Le chef conservateur en paix à l'aube de sa cinquième élection

L'attitude détendue de Stephen Harper s'explique peut-être par... (La Presse, Marco Campanozzi)

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L'attitude détendue de Stephen Harper s'explique peut-être par son expérience, son comportement de nature calme, mais peut-être aussi par une sorte de résignation.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
Ottawa

Le 2 août dernier, la chaleur accablante de l'été n'a pas empêché le premier ministre Stephen Harper de se présenter à Rideau Hall dans un habit bleu foncé et avec sa fameuse cravate bleu conservateur pour demander au gouverneur général de dissoudre le Parlement et de déclencher les 42e élections générales au Canada.

Devant la résidence du gouverneur général, M. Harper a lancé sa cinquième élection en tant que chef conservateur avec sobriété, appelant les Canadiens à considérer le «leadership» comme une question centrale de l'élection.

«Le 19 octobre, les Canadiens vont prendre une décision critique sur l'orientation de notre pays. Cette décision aura de vraies conséquences. Les Canadiens devront juger qui a l'expérience qui a fait ses preuves aujourd'hui pour assurer la force de notre économie et la sécurité de notre pays», a-t-il déclaré ce dimanche-là.

L'homme de 56 ans, au pouvoir depuis plus de neuf ans, était en mission sérieuse pour être réélu.

Un peu plus de deux mois plus tard, on a pu voir le même M. Harper à Trois-Rivières, sans veston, la chemise ouverte, participer à un spectacle partisan où il jouait l'animateur de foule avec des billets de 20 $ et de 50 $ pour illustrer combien les promesses des autres partis allaient coûter aux familles canadiennes.

L'équipe de M. Harper a organisé des événements du genre toute la dernière semaine de campagne alors que les sondages suggéraient un ralentissement de la remontée du Parti libéral de Justin Trudeau.

«Cela me rappelle un spectacle dans un carnaval avec les cloches et les sifflets en arrière-plan. Pouvez-vous imaginer le président des États-Unis en campagne de réélection faire cela? Je n'en reviens pas qu'il permette à ses employés et à son équipe de campagne de le diminuer ainsi dans sa fonction de premier ministre», a lancé Keith Beardsley, un ancien conseiller principal de M. Harper.

«Oui, il est chef de parti. Mais il est quand même premier ministre. Et il semble vraiment calme», a-t-il observé.

L'attitude détendue de Stephen Harper s'explique peut-être par son expérience, son comportement de nature calme, mais peut-être aussi par une sorte de résignation.

Selon Jason Lietaer, qui a dirigé la «cellule de crise» conservatrice lors de l'élection de 2011, le qualificatif «zen» ne s'applique pas d'emblée au chef conservateur.

«Il était soit concentré, déterminé, prêt à affronter (les défis). Ou triste, découragé, un peu fâché et amer (...) Ce sont ces humeurs que j'ai vues à travers le temps», a-t-il décrit.

Or, ces temps-ci, comme l'a fait remarquer M. Lietaer, «il laisse les choses aller et il a même un peu de plaisir en faisant cela».

«Il est en paix avec le résultat, qu'il soit positif ou négatif», a-t-il conclu.

Après 13 ans en tant que chef de parti, M. Harper est un habitué des campagnes électorales. Toutes ces années au pouvoir l'ont aussi aidé à développer une discipline rigoureuse quant aux messages qu'il veut passer et une confiance en soi.

«Ce que je vois, c'est un homme qui est à l'aise dans sa peau, et qui l'est devenu en faisant son travail», a analysé Jaime Watt, directeur exécutif de la firme de consultants Navigator et un militant conservateur, lors d'un entretien avant le début de la campagne.

«Il comprend que gagner ne signifie pas avoir 100 pour cent des votes, et il n'essaie pas de faire plaisir à tout le monde tout le temps», a-t-il ajouté.

«La meilleure surprise, c'est aucune surprise»

Le député ontarien Scott Reid connaît le chef conservateur depuis les années 1990, lorsque M. Harper était impliqué au Parti réformiste. À ce moment-là, le parti issu de l'Ouest canadien n'avait qu'une seule députée.

M. Reid a rappelé une expression qui décrit bien son ancien collègue: «La meilleure surprise, c'est aucune surprise».

«Il a établi des records de cohérence, en étant méthodique, quelqu'un qui met les points sur les i et les barres sur les t. C'est le genre de qualités qu'on retrouve chez les comptables et les économistes... C'est son secret. Mais c'est un secret connu, tout le monde peut le voir», a-t-il expliqué.

Il a aussi été possible de voir une autre facette de sa personnalité en mai dernier, en Nouvelle-Écosse, lorsque son ministre de la Justice, Peter MacKay, a annoncé son départ. M. Harper, qui semblait jovial et détendu, a salué son collègue «avec fierté et un peu de chagrin» - un portrait qui était bien loin de celui qu'il projette à la Chambre des communes, où il apparaît distant et parfois condescendant.

Sans une victoire majoritaire de son parti, ou du moins une minorité forte, il serait difficile d'imaginer que M. Harper reste à Ottawa. Une rumeur circule sur la colline du Parlement à l'effet que peu importe le résultat, il quitterait en 2017, après les célébrations du 150e anniversaire du pays.

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