Quatre partis sous la loupe

Le Canada se choisit un nouveau Parlement lundi.... (La Presse Canadienne, Sean Kilpatrick)

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Le Canada se choisit un nouveau Parlement lundi.

La Presse Canadienne, Sean Kilpatrick

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La Presse Canadienne

Il y a 78 jours, le premier ministre Stephen Harper à déclenché des élections au Canada, lançant ainsi une des plus longues campagnes électorales de l'histoire. Depuis le 2 août, scandales et «affaires» ont alimenté le débat, éclipsant souvent les engagements contenus dans les plates-formes des principaux partis politiques. À la veille d'élire un nouveau Parlement à Ottawa, retour sur ce qui a été promis, ou pas, aux électeurs du pays.

Samedi, conservateurs, néo-démocrates et bloquistes ont eu une cible commune: le chef libéral Justin Trudeau.

Tous ont voulu profiter des déboires des libéraux à la suite de la démission de leur coprésident de campagne pour dénigrer celui qui s'est emparé de la tête dans les intentions de vote des Canadiens, selon les derniers sondages.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, qui faisait campagne en Colombie-Britannique, a cherché à convaincre les électeurs que le Parti libéral du Canada (PLC) est aussi malhonnête qu'au temps du scandale des commandites. «Ce que les Québécois et les Canadiens ont compris depuis deux jours maintenant, c'est que la même gang qui nous a amené le scandale des commandites est à la porte du Parti libéral. Le loup cherche juste à ce qu'on ouvre la porte de la bergerie», a-t-il lancé dans le local de campagne de sa candidate, à Burnaby.

Même son de cloche du côté de M. Duceppe. «Ce qui se passe avec ce parti [du scandale] des commandites, je pense que les gens réalisent que cette formation n'a pas changé», a-t-il affirmé alors qu'il était de passage dans l'est du Québec.

Quant au chef conservateur, Stephen Harper, il a répété comme il le fait depuis des semaines que l'élection de lundi représente un choix entre deux positions qu'il continue à peindre l'une tout en noir, l'autre tout en blanc. «C'est un choix: le Parti libéral propose des dépenses qui ne sont pas abordables, financées par des hausses de taxes et d'impôts et des déficits [...] L'autre choix est un programme qui nous a donné un budget équilibré, des baisses de taxes et d'impôt [...] C'est le choix entre la perte d'emplois et la création d'emplois.»

Justin Trudeau assure que son parti a tiré les leçons après 10 ans de purgatoire. «Nous avons confiance que les Canadiens veulent un meilleur style de gouvernement et nous travaillons très très fort pour démontrer qu'on a écouté les Québécois et les Canadiens; on a entendu les gens qui voulaient une nouvelle approche», a-t-il plaidé.

Tout le monde est confiant

Les chefs croient que la victoire les attend lundi soir. Si M. Duceppe se montrait optimiste, M. Mulcair refusait de concéder la défaite tandis M. Trudeau jouait de prudence. Ce dernier dit craindre les «tricheries» des conservateurs. «Cette élection n'est pas terminée. Elle sera très serrée. M. Harper a prouvé maintes fois qu'il est prêt à tout faire pour maintenir son pouvoir», a-t-il prévenu.

Le premier ministre sortant a encore «des tours dans son sac», a ajouté M. Trudeau.

Comme s'il avait prévu cette attaque, M. Harper a mis en garde ses partisans.

«D'ici à l'élection de lundi, je m'attends à ce que nous soyons attaqués encore plus férocement que nous l'avons été parce que nous sommes dans une élection serrée et que chaque vote va compter», a dit M. Harper.

De son côté M. Duceppe s'estime «plus près que jamais» de la balance du pouvoir que convoite le parti à la Chambre des communes.

En dépit de la montée du Parti libéral du Canada (PLC) dans les intentions de vote, M. Duceppe est demeuré fidèle, samedi, à sa prédiction d'un gouvernement minoritaire. «J'ai passé quelques années à analyser ces situations, a-t-il dit, en mêlée de presse à Sept-Îles après un déjeuner militant. Je pense que c'est ça que l'on va avoir.» Il était de passage à Québec en soirée.

M. Mulcair refuse de se pencher sur ce qu'il adviendra s'il arrive deuxième ou troisième aux élections lundi - y compris sur les conditions qu'il pourrait imposer en échange d'un appui à un autre parti, répétant que le Nouveau Parti démocratique (NPD) sera porté au pouvoir.

Invité deux fois plutôt qu'une à préciser s'il imposerait des conditions sur des enjeux précis en échange d'un appui ou d'une coalition avec le PLC - une renégociation du Partenariat transpacifique, par exemple - M. Mulcair a esquivé la question.

Il a refusé aussi de se prononcer sur son avenir advenant une défaite. «Depuis le début de la campagne, j'ai été clair que ma priorité est de défaire et de remplacer Stephen Harper», a-t-il rétorqué.

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