Trudeau réussit l'improbable

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Justin Trudeau est le nouveau premier ministre du Canada.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les Canadiens se sont donnés un gouvernement qu'aucun sondage ne prévoyait, un gouvernement libéral majoritaire, dirigé par Justin Trudeau.

Le vent favorable aux libéraux a commencé à souffler dès le début dans les Maritimes. Il n'a cessé de se gonfler tout au long de la soirée.

Un peu plus de 30 ans après le départ de Pierre Elliot Trudeau, son fils devient le 23e premier ministre du pays. L'appui de l'Ontario a été décisif, mais le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau a réussi une véritable percée au Québec.

Avec 45 élus dans la province, il faut remonter à 1988, lorsqu'un autre conservateur, Brian Mulroney, l'a emporté, pour voir le Québec donner une majorité de sièges au parti accédant au pouvoir.

À 21h40, Radio-Canada a annoncé que le Parti libéral du Québec avait l'assurance d'être aux commandes de l'État. À 22h37, les libéraux se sont fait confirmer qu'ils seraient majoritaires.

Peu avant minuit, Stephen Harper s'est adressé à ses partisans dans Calgary-Sud-Ouest, en Alberta. Il s'est dit fier de ses dix années de règne à la tête du pays. Il a souligné avoir félicité son adversaire, le vainqueur Justin Trudeau.

Dans son discours, il s'est fait muet sur son avenir politique. Un communiqué de presse du Parti conservateur du Canada annonce que M. Harper démissionnera, ce matin.

Au moment d'écrire ces lignes, le Parti libéral du Canada espérait l'emporter dans 189 des 338 circonscriptions du pays. Le Parti conservateur du Canada se dirigeait vers une députation composée de  104 membres; le Nouveau parti démocratique, de 34; le Bloc québécois survit avec dix élus, à court d'une reconnaissance comme parti reconnu en Chambre - et d'un véritable droit de parole aux Communes.

Le Parti vert s'est maintenu. Sa chef Elizabeth May, première élue de à vie de la formation, s'est imposée dans Saanich-Gulf-Islands, en Colombie-Britannique.

Un autre chef, le néo-démocrate Thomas Mulcair, a réussi à conserver son siège dans Outremont. Dans son allocution, tout comme le conservateur Stephen Harper, il n'a pas abordé le sujet de son avenir comme élu et comme chef.

Le bloquiste Gilles Duceppe (Laurier-Sainte-Marie) a perdu, lui, sa bataille pour reconquérir son siège au Parlement. La néo-démocrate Hélène Laverdière a conservé la circonscription dans le giron du NPD.

« On nous croyait disparu », a-t-il mentionné au sujet de la campagne électorale qui a débuté avec un seul député sortant en lice pour le scrutin, le vétéran du Parlement Louis Plamondon.« Nous sommes plus présents que nous l'étions. Nous avons progressé. »

Le Parti conservateur a conservé l'essentiel de ses positions dans les provinces de l'Ouest. Mais la soixantaine de sièges perdus ailleurs au pays le relègue dans l'Opposition.

Le ciel est tombé sur la tête du Nouveau parti démocratique. À travers le pays, il n'a retenu qu'une trentaine des 102 députés qu'il avait fait élire en 2011. Au Québec, c'est l'hécatombe. Sur la rive nord de Québec, tous les députés « orange » se dirigeait vers la défaite. Des 59 élus de 2011 dans la province, il en reste moins de dix, dont Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé.

Aux dernières nouvelles, le Cri Romeo Saganash s'accrochait dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou. Durant la campagne, il n'a pas hésité à prendre ses distances avec la position de son chef Thomas Mulcair en condamnant le port du niqab pendant les cérémonies d'assermentation pour la citoyenneté.

Gilles Duceppe est redevenu chef du Bloc québécois à la suite de l'appel de détresse que lui a lancé, en juin, celui qui lui avait succédé, Mario Beaulieu. Ce dernier l'emporte dans La Pointe-de-L'Île, à Montréal, devant la députée néo-démocrate sortante Ève Péclet.

L'affaire Dan Gagnier, le coprésident de la campagne du PLC pris à conseiller le promoteur du controversé projet Énergie Est à moins d'une semaine du 19 octobre, n'a pas affecté l'issue du combat électoral. Le chef Justin Trudeau n'a eu aucune difficulté à conserver sa circonscription (Papineau).

À la fin de la soirée, devant ses partisans, il a tenu à livrer un discours le plus rassembleur possible. Il a insisté que les adversaires des autres formations sont avant tout des Canadiens. « Je serai le premier ministre de tous les Canadiens », a-t-il promis.

Dans la région de Québec, sur la rive nord, trois libéraux sont élus, dont l'économiste Jean-Yves Duclos, dans Québec, au dépens d'Annick Papillon. Autour de la Capitale, c'était le désert depuis que le scandale des commandites avait éclaté au début des années 2000.

Les conservateurs ont réalisé une excellente opération dans la même région. Sur la rive sud de Québec, les ministres Steven Blaney et Maxime Bernier ont survolé l'élection. Sur la rive nord, au moins quatre candidats l'emportent, dont l'ex-journaliste et député à l'Assemblée nationale, Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent).

Justin Trudeau a commencé la campagne électorale, en août, en troisième position, selon les enquête d'opinion. Il retrouvera le 24, Promenade Sussex, la résidence officielle des premiers ministres canadiens, que son père a habité de 1968 à 1984, à l'exception d'un court séjour dans l'opposition. Pierre Elliott Trudeau avait été porté au pouvoir, la première fois, à la tête d'une équipe majoritaire.

Stephen Harper n'a pas lui-même annoncé sa démission comme.... (La Presse Canadienne, Darryl Dyck) - image 3.0

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Stephen Harper n'a pas lui-même annoncé sa démission comme. C'est plutôt le président du parti, John Walsh, qui a publié un communiqué en fin de soirée. 

La Presse Canadienne, Darryl Dyck

Harper démissionne: «J'en suis le seul responsable»

Stephen Harper a pris l'entière responsabilité de la défaite des siens, lundi soir, et démissionnera de son poste de chef du Parti conservateur.

Souriant et naturel, Stephen Harper s'est adressé à ses partisans vers minuit, deux heures après l'annonce de l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire.

Félicitations à Trudeau

«Vous êtes déçus et j'en suis le seul responsable», a lancé le premier ministre sortant devant ses partisans réunis au Centre des congrès de Calgary, avant de féliciter son successeur, Justin Trudeau.

Stephen Harper n'a pas lui-même annoncé sa démission comme chef du Parti conservateur, après neuf ans et demi au pouvoir. C'est plutôt le président du parti, John Walsh, qui a publié un communiqué en fin de soirée. 

Selon La Presse Canadienne, M. Walsh convoquera le caucus conservateur, à la demande de M. Harper.

Le premier ministre sortant a été réélu dans la circonscription de Calgary-Heritage. Il resterait d'ailleurs en poste comme député, même dans l'opposition.

M. Harper menait par plus de 3800 voix (65,2 %) lorsqu'il a été déclaré gagnant. Il a devancé le libéral Brendan Miles, qui a obtenu 24,9 % des appuis.  

Avec David Rémillard

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