Victoire douce-amère pour Gérard Deltell

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Gérard Deltell célèbre sa victoire dans Louis-Saint-Laurent en compagnie de son collègue conservateur Pierre Paul-Hus, qui a lui aussi gagné dans Charlesbourg.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) Le retour en force des conservateurs, qui ont repris au moins quatre circonscriptions à Québec, a un goût doux-amer pour les nouveaux élus avec la perte du pouvoir à Ottawa.

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Les élus à Québec

Infographie Le Soleil

Balayé de la carte électorale de la capitale en 2011, le Parti conservateur est parvenu à renvoyer quelques «cônes orange dans leur garage», comme l'espérait leur chef Stephen Harper. Même si la Rive-Nord de Québec a majoritairement basculé dans le camp conservateur, les gains sont loin d'être suffisants pour le gouvernement sortant. 

L'ex-journaliste et ex-député caquiste Gérard Deltell a remporté son pari. Sans grande surprise, il a repeint en bleu le siège de Louis-Saint-Laurent. Il s'est forgé une majorité de plus de 50 % des voix. Mais celui qui était vu comme le futur lieutenant de M. Harper dans la région devra faire son apprentissage de la chose fédérale sur les banquettes de l'opposition. 

«Évidemment, ce n'était pas le plan de match initial, a reconnu M. Deltell lundi soir. Comme n'importe qui, on ne se présente pas pour perdre comme parti politique. Cela dit, on est des vrais démocrates.» 

Selon lui, l'élection de conservateurs à Québec est pour le nouveau gouvernement un signal par rapport à l'importance de gérer de façon responsable les finances publiques.

M. Deltell a d'autre part commenté la démission du chef Stephen Harper. «Évidemment, je suis triste, a-t-il affirmé. J'aurais souhaité qu'il reste. M. Harper aura marqué l'histoire politique canadienne de brillante façon. (...) Rarement aura-t-on vu un homme aussi cérébral à la tête de l'État. Je ne me souviens pas dans l'histoire politique canadienne d'un homme qui avait autant de cohérence dans son action.»

Il n'a cependant pas voulu se prononcer sur une course à la chefferie au parti conservateur. 

Un autre vainqueur malgré l'assaut libéral est le nouveau député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus. Le propriétaire de Prestige Groupe Média et ex-lieutenant-colonel des forces armées a pu savourer une victoire convaincante sur la néo-démocrate sortante, Anne-Marie Day.

«On va faire l'analyse plus en détail dans les prochains jours, a-t-il commenté. Mais, à Québec, c'était clair que notre proposition était celle qui représentait le mieux les gens. Les majorités que nous avons eues, Gérard et moi, démontrent que notre message portait à Québec. On va être là pour veiller aux intérêts des gens de Québec.»

Bruyants manifestants

Quelques manifestants anticonservateurs sont venus perturber le point de presse de MM. Deltell et Paul-Hus en lançant des pancartes «arrêt Harper» et en les traitant de «loosers». 

Un ex-conseiller du ministre québécois Sam Hamad, Joël Godin, a lui aussi réussi son passage au fédéral sous la bannière conservatrice. Le nouveau député de Portneuf-Jacques-Cartier a connu une campagne particulièrement éprouvante, lui qui a perdu ses deux parents pendant cette période. «Ils ont été avec moi tout au long de la journée», a confié M. Godin. 

Son collègue Alupa Clarke, qui avait causé la surprise à l'investiture conservatrice en battant un ex-président du Carnaval, a aussi renversé le député néo-démocrate en place dans Beauport-Limoilou pour se mériter un siège à la Chambre des communes.  

Au moment de mettre sous presse, un coude-à-coude entre libéraux et conservateurs faisait rage dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix. Le candidat libéral Jean-Roger Vigneau détenait quelques centaines de voix d'avance sur sa rivale, l'ex-députée du PCC Sylvie Boucher. 

Le ralliement conservateur à la Cage aux sports de L'Ancienne-Lorette a mis du temps à s'animer. En cours de soirée, les quelques éclats de joie bien sentis étaient dirigés vers la partie de baseball des Blue Jays. Les militants n'ont commencé à arriver qu'à la fermeture des bureaux de vote, vers 21h30. Au plus fort de la soirée, ils étaient une centaine. 

Les troupes de Stephen Harper ont fait de l'oeil avec insistance à la capitale au cours des 78 derniers jours. Ils ont accueilli positivement plusieurs demandes du maire Régis Labeaume. Le chef Harper a fait quatre visites à Québec pendant la campagne. De tous les leaders, il est celui qui s'y est arrêté le plus souvent.

Double de sièges dans la région de Québec

Un quatrième mandat pour Blaney

Statu quo sur la Rive-Sud de Québec alors que les conservateurs Steven Blaney et Jacques Gourde ont tous deux été réélus pour un quatrième mandat.

Blaney a obtenu la plus forte majorité de sa carrière politique, avec plus de 15 000 voix d'avance sur le libéral Jacques Turgeon. Une avance semblable pour son collègue Gourde. 

Quelques minutes avant qu'il ne fasse son apparition dans son local électoral, on a dû motiver les troupes à scander le nom de celui que l'on l'appelait encore «le ministre Blaney», alors qu'au même moment, les stations de télé annonçaient que le prochain gouvernement sera libéral majoritaire. 

Tout sourire, comme à son habitude, Steven Blaney a tenu à remercier son équipe électorale, ses parents et sa conjointe lors de son discours. «J'ai toujours dit que le mandat le plus important, c'est de représenter les gens de chez nous (...) j'entends continuer de les représenter avec fierté, avec dignité», a-t-il énoncé.

Et même devant les journalistes, qui le pressaient de questions sur son nouveau rôle dans l'opposition, il n'a rien perdu de sa bonne humeur. «Ça va être une découverte pour moi. Je suis impatient de me familiariser (...) Ça va me prendre «opposition pour les nerds»!», a-t-il lancé à la blague, avant d'éclater de rire. 

Steven Blaney n'a eu que de bons mots pour son chef, premier ministre démissionnaire. «J'ai appris à apprécier beaucoup Stephen Harper. M. Harper a fait un travail remarquable au cours des 10 dernières années», a-t-il dit sobrement, avant de s'asseoir un peu plus tard pour écouter son discours de défaite.

Celui qui a été ministre des Anciens combattants, de la Francophonie et de la Sécurité publique devra dorénavant se concentrer sur la future course à la chefferie au sein du Parti conservateur.  Patricia Cloutier 

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