Allier 1938-2016

L'ex-maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est décédé dans la nuit du 4 au 5 janvier 2016. »

(Québec) Québec a perdu son maire au long cours. Jean-Paul L'Allier, qui a établi un record de longévité à la tête de la ville de Québec, ressuscité son centre-ville et piloté les fusions municipales, est décédé dans la nuit de lundi à mardi, terrassé par une infection. Des funérailles civiques seront tenues à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec samedi.

La conjointe de M. L'Allier, Johanne Mongeau, a diffusé la nouvelle vers 3h45 par la voie d'un très bref communiqué : «Après une courte maladie, Monsieur Jean-Paul L'Allier, ancien maire de Québec (1989-2005), est décédé dans la nuit de lundi à mardi 5 janvier 2016 à L'Hôtel-Dieu de Québec.» Il était âgé de 77 ans, père de quatre enfants adultes.

La nouvelle a créé la surprise car peu de gens le savaient malade. Encore cet automne, l'ancien maire a effectué des sorties publiques au cours desquelles il paraissait en grande forme. Mme Mongeau a indiqué au Soleil que son amoureux s'était rendu une première fois à l'hôpital au cours du mois de décembre. Il en est sorti à temps pour Noël avant d'y revenir en catastrophe quelques jours plus tard. M. L'Allier a été victime d'une endocardite, une infection des valves cardiaques causée la plupart du temps par une bactérie.

L'actuel maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas mis de temps à confirmer que le disparu, dont il a vanté abondamment le «courage» politique, aura droit à des funérailles civiques. Les détails restent à négocier avec la famille, mais il est entendu que le service religieux aura lieu samedi à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Habituellement, la dépouille est exposée en chapelle ardente dans la salle du conseil de l'hôtel de ville dans les jours précédents.

M. Labeaume a aussi assuré qu'un hommage public permanent serait rendu au défunt quelque part dans la ville, mais il a affirmé qu'il était trop tôt pour faire des plans. «Nous ferons ce qu'il faut. Il sera honoré comme il le mérite, n'ayez aucune crainte», a-t-il lancé aux journalistes.

Jean-Paul L'Allier a été élu maire de Québec la première fois en 1989, après avoir été choisi comme chef du Rassemblement populaire de Québec. Il a été réélu trois fois, sans interruption. Ses quatre mandats et 16 années passés à la mairie sont sans précédent dans l'histoire de la capitale. Lucien Borne, Gilles Lamontagne et Jean Pelletier, pourtant des maires appréciés et durables, n'ont pas été aux commandes aussi longtemps.

D'une élection à l'autre, M. L'Allier recueillait autour de 60 % des suffrages. En 1997, toutefois, il obtient seulement 39 % des voix et doit composer avec une opposition vigoureuse. Son score revient à la normale en 2001, alors qu'il est choisi par la population pour passer au travers des fusions municipales. Il quitte la vie politique en 2005.

Le politicien compte plusieurs réalisations qui ont fait de Québec une ville plus belle, plus attirante. Parmi elles, la revitalisation du quartier Saint-Roch, à qui il a redonné son statut de centre-ville après avoir investi dans les infrastructures urbaines et convaincu des institutions et des entreprises de s'y établir. C'est aussi lui qui a procédé à la renaturalisation des berges de la rivière Saint-Charles et décloisonné le boulevard René-Lévesque dans le secteur de la colline parlementaire.

L'Ordre des urbanistes du Québec a d'ailleurs créé un prix à son nom remis à un élu «qui s'est distingué par sa vision, son leadership et ses réalisations en urbanisme et en aménagement du territoire».

Fusions

M. L'Allier a aussi joué un rôle de premier plan dans le dossier des regroupements municipaux au tournant des années 2000. Plusieurs acteurs et observateurs de l'époque ont fait remarquer mardi que son ascendant dépassait les limites de la ville de Québec, qu'il agissait alors comme un leader provincial. Détesté par les opposants aux fusions municipales, il a néanmoins réussi la transition au point d'être le premier maire élu de la grande ville unifiée.

Pourtant, le dossier dont le principal intéressé se disait le plus fier était celui de la démocratie municipale. C'est sous son règne que sont nés les conseils de quartier.

M. L'Allier n'a pas fait que de la politique municipale. Sa carrière publique a commencé en 1970 alors qu'il était élu sous la bannière du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Deux-Montagnes. Il a été réélu une seconde fois en 1973, mais a perdu en 1976. Lors de son passage, il a été ministre des Communications et ministre de la Culture, notamment.

L'avocat de formation est né à Hudson le 12 août 1938. Il a reçu de nombreux prix et distinctions. Il est commandeur de la Légion d'honneur en France et officier de l'Ordre national du Québec.

Un homme décoré, le maire L'Allier a notamment... (Archives Le Soleil) - image 2.0

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Un homme décoré, le maire L'Allier a notamment été fait officier de la Légion d'honneur en juin 1992. On le voit en compagnie de sa femme, Johanne Mongeau, et de ses enfants. 

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«Comme une balle en plein front»

Une infection à une valve cardiaque a emporté l'ex-maire de Québec Jean-Paul L'Allier, au milieu de la nuit mardi. «C'est vraiment subi. On n'a rien vu venir. C'est comme une balle en plein front. Ça n'a aucun sens, c'est inimaginable», témoigne sa conjointe Johanne Mongeau, jointe en fin d'après-midi à son domicile.

Souffrant de fièvre et d'une grande fatigue, M. L'Allier a été hospitalisé une première fois à la mi-décembre. Il est resté à L'Hôtel-Dieu de Québec une dizaine de jours, le temps de permettre aux médecins de pousser les investigations. Puisque son état s'était amélioré, que la fièvre avait disparu, il avait reçu son congé le 23 décembre. Neuf jours plus tard, devant la réapparition des symptômes, il retournait à l'hôpital où il a rendu l'âme, en présence de sa femme et de ses quatre fils.

Diagnostic «très complexe»

«On se disait qu'il allait se rétablir, qu'on lui avait donné les bons antibiotiques. Il ne faisait plus de fièvre. Mais son état s'est encore dégradé. C'était plus grave. Les médecins ont cherché longtemps l'origine de l'infection. Ç'a été très complexe comme diagnostic», mentionne Mme Mongeau, ajoutant que son mari avait été «conscient jusqu'à la fin».

L'ex-maire avait déjà éprouvé des problèmes cardiaques en 2005, mais rien de grave, affirme-t-elle. «C'était comme réglé, il faisait attention.»

Depuis sa retraite de la vie politique municipale, il y a 12 ans, Jean-Paul L'Allier prononçait plusieurs conférences chaque année, à l'occasion de congrès. «Il en avait une prévue en janvier. On devait aussi partir en voyage ensemble demain [aujourd'hui].»

Le disparu avait commencé à écrire sur sa carrière professionnelle. «Ce n'était pas des mémoires comme telles, plutôt des réflexions sur différents thèmes, comme la démocratie municipale. La rédaction était pas mal avancée.»

Mme Mongeau a confirmé au Soleil que des funérailles civiques se tiendront samedi, à 14h, à la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Québec. «J'ai parlé à Régis [Labeaume] et Paul-Christian Nolin ce matin [mardi]. Je me voyais mal dire non. Jean-Paul mérite cet hommage.»  Avec Normand Provencher

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